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lundi, 08 février 2016

Li Qingzhao, « Le printemps est venu »

singe.jpg

pour saluer le Nouvel An chinois – fête du Printemps

année du Singe de feu

 

« Le printemps est venu jusqu’à ma cour.

   Tendre est le vert des herbes.

Les boutons rouges des pruniers,

   à peine éclatés,

sont près à s’épanouir.

Les nuages bleus s’estompent

   en poussière de jade.

Je m’attarde à mon rêve de l’aube :

Je brisais avec toi

   la cruche printanière.

 

Les ombres des fleurs s’alanguissent

   et se posent sur les portes.

La lueur pâle de la lune s’étale

   sur le rideau translucide.

Un si beau soir !

Deux fois en trois ans,

   tu as manqué le printemps.

Reviens, reviens vite !

Et jouissons de celui-ci

   jusqu’au fond de nos cœurs ! »

 

Li Qingzhao (1084-1151 ?)

Les fleurs du cannelier

Traduit du chinois par Zheng Su

Interprété et présenté par Ferdinand Stoces

Ophée / La Différence, 1990

mercredi, 03 juillet 2013

Notes à tout faire

Tombe-Latine.jpg

Sepolcro dei Pancrazi Rome

 

Depuis quelques jours, en parallèle aux nombreux livres de poésie que je dois lire pour les chroniquer, lecture de la Correspondance de mon cher Robert Walser — Lettres de 1897 à 1949 —, lettres au cœur même de son travail c’est une évidence. La lettre, la carte postale, en un mot : la correspondance, sont une de mes préoccupations depuis belle lurette aussi. J’y reviendrai.

 

Quelques bribes de notes à paraître à l’automne dans CCP :


Voici un livre qui est la preuve simple que la poésie quand elle est juste poursuit le dialogue entre morts & vivants. Ainsi : « Il remit des yeux aux statues aussi longtemps qu’il le put. » [à propos de Le Dernier mot, organisé & présenté par Ana Rodríguez de la Robla suivi de Les Préceptes de la fin par Alberto Manguel, traduit du latin par Denis Montebello & de l’espagnol par François Gaudry, Coll. Le Cabinet de lecture, L’escampette]

 

Armand Dupuy tire la langue aux phrases toutes faite, il l’étire comme on tire la pâte pour donner le gâteau le plus fin, le plus léger, le plus goûteux, pour mieux taire ce qui résonne dans sa poésie & qu’il faut donc aller chercher à bout de sens — de contre sens — car — sans hésiter à fractionner le poème, le vers, la ligne — « ce que l’on cherche s’en va dans le mot », car « triste et vrai le silence de ma tête », car « personne ne l’entend », car « tout rate en langue ». [Armand Dupuy, Mieux taire, gravures de Jean-Michel Marchetti, préface de Bernard Noël, Coll. Écri(pein)dre, Æncrages & Co.]

 

Deux volets d’une tentation chinoise. D’abord une approche sensuelle, intime de la sublime Li Ts’ing-tchao (Li Quingzhao) — dont on lira avec profit Les Fleurs du cannelier —, qui pourrait bien être cette jeune fille qui accompagne Victor Segalen dans le second texte : « Ce que je sens, au plus profond de mon corps, ce sont les mots mesurés avec les lèvres de chair de la jeune fille pure que vous avez caressée […] sa chair dont ni vous, ni moi n’avons oublié le goût, nous en connaissons l’ombre. » Tribu pour le poète voyageur, cadencé de la première à la dernière ligne d’une prose pure et vive, comme si Perche voulait conjurer l’absence — l’oubli — de Segalen. [François Perche, Nocturne pour V.S précédé de Obscurs parmi les ombres, Rougerie]


Claude Chambard, ce 3 juillet

 

jeudi, 10 janvier 2013

Lettre à Pierre Veilletet

Très cher Pierre,

 

vous êtes un homme épatant — je me répète allez vous penser, mais c’est un mot que nous aimons tous les deux. Un « honnête homme ». Fin journaliste certes, mais aussi fin écrivain et il est bien dommage que vous n’ayez pas plus publié. Vos romans, petites proses, votre Peuple du toro, vos lectures, les échanges que nous pouvions avoir lors de rencontres le plus souvent fortuites étaient toujours un délice. Votre fino une merveille. Votre amitié un bonheur. Nous aimions la même petite peinture plus que toute autre — un Repos pendant la fuite en Égypte de Gérard David —, découverte au hasard d’une visite au Prado, elle est dans nos cœurs jusqu’à la fin de toutes choses. Nous aimions le même hôtel à Lille — le Brueghel — où vous alliez souvent écrire.

 

Depuis hier, apprenant la triste nouvelle, j’ai passé quelques heures avec vos livres, presque tous dédicacés, mais l’un d’entre eux me touche plus que tout parce que vous avez eu la délicatesse de me le signer alors qu’il venait de paraître avec ces mots de votre fine écriture « Pour Claude, Cœur de père, la veille de l’être… » le jour précédent la naissance de mon second fils. C’était en 1992.

 

Nous passions de belles soirées avec Wieland Grommes à fouiner dans votre bibliothèque du quai des Chartrons et c’était plaisir de vous voir tirer sur vos pipes tous les deux lors de conversations interminables. J’ai eu la joie plusieurs fois de vous interroger en public lors de la sortie de tel ou tel livre — Le Peuple du toro avec Véronique Flanet, Bords d’eaux, Querencia & autres lieux sûrs, Le Vin, leçon de choses — et j’ai un souvenir ému de l’exposition de vos objets intimes et de la conversation publique et joyeuse avec Olivier Mony au château Dillon à Blanquefort. Vous m’avez fait un immense cadeau en préfaçant le livre, qu’en compagnie du photographe Bruno Lasnier, j’ai publié au Festin, Un voyage fantôme, en 1997 et ce lien est pour moi incomparable.

 

Journaliste, grand reporter, rédacteur en chef de Sud Ouest Dimanche, Prix Albert-Londres en 1976, président de la section française de Reporters sans frontières, prix François Mauriac pour la Pension des nonnes en 1986, publiée par les éditions Arléa dont vous avez été le fondateur avec Catherine et Jean-Claude Guillebaud, oui vous avez été tout ça et tant d’autres choses.

 

Né le 2 octobre 1943 à Momuy dans les Landes vous venez d’avoir la mauvaise idée de nous fausser compagnie le 8 de ce mois de janvier, ici à Bordeaux, à quelques encablures des quais, dans ce quartier des Chartrons où vous aviez trouvé refuge, et vous devez bien imaginer la peine de ceux qui vous aiment.

 

Cher Pierre, j’espère que votre cœur de père aura trouvé, là où vous êtes, une querencia d’où l’on peut, pour une éternité heureuse, lire et boire des vins remarquables (je suis certain que vous n’avez pas oublié votre canif tire-bouchon au manche de corne) en regardant vivre les toros.

 


Je vous embrasse.

 

Claude

 

 

 une vidéo :

http://www.dailymotion.com/video/k5axKw6qXmPnqh1PqZa#.UO6...

 

 

samedi, 09 avril 2011

Deux extraits du "carnet des morts"

sur Poezibao : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/04/anthologie-p...

 

sur Littérature de partout : http://litteraturedepartout.hautetfort.com/archive/2011/0...

 

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quelques livres dans la vitrine de la librairie Mollat

 

jeudi, 03 mars 2011

Juste la paix – extrait d'un travail en cours « sans lieu, ni date »

Cet homme fut un monstre de lâcheté & d’ignorance.

Voilà ce qu’il a fait graver sur sa pierre tombale. Pierre noire & froide, pierre convenue, pierre imbécile de cimetière ni tout à fait pareille, ni tout à fait une autre, nous sommes identiques devant la mort répètent, reniflent, les bien-pensants de droite, de gauche, du centre & du reste…

¿ Por qué no te callas ?, a-t-il crié à son reflet, à son double inversé,  dans la glace, ce soir d’un automne aussi lugubre que le fonds de la casquette d’un dictateur modèle courant.

& sur cette plaque de granit lustré, noire comme la pierre idiote que l’on a posé sur la tombe de Marcel Proust au Père Lachaise à des fins de réfections, sur cette page d’un livre noir moins drôle qu’une page de Tristam Shandy, moins profonde qu’une encre lithographique, moins dure que le cœur d’un sans cœur, il se recueille sur lui-même. Vaguement. Il se recueille vaguement. Que se recueillerait-on sur soi-même sans craindre ses propres remarques, les pires car si elles ne font jamais très mal sur l’instant, elles durent souvent plus que celles des autres, les intrus, les faux-amis, les jesaistout, les chefs, les sous-chefs, les moinsquerien et les plusquetout… pareil, tout pareil, tous pareils.

J’aurais du la faire fabriquer en calcaire de Bourgogne, ça a tout de même une autre gueule, pense-t-il. Cet artisan auxois m’aurait gravé un beau Didot, ah merde, ça aurait ressemblé à quelque chose, à une page, voilà à une page, mais ça…

Je veux juste avoir la paix, pense-t-il. Pas des cachets roses, pas des cachets bleus, pas des simulacres ou des contournements, pas des remèdes, pas des béquilles, pas des bons sentiments, pas des effusions, juste la paix sous la dalle.

 

dalle bourgogne massangis.jpg

 

Claude Chambard

26 mai 2008 – 3 mars 2011

 

vendredi, 08 janvier 2010

Mes livres de l'année… & quelques films

 

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Je tiens depuis mon plus jeune âge, très scrupuleusement, la liste de mes lectures.

Voici, pour l'année 2009, celles que je retiens parmi la centaine passée sur laquelle je me suis penché, et que j'aimerais conseiller. Sans aucun palmarès, simplement inscrits dans l'ordre de leur lecture. Tous les livres n'ont pas paru en 2009, certains avaient déjà été lus en d'autres années.

L'exercice est sans doute vain… Peut-être, donnera-t-il quelques envies à quelques lecteurs, c'est le moins que je souhaite en ce début d'année.

Frédéric Boyer, Hammurabi, Hammurabi, P.O.L
Chloé Delaume, Dans ma maison sous terre, Coll. Fiction & cie, Seuil
Anne-Marie Garat, Hongrie, coll. Un endroit où aller, Actes Sud
Leslie Kaplan, Mon Amérique commence en Pologne, P.O.L
Édith Azam, Rupture, Dernier télégramme
Dorothée Volut, Alphabet, Éric Pesty
Arno Bertina, Ma solitude s’appelle Brando, Verticales
W. G. Sebald, Campo santo, traduit de l’allemand par Patrick Charbonneau et Sybille Muller, Actes Sud
Maurice Blanchot, l’Instant de ma mort, Fata Morgana
Jerome Rothenberg, les Techniciens du sacré (anthologie, version française établie par Yves di Manno), José Corti
Pierre Guyotat, Vivre, Denoël
Roland Barthes, Journal de deuil, coll. Fictions & cie., Seuil
António Lobo Antunes, Livres de chroniques V, traduit du portugais par Michelle Guidicelli, Christian Bourgois
Laura Kasischke, la Vie devant ses yeux, traduit de l'anglais (États-Unis) par Anne Wicke, Christian Bourgois
Bohumil Hrabal, Moi qui ai servi le roi d’Angleterre, traduit du tchèque par Milena Braud, Seuil
Michel Chaillou, le Dernier des romains, Fayard
Agnès Desarthe, le Remplaçant, Coll. Fiction & cie, Seuil
Emmanuel Carrère, D’autres vies que la mienne, P.O.L
Augustin, les Aveux, traduit du latin par Frédéric Boyer, P.O.L
Truman Capote, De sang froid, traduit de l’anglais (États-Unis) par Raymond Girard, Gallimard
Jean-Jacques Viton, Je voulais m’en aller mais je n’ai pas bougé, P.O.L
Julien Blaine, Blaine au Mac un Tri, Al Dante
Enrique Vila-Matas, Journal volubile, traduit de l’espagnol par André Gabastou, Christian Bourgois
Pierre Michon, les Onze, Verdier
Pascal Quignard, la Barque silencieuse, Seuil
Françoise Clédat, le Gai Nocher, Tarabuste
Gwenaëlle Aubry, Personne, Mercure de France
Gaétan Soucy, l’Angoisse du héron, L’Escampette
Isabelle Baladine Howald, la Douleur du retour, La Cabane
François Matton, Autant la mer, P.O.L
Yoko Tawada, le Voyage à Bordeaux, traduit de l’allemand par Bernard Banoun, Verdier
Xavier Person, Extravague, le bleu du ciel
Catherine Mavrikakis, le Ciel de Bay City, Sabine Wespieser
Liliane Giraudon, Biogres, Ritournelles/Malagar
Laurent Mauvignier, Des hommes, Minuit

 

& quelques films, en vrac :


Alain Cavalier, Irène
Agnès Varda, les Plages d’Agnès
Jacques Demy, les Demoiselles de Rochefort
Clint Eastwood, Gran Torino
Jonathan Demme, Rachel se Marie
Bennet Miller, Capote
Arnaud Depleschin, un Conte de Noël
Ken Loach, Looking for Éric
Woody Allen, Whatever Works
Joseph Losey, The Servant
Alexandre Sokourov, Alexandra
Martin Ritt, The Molly Maguires
François Truffaut, Vivement dimanche
Peter Hyams, Outland

La photo est extraite du film Irène d'Alain Cavalier.

15:36 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent

jeudi, 24 décembre 2009

Traité du rouge-gorge

rouge-gorge.jpg« Jésus est sur la croix. Un petit oiseau gris tout à coup descend du ciel et volette autour de la croix. Il s’approche de Jésus et essaie à l’aide de son bec d’arracher le clou qui est à la droite du Seigneur et qui perce sa main.

*


Le clou bouge un peu ; le sang divin coule sur sa gorge ; il recommence encore.


*


Jésus ouvre les yeux, tourne son visage vers le petit oiseau gris, le regarde qui s’échine. À voix très basse il lui chuchote qu’en souvenir du secours qu’il a cherché à lui porter sa poitrine restera marquée de son sang jusqu’à la fin du temps, jusqu’à l’extinction du monde, jusqu’à l’engloutissement des oiseaux dans l’espace. »


Pascal Quignard
Petits traités, XXIIe traité
Maeght éditeur, 1990, rééd. Folio 2976, 2002

17:12 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent

samedi, 11 avril 2009

Amos Oz

images.jpg“Enfant, j’espérais devenir un livre quand je serais grand. Pas un écrivain, un livre : les hommes se font tuer comme des fourmis. Les écrivains aussi. Mais un livre, même si on le détruisait méthodiquement, il en subsisterait toujours quelque part un exemplaire qui ressusciterait sur une étagère, au fond d’un rayonnage dans quelque bibliothèque perdue, à Reykjavik, Valladolid ou Vancouver.”

Amos Oz, Une histoire d’amour et de ténèbres

Traduit de l’hébreu par Sylvie Cohen

Gallimard, 2004, réed. Folio n° 4265, 2008

15:22 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent

vendredi, 20 mars 2009

W. G. Sebald, les Anneaux de Saturne

images-1.jpg« […] une année jour pour jour après le début de mon voyage, je me trouvai dans l’incapacité quasi totale de me mouvoir, si bien qu’il fallu me transporter à l’hôpital de la capitale régionale, Norwich, où j’entrepris, du moins en pensée, de rédiger les pages qui suivent. Je me rappelle très précisément qu’aussitôt après avoir pris possession de ma chambre, au huitième étage du bâtiment, je devins la proie d’une véritable hantise, me figurant que les vastes espaces que j’avais franchis l’été précédent dans le Suffolk s’étaient définitivement rétractés en un seul point aveugle et sourd. Il est vrai que de mon lit je ne voyais du monde qu’un morceau de ciel blafard s’inscrivant dans l’embrasure de la fenêtre.
À maintes reprises déjà, au fil de la journée, le désir m’était venu de jeter un regard par cette fenêtre d’hôpital bizarrement voilée d’un filet noir afin de m’assurer que la réalité ne s’était pas, comme je le craignais, évanouie à jamais ; à la nuit tombante, il devint si fort qu’après avoir réussi à me glisser par-dessus le bord du lit, moitié à plat ventre, moitié sur le flanc et, une fois au sol, à rejoindre le mur à quatre pattes, je me redressai malgré les douleurs que cela me causait, me hissant à grand-peine, cramponné à l’appui de fenêtre. Dans la posture crispée d’une créature qui vient d’adopter pour la première fois la station debout, je me tins ensuite contre la vitre et ne pus m’empêcher de songer à la scène dans laquelle le pauvre Gregor, s’agrippant de ses petites pattes tremblantes au dossier de son siège, regarde par la fenêtre de sa chambre, avec le souvenir imprécis, est-il dit, de ce qu’il avait du ressentir de libérateur autrefois, du seul fait de regarder au dehors. Et de même que Gregor, avec ses yeux devenus troubles, ne reconnaissait plus la silencieuse rue Charlotte, où il vivait depuis des années avec les siens, et la tenait pour un désert grisâtre, de même la ville familière, qui se déployait des aires d’accès à l’hôpital jusqu’à l’horizon, me paraissait totalement étrangère. Je n’arrivais pas à croire que tout en bas, parmi ces murs encastrés les uns dans les autres, quelque chose pût encore bouger ; j’avais l’impression que mon regard plongeait du haut d’une falaise sur une mer de roche ou sur un champ de décombres d’où les sombres masses des tours de parking surgissaient tels des blocs erratiques. Hormis une infirmière franchissant le misérable espace vert aménagé à l’entrée pour prendre son service de nuit, on ne voyait personne dans les environs. Une ambulance coiffée du gyrophare bleu progressait en bifurquant lentement à plusieurs croisements, du centre ville vers le pavillon des urgences. Le son de la sirène n’arrivait pas jusque là-haut. À l’altitude où je me trouvais, j’étais entouré d’un silence presque total, pour ainsi dire artificiel. La seule chose que j’entendais à la fenêtre, c’était le souffle de l’air et, parfois, lorsque celui-ci s’interrompait momentanément, le sifflement qui ne cessait jamais complètement dans mes propres oreilles. »

W. G. Sebald
Les Anneaux de Saturne
Traduit de l’allemand par Bernard Kreiss
Actes Sud, 1999

13:15 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent

mercredi, 18 mars 2009

António Lobo Antunes

images.jpg“Je suis parfois tenté d’écrire un peu sur ma vie, d’expliquer comment je suis passé d’un roman à l'autre, de raconter comment j’ai grandi. Parce que j’ai l'impression de grandir avec mes romans. Je n’attache pas tellement d’importance au fait qu’ils soient publiés ou non ; l’important, pour moi, c’est de les écrire. Pendant qu’on écrit, non seulement on en apprend beaucoup sur le métier, mais on est aussi au plus près des émotions.”

“Quand il m’arrive de passer une journée sans écrire, je me sens comme si je m’étais habillé sans m’être douché. Quand je n’écris pas je suis envahi par une profonde sensation d’absence et de vide. Quand je n’écris pas, je suis assailli par un terrible sentiment de culpabilité que je n’ai jamais cessé de ressentir.

Mon rythme est infernal : je travaille douze heures par jour. Quand je pars en voyage pour présenter un livre et que je dois donner des interviews et faire tout ce qu’il faut pour en assurer la promotion, je récupère le temps perdu pendant la nuit et j’écris jusqu'à deux ou trois heures du matin. Peu importe que je sois en Allemagne, en Autriche ou en Espagne, que je doive me lever de bonne heure ou que je sois fatigué ; il faut que j’écrive tous les jours, j’en ai besoin pour ne pas me sentir coupable.”

in María Luisa Blanco

Conversations avec António Lobo Antunes

Traduit de l'espagnol par Michelle Giudicelli

Christian Bourgois, 2001

15:47 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent

mardi, 28 octobre 2008

Sandor Ferenczi

images.jpg“Il n'y a pas de bonté là où de la reconnaissance est escomptée.

La bonté, il faut l'avoir reçue enfant, en quantité suffisante pour pouvoir en redonner.”

Sandor Ferenczi

Confusion de langue entre les adultes et l'enfant

Traduit de l'allemand par le Coq Héron

Petite bibliothèque Payot, 2004

11:21 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent

jeudi, 23 octobre 2008

Jour de silence

 

 

 

 

 

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