UA-62381023-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Julien Gracq est mort

    47663e392ae80aa22431ad3a336c00dd.jpg"L'écart entre la réputation faite à un auteur et la somme de ferveur réelle et éclairée qu'on lui voue traduit simplement, si l'on veut, ce fait d'observation courante : c'est que, dès qu'il s'agit de littérature, il y a en France plus de gens qu'ailleurs pour ”réciter le journal”."

    La littérature à l'estomac, José Corti, 1950

  • Christian Bourgois

    37a6584c105f09a5e5f797bbb8ecb135.jpgChristian bourgois était un seigneur. Ça devient rare. Il va falloir les protéger comme les baleines. C'était un éditeur, un grand.

    Né à Antibes en 1933, il est mort jeudi matin à Paris, à 74 ans, des suites d’un cancer qu’il a supporté avec son élégance coutumière. L'élégance d'un seigneur.

    Il aimait les livres et leurs auteurs et leurs traducteurs, c'est rare. 

    Jim Harrisson, Jean-Christophe Bailly, Antonio Lobo Antunes, Michel Deutsch, Laura Kasischke, Linda Lê, Juan Marsé, Enrique Vila-Matas… doivent tous être en larmes depuis hier. Ils ont perdu leur éditeur en France.

    Allez les rejoindre et tous les autres sur  www.christianbourgois-editeur.fr/

    Il va sérieusement manquer.

  • Poème pour MTC et MS

    3a8f560dbb2db4ed2d6d0f1bf5abe7eb.jpegJ’entre dans ma voiture
    j’habite près du cimetière de la Chartreuse
    je pense que je suis fou
    mais je monte dans ma voiture
    par habitude, simplement
    je démarre & quand je suis au bout de la rue
    elle me chuchote une exagération
    les exagérations sont plus vraies chaque jour
    dans le champ de décombres de notre « style de vie »

    Un ami me confie qu’il a décidé de ne plus partir en vacances pour ne plus polluer la campagne.
    Un autre m’appelle en pleine nuit, pour m’expliquer qu’il va adopter un ours polaire.
    Un troisième évite dorénavant de parler de politique.
    Cesare me téléphone de chez Johnny H. à Mérignac. Je dois ne rien dire à la police. Je ne dis jamais rien à la police.
    Johnny H. a une mobylette orange avec laquelle il se rend régulièrement au cimetière de Trensacq pour bavarder avec Bernard Manciet.
    « Nous sommes en guerre », me crie quelqu’un que je ne connais pas dans l’oreille droite.
    « Daisy m’a quitté », me hurle Donald dans l’oreille gauche.
    Ces cris ont des effets très nocifs sur mon état nerveux.

    Je ne peux pas me rendre au pot de départ à la retraite de mes camarades.
    Les « gens qui savent » m’ont rendu fou.