mardi, 08 avril 2014

Andrea Bajani, « Me reconnais-tu ? »

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© : Claude Chambard

 

« Comme disait le poète, la solitude de l’artiste est un numéro de cirque qui n’était pas prévu. Sous un chapiteau, des centaines de personnes qui retiennent leur soufe, le regard tourné vers un petit point. Les yeux des petits et aussi ceux des grands, redevenus enfants par la grâce de leur progéniture. Dehors, le monde. Dedans, au centre de la piste, un petit bonhomme qui est là pour montrer que, dans son univers, le danger existe aussi, même s’il l’affronte seul pour le compte des autres. C’est ce qui fait que les enfants l’applaudissent chaque fois et que les adultes, surtout, l’applaudissent chaque fois. Parce qu’il s’est chargé de faire face à tous les périls et qu’il l’a fait à leur place. Parfois, à la n du numéro, les enfants crient, ils en veulent encore. Les adultes, eux, restent muets. D’autre fois, il ne se passe rien et l’artiste retourne au néant d’où il était venu. Il retire son chapeau, d’une courbette il salue son public, puis il s’en va.

Voilà ce qui s’est passé. »

 

 Andrea Bajani

Me reconnais-tu ?

Traduit de l’italien par Vincent Raynaud

 Gallimard, 2013

lundi, 24 mars 2014

Ariane Dreyfus, « Les compagnies silencieuses »

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Le lendemain du jour

 

« Comme une femme se glisse sous un homme

Je lis votre écriture

 

Ou alors c’est moi qui écris couchée

La page blanche fait cette lumière où j’oublie de me voir

Toujours commencée

Il y a un côté où l’encre n’est pas sèche

Qui mène jusqu’à vous

 

Quand vous me lisez vous le dites

Ou jamais

Je prends toutes les étoffes selon la chaleur

Les morceaux de vie selon

Ma bien future mort

 

Je n’étais pas penchée sur le vide

Une femme sur un homme

 

Qui écrit n’est pas longtemps une jeune fille

Plutôt souvent

 

Il faut des mots pour se glisser entre eux

Y voir

Aucun n’est vrai tout seul

Heureusement le tumulte ne refuse pas la main

 

Tant de poèmes que je suis cachée dans toute la forêt ?

C’est vous qui choisissez

 

L’écorce que vous dites que j’ai touchée. »

 

 

Ariane Dreyfus

Les compagnies silencieuses

Flammarion 2001

samedi, 22 mars 2014

Maurice Scève, « Délie »

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« Comme Hecate tu me feras errer

Et vif, & mort cent ans parmy les Umbres :

Comme Diane au Ciel me resserrer,

D’où descendis en ces mortelz encombres :

Comme régnante aux infernales umbres

Amoindriras, ou accroistras mes peines.

          Mais comme Lune infuse dans mes veines

Celle que tu fus, es, & seras DELIE,

Qu’Amour à joinct a mes pensées vaines

Si fort, que Mort jamais ne l’en deslie. »

 

 Maurice Scève

 Poésies

Précédé de L’amour unique de Maurice Scève par Jean Tortel

Dessins d’Ingres

 Mermod, 1972

mercredi, 19 mars 2014

Edmond Jabès, « Dans la double dépendance du dit »

edmond jabès, paul celan,dans la double dépendance du dit, fata morgana

souvenir de paul celan

 

« Ce jour-là. Le dernier. Paul Celan chez moi. Assis à cette place que mes yeux, en cet instant, xent longuement.

 

Paroles, dans la proximité, échangées. Sa voix ? Douce, la plupart du temps. Et, cependant, ce n’est pas elle, aujourd’hui, que j’entends mais le silence. Ce n’est pas lui que je vois mais le vide, peut-être parce que, ce jour-là, nous avions l’un et l’autre, sans le savoir, fait le tour cruel de nous-mêmes. »

 

 Edmond Jabès

Dans la double dépendance du dit Le livre des marges II

 Illustrations de Antoni Tàpies

 Fata Morgana, 1984

lundi, 17 mars 2014

Edmond Jabès, « La clef de voûte »

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 « On dresse l’échafaud dans les jardins du bagne dans le jardin des tire-lires Fière jeune fille que le soleil éloigne

on dresse l’échafaud sur l’absence

Le couperet aux fines aiguilles à coudre la mort

le couperet aux franges de lune pour le sourire du bourreau

Siècle de pendus on dresse l’échafaud pour les retardataires

zébrés de langue-au-chat La vie n’a plus de secret

Seuls les yeux le regard seul attend interroge

On dresse l’échafaud sur l’épouvante de la foule

L’herbe demande à se faire entendre on la repousse

L’herbe sur qui le condamné à mort oublie qu’il va bientôt mourir

Le couperet de houpe d’oiseaux à tourmenter le vent

à poudrer les joues des jeunes épouses du vent

L’implacable couperet aux idylles de sapins de Justice

un monde déchu est suspendu à sa chute

un monde la langue dehors dont les pieds ne touchent plus le sol

et que le vent indifféremment balance

Je me souviens de tous les visages J’ai mis du temps à les reconnaître

aussi longtemps que le jour

On dresse l’échafaud sur l’impatience Le maître avec sa pierre-ponce

frotte les maigres doigts tâchés d’encre des écoliers humiliés

Tu lis je lis des mots d’innocence

que le couperet interrompt

On dresse l’échafaud sur chaque Dimanche

Une tête tombe dans le cahier ouvert

On dresse l’échafaud sur la mémoire du bourreau

sur la mémoire de la vie et de la mort

sur la détresse de l’amour

sur une tresse coupée

sur une coupe

sur un cou

brisé »

 

 Edmond Jabès

La clef de voûte

Imprimé par Guy Lévis Mano en juin 1950. 20 exemplaires sur vélin du Marais et 380 sur vélin, numérotés de 1 à 20 et de 21 à 400. Ex : 306

GLM, 1950

samedi, 15 mars 2014

Edmond Jabès, « Trois filles de mon quartier »

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« I

Trois lles de mon quartier ont abandonné leurs ancés à la misère ; trois rires, trois étoiles capricieuses. On n’a plus de nouvelles du cœur de la terre. Trois lles de mon quartier ont changé de nom ; leurs fronts brûlent dans la nuit. Trois pompiers, trois scaphandriers, trois amants éperdus, cherchent leurs ancées. Le poisson et l’oiseau s’en émeuvent, car l’amour est partout. Trois bœufs, trois cailloux, trois trous embarrassent la route. On frappe aux portes que l’on connaît.

 

VII
Le rire est une jeune femme écartelée sur les routes. La mort est plus adroite. Tu mets le feu au paysage arraché aux paupières : Notre lieu de rencontre. L’histoire est compromise. Quand le monde est rouge les dents ont un éclat particulier ; les tourterelles s’y risquent. Avec toi, tout est simple mais ré
échi. Un l ténu rattache l’univers à ton poignet. Tout est grave, sauvé, blessé.

 

XVI

C’était ma douleur blanchie à la chaux. Tu patientes, étendue sur les feuilles recueillies. Il faut pouvoir ressembler au vent. Tu voles. Tu chantes. Je t’aime pour chaque branche.

 

C’était un sourire sur nos doigts évreux. Une étrange silhouette détachée du soir : Elle découvrait, pour nous, le monde. Mais seule tu voyais.

 

Je te crois, je t’inuence, je t’obéis. Un mur nous réunit. Jamais tu n’as le même visage.

 

XXIV

Les collines ont, aux chevilles, de nes blessures par lesquelles tu peux voir couler le sang de la terre. Toute plante est une plaie ! Rien que douleur mon amour ; mais tes seins déchirés, tes seins pendus aux arbres, c’est plus que l’on en peut supporter. Nos mains s’interrogent au-dessus des victimes, sœurs de l’eau ou du poignard. Les collines tentent d’en appeler aux étoiles. Nos yeux levés leur ressemblent. »

 

 

Edmond Jabès
Trois
lles de mon quartier

 Imprimé par Guy Lévis Mano sur sa presse à 315 exemplaires, soit 15 (1 – 15) sur vélin du Marais & 300 (16 – 315 sur Alfama, plus 25 sur Alfama, signés par l’éditeur & réservés aux amis de GLM. Ex : 220

GLM, 1948

vendredi, 14 mars 2014

HORS ŒIL editions à Bordeaux

HORS ŒIL éditions
du 21 mars au 26 avril 2014

à l’initiative de la bibliothèque Mériadeck de Bordeaux & de Monoquini

 

http://www.calameo.com/read/000502266d753ee762ae3

 

hors Œil édiions,bibliothèque mériadeck,monoquini

mardi, 11 mars 2014

Iean d’Indagine, « Physionomie par le regard des membres de l’homme »

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De la Physionomie de la bouche, et de ce qu’on doit deviner en la regardant.

 

Nous exposerons sous vne mesme description la Physionomie de la Bouche et des Levres. Or la Bouche est ou grande ou ouuerte, ou estroite. Celle qui est ouuerte, comme ont communément les Franconiens laffrus, signie l’homme estre audacieux, temeraire, impudique, menteur, affronteur, superu, et excessif en toutes choses, bruyant et raillard, et certes ie ne fus jamais nullement deceu en ce signe. Mais au contraire la bouche estroite, denote l’homme secret et posé, sobre, chaste, craintif, et liberal. Quant à la puanteur de la bouche et l’haleine, aussi des dents, nous la laissons aux Medecins, parce que cela est par eux tres amplement et diligemment declaré. On a trouué par expérience cecy estre vray, que ceux qui ont les levres menües ou petites et déliées, sont eloquens et parlent beaucoup, jaseurs, bien prevoyans les choses à venir, prudens et ayans bon esprit et entendement. Ceux qui ont les levres tres-grandes, et auxquels pend celle d’em-bas, en sorte que les dents apparoissent, sont lourdauts estourdis, gros sots, ausquels on ne peut rien apprendre, meschans, sales, excessifs en toutes choses, inconstans et mauuais. »

 

 Iean d’Indagine

 Physionomie par le regard des membres de l’hommetiré des Secrets merveilleux du Petit Albert— enrichie de figures

30 exemplaires sur vélin du Marais, 1170 sur Alfama, chiffrés de 1 à 30 et de 31 à 1200, et, en plus, 25 sur Alfama marqués de A à Z signés par l’éditeur et réservés aux amis de GLM. Exemplaire 573

GLM, août 1948

 L’orthographe de l’édition GLM a été respectée srcupuleusement.

mercredi, 05 mars 2014

Denis Roche, « Essais de littérature arrêtée. »

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« 6 septembre 1980 (samedi). (…) Plus tard, je suis en train de ranger mon bureau. J’ouvre l’une des fenêtres de la verrière et, dans l’infime espace ainsi dévoilé dans la rainure dessous, je trouve un petit papillon de nuit gris, bien étalé, aux larges antennes lancéolées. Il bouge un peu, pas beaucoup. Je le mets dans la paume de ma main et je le laisse tomber au-dehors. Sur fond de verdure des arbres et de rougeur de la grande façade de brique de l’immeuble d’en face, dans l’air calme et tiède, je le regarde choir en vol plané, tournant lentement en décrivant des cercles simples. Il tombe dans la vieille cuvette en fer, reste de ce qui fut sans doute autrefois une brouette et qui sert de barbecue aux ouvriers dans la semaine, pour faire griller leurs côtes de mouton. Je laisse la fenêtre ouverte juste au-dessus, et la nuit tombée, je pense aux cendres grises dans la brouette et au papillon gris posé dessus.

(…) »

 

 Denis Roche

Essais de littérature arrêtée.

Achevé d’imprimer en juillet 1981 sur la presse d’Alin Anseeuw à Catorive, à 123 exemplaires numérotés à la main, à savoir : 103 sur vélin et 20 exemplaires sur bouffant Argentine comportant une photographie originale de l’auteur. Exemplaire 12.

 Ecbolade, 1981

dimanche, 02 mars 2014

Lucrèce, « De la nature »

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Les nuages

 

« Les nuages se forment quand maints atomes voltigeant

dans les hauteurs du ciel se rassemblent soudain :

hérissés de manière à s’entraver faiblement

mais suffisamment pour se tenir comprimés,

ils composent d’abord de petites nuées

qui se réunissent, s’agrègent entre elles,

par leur union s’accroissent et s’envolent aux vents

jusqu’à l’instant où se déchaine la tempête.

Il se trouve aussi que les sommets des montagnes,

plus ils avoisinent le ciel, plus leur hauteur exhale

assidûment l’épaisse fumée d’un nuage fauve ;

car, lorsque les nuées commencent à se former,

avant que l’œil puisse les voir, ténues, les vents

les portent et les assemblent au plus haut de la cime.

C’est là qu’enfin réunies en troupe plus nombreuse

et plus dense elles peuvent apparaître tout à coup,

s’élançant du pic montagneux dans l’empyrée.

Que les sommets s’offrent au vent, l’expérience sensible

nous le prouve quand nous escaladons une haute montagne.

Et puis la nature prélève sur toute la mer

maints éléments, comme le montrent sur le rivage

les linges suspendus qui prennent l’humidité.

Il est d’autant plus clair que pour accroître les nuages

maints atomes peuvent surgir du flux salé de l’océan :

il existe une parenté entre les deux humeurs.

Et de tous les fleuves ainsi que de la terre même

nous voyons des brumes et des vapeurs surgir :

comme leur haleine expirée, elles s’envolent bien haut,

dispersent leur ténèbre, obnubilant le ciel

à mesure qu’elles se fondent en nues altières.

Car la chaleur de l’éther étoilé ajoute sa pression

et, comme les condensant, voile l’azur de leur nimbe.

Il arrive aussi que le ciel reçoive de l’extérieur

les atomes qui forment nuées et nuages volants.

Innombrable est en effet leur nombre, infini

l’ensemble de l’espace, comme je l’ai montré.

Quelle vitesse anime le vol des atomes, quelle distance

impensable ils franchissent d’un trait, je l’ai montré.

Il n’est donc pas étonnant qu’en peu de temps, souvent,

la tempête et les ténèbres couvrent de si grandes nuées

les mers et les terres, d’en haut les oppressant,

puisque de tous côtés, par tous les pores de l’éther,

par des sortes de soupiraux autour du vaste monde,

la sortie et l’entrée s’offrent aux particules. »

 

 Lucrèce

De rerum natura — De la nature

Traduction et présentation par José Kany-Turpin

 (Cette traduction a obtenu, en 1993, le prix Nelly Sachs, décerné en Arles par les Assises de la Traduction)

Aubier, 1993, Garnier-Flammarion, 1997

vendredi, 28 février 2014

Michel de Montaigne, né le 28 février 1533, « Carnet de voyage »

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« Le 6 de mars, je fus voir la librairie du Vatican, qui est en cinq ou six salles tout de suite. Il y a un grand nombre de livres attachés sur plusieurs rangs de pupitres ; il y en a aussi dans des coffres qui me furent tous ouverts ; force livres écrits à la main, et notamment un Sénèque et les Opuscules de Plutarque. J’y vis de remarquable la statue du bon Aristide, avec une belle tête chauve, la barbe épaisse, grand front, le regard plein de douceur et de majesté : son nom est écrit en sa base très antique ; un livre de Chine, le caractère sauvage, les feuilles de certaine matière beaucoup plus tendre et pellucide que notre papier ; et parce qu’elle ne peut souffrir la teinture de l’encre, il n’est écrit que d’un côté de la feuille, et les feuilles sont toutes doubles et pliées par le bout de dehors où elles se tiennent. Ils tiennent que c’est la membrane de quelque arbre. J’y vis aussi un lopin de l’ancien papyrus, où il y avait des caractères inconnus : c’est une écorce d’arbre. J’y vis le bréviaire de saint Grégoire, écrit à main : il ne porte nul témoignage de l’année, mais ils tiennent que de main à main il est venu de lui. C’est un missel à peu près comme le nôtre, et fut apporté au dernier concile de Trente pour servir de témoignage à nos cérémonies. J’y vis un livre de saint Thomas d’Aquin, où il y a des corrections de la main du propre auteur, qui écrivait mal, une petite lettre pire que la mienne. Item, une Bible imprimée en parchemin, de celles que Plantin vient de faire en quatre langues, laquelle le roi Philippe a envoyée à ce pape, comme il dit en l’inscription de la reliure ; l’original du livre que le roi d’Angleterre composa contre Luther, lequel il envoya, il y a environ cinquante ans, au pape Léon Xe, souscrit de sa propre main, avec ce beau distique latin, aussi de sa main :

Anglorum rex Henricus, Leo decime, mittit

Hoc opus, et fidei testem et amicitiœ

Je lus les préfaces, l’une au pape, l’autre au lecteur : il s’excuse sur ses occupations guerrières et faute de suffisance ; c’est un langage latin bon pour scolastique.

Je la vis sans nulle difficulté ; chacun la voit ainsi et en extrait ce qu’il veut ; et est ouverte quasi tous les matins ; et si fus conduit partout et convié par un gentilhomme d’en user quand je voudrais. M. notre ambassadeur s’en partait en même temps sans l’avoir vue, et se plaignait de ce qu’on lui voulait faire faire la cour au cardinal Charlet, maître de cette librairie, pour cela ; et n’avait, disait-il, jamais pu avoir le moyen de voir ce que Sénèque écrit à la main, ce qu’il désirait infiniment. La fortune m’y porta, comme je tenais ce témoignage, la chose pour désespérée. Toutes choses sont ainsi aisées à certains biais et inaccessibles par autres. L’occasion et l’opportunité ont leurs privilèges, et offrent souvent au peuple ce qu’elles refusent aux rois. La curiosité s’empêche souvent elle-même, comme fait aussi la grandeur et la puissance. »

 

Michel de Montaigne
Journal de voyage

Arléa, 1998

mercredi, 26 février 2014

Laurent Debut, Dado, « Le Sable »

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« En dessous de ce ciel

s’ouvre, s’imagine

l’accueil, l’empreinte

d’une phrase morte :

 

 

– Vous vous teniez là, ordonnant l’espace et le temps, en ce lieu où se réalise le livre, où le blanc s’est laissé ronger par la lettre, par cette nuit du sens au bout de laquelle nous nous effacions.

 

 

Il ne reste rien dans la main

que le sable issu

de sable…

 

 

La main dont je rêve

s’avance avec des mots de persuasion,

 

 

et s’éclaire du mot

t e r r e. »

 

Laurent Debut

Le Sable

60 exemplaires sur Rives,  numérotés de 1 à 60, imprimés par Thierry Bouchard, signés au colophon par l’auteur, comportant deux eaux-fortes de Dado, signées par le peintre. Exemplaire n° 36.
Brandes, 1981