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jeudi, 10 mars 2011

Le CIPM en danger, réagissons !

arton91.jpg2013 Marseille capitale européenne !

Afin de faire profiter chacun de cet évènement, la subvention attribuée par la municipalité au CIPM – Centre International de Poésie Marseille – sera amputée cette année de 30 000 euros.

Marseille, capitale du paradoxe ! Signez cette lettre à M. Gaudin, ci-devant sénateur maire de la dite ville & pésident du groupe UMP au Sénat.

 

Lettre ouverte à Monsieur Jean-Claude Gaudin, sénateur maire de la Ville de Marseille


À l’heure même où le « coup d’envoi » de l’année capitale était donné par l’ensemble des collectivités territoriales, réunies avec enthousiasme autour du projet porté par Monsieur Bernard Latarjet lors de la conférence de presse du 24 février dernier, nous apprenions que la subvention octroyée par la Ville au centre international de poésie Marseille [cipM] serait amputée en 2011 de 30.000 euros.

Nous sommes stupéfaits et outrés qu’une telle décision – dont la motivation n’a pas été donnée à ce jour – soit prise au moment même où il est demandé aux structures culturelles de la Ville de se mettre « en ordre de marche » pour relever le défi 2013, faisant fi des engagements pris solennellement par l’ensemble des collectivités – dont la Ville – de maintenir, à minima, les budgets de fonctionnement de nos structures.

Nous en appelons à votre responsabilité, Monsieur le Sénateur Maire, ainsi qu’à celle de nos élus à la Ville de Marseille, pour revenir sur cette décision qui, non seulement hypothèque ses projets engagés pour 2013, mais de plus, mettrait en péril le fonctionnement et les activités d’une structure qui, depuis plus de vingt ans, oeuvre à la promotion de la poésie contemporaine, aux plans local, national et international – notamment à travers des coopérations et des échanges fructueux et continus avec les pays du pourtour méditerranéen.

Nous rappelons ici que le cipM, c’est, chaque année :
• Une soirée hebdomadaire de lectures données par des auteurs
• La publication de 12 cahiers consacrés à ces auteurs invités
• La publication de deux numéros d'une revue critique de poésie de plus de 300 pages
• La publication d'ouvrages bilingues présentant les textes d’auteurs étrangers et français, résultant d'ateliers de traduction collective ; avec notamment des poètes de la Méditerranée [Syrie, Liban, Maroc, Algérie, Egypte, Palestine, Catalogne…]
• La publication de livres
• Une dizaine d’expositions
• Un colloque
• Quatre résidences d’auteurs, de plusieurs mois chacune ; dont deux résidences organisées au Maroc et au Liban.
• Des stages et des ateliers de lecture et d’écriture pour les jeunes publics
• Des événements co-produits avec de nombreux partenaires culturels du territoire
• Un site internet ressource ...

De plus, le cipM a constitué une bibliothèque, dont le fonds – ouvert gracieusement au public – est riche de plus de 50.000 livres, revues, documents sonores et vidéographiques, dont la rareté et la diversité en font un centre de ressources unique en France [nous en voulons pour exemple la donation par Jacques Roubaud de sa bibliothèque américaine]. Le cipM est aujourd'hui en pourparlers avec la Bibliothèque Nationale de France pour en devenir un pôle associé dans le domaine de la poésie.

Son équipe est constituée de 7 permanents [6 équivalents temps plein], ce qui représente un minimum pour mener à bien toutes ces missions.

Par ce courrier, nous venons exprimer notre solidarité inconditionnelle à l’égard d’une structure dont le travail mené sur ce territoire est vital pour les auteurs, artistes, revues, éditeurs, et essentiel pour les publics de la poésie contemporaine ainsi que pour ses partenaires culturels, d’ici et d’ailleurs.

Une partie de la programmation 2011 du cipM est déjà annulée – notamment les rencontres Poésie & Rock qui devaient se tenir en mars, en partenariat avec le GRIM, sur plusieurs lieux de rencontres et de concerts [cipM, Bibliothèque de L'Alcazar, L'Enthropy, La Machine à Coudre, L'Embobineuse…].

Ces annulations seront accompagnées de licenciements si cette baisse annoncée n'est pas corrigée.

Nous exprimons donc notre détermination à combattre une décision que nous jugeons dangereuse pour l’avenir de la création contemporaine à Marseille, dont la poésie est l’une des composantes fondamentales.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Sénateur Maire, à l’assurance de nos sentiments respectueux,


Signer la pétition en ligne

http://www.petitionenligne.fr/petition/lettre-ouverte-a-m...

11:58 Publié dans Manifestations | Lien permanent | Tags : cipm, poésie, marseille, pétition

samedi, 12 juin 2010

W. G. Sebald au Howald

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Dernière séance de

Marcher sur la tête

13 juin 2010

W. G. SEBALD 
lectures par Marie Frering, Gérard Haller, Isabelle Baladine Howald et Edmond Lopez

PROGRAMME    •    11 h :    LECTURE ;    13    h :    DEJEUNER    pour    ceux    qui    le    souhaitent    (réservation obligatoire, jusqu’au samedi 12 juin inclus, Pierre Schoch, 03 88 08 35 95, instant@lehohwald.com) ; 14 h 30 : LECTURE. Lectures, 5 € chacune ou forfait avec déjeuner, 15 € • ACCUEIL • Marlies et Pierre Schoch, L’INSTANT, Chambres et tables d’hôtes, 39 rue du Eck, Le Hohwald

 

“[…] juste après le Nou­vel An, dans la perspective de la visite d’une commission de la Croix-Rouge prévue pour le printemps 1944 et envisagée par les instances compétentes du Reich comme une bonne occa­sion de dissimuler la réalité des déportations, allait être engagée ce qu’on appela une action d’embellissement, consistant pour les habitants du ghetto à venir à bout, sous l’autorité de la SS, d’un programme faramineux d’assainisse­ment : ainsi, on aménagea pelouses et chemins de promenade, cimetière paysagé avec urnes fu­néraires et columbarium, installa des bancs pu­blics et des panneaux indicateurs joliment ornés à la manière allemande, en bois sculpté, agré­mentés de décors floraux, on planta plus d’un millier de rosiers, créa une crèche et un jardin d’enfants avec frises en rinceaux, bacs à sable, pataugeoires, manèges ; quant à l’ancien cinéma Orel, qui jusqu’alors avait servi d’abri de fortune pour les plus vieux des habitants et où pendait encore du plafond, au milieu de la salle plongée dans la pénombre, le lustre gigantesque, il fut en quelques semaines transformé en lieu de théâtre et de concert, tandis que par ailleurs, avec des marchandises et matériels provenant des entrepôts de la SS, furent ouverts des maga­sins d’alimentation et d’articles de ménage, d’habillement pour dames et messieurs, de chaussures, linge de corps, valises et nécessaires de voyage ; désormais il y avait aussi une mai­son de repos, une maison de prière, une biblio­thèque de prêt, un gymnase, et l’on ne cessa d’améliorer et d’embellir, de scier, de clouer, de peindre et de vernir jusqu’à ce qu’arrive le mo­ment de la visite et que Theresienstadt, après qu’on eut une fois encore, au milieu de tout ce branle-bas, pour éclaircir les rangs en quelque sorte, expédié à l’Est sept mille cinq cents per­sonnes parmi les moins présentables, eût été transformé en décor potemkinesque propre à tourner la tête à plus d’un de ses détenus ou pour le moins à susciter en eux certains espoirs, métamorphosé en un Eldorado où la commis­sion, composée de deux Danois et d’un Suisse, lorsqu’elle fut promenée dans les rues selon un itinéraire et un minutage précis élaborés par la kommandantur et foula les trottoirs propres, frottés le matin même à l’eau de lessive, put voir, de ses yeux voir, ces gens aimables et satis­faits, épargnés par les horreurs de la guerre, penchés à leurs fenêtres, ces gens proprement mis, ces rares malades si bien soignés, ces repas corrects et ces portions de pain servis en gants de fil blanc dans des assiettes de porcelaine, ces affiches placardées à chaque coin de rue pour annoncer manifestations sportives, spectacle de cabaret artistique, théâtre, concert, voir ces ha­bitants de la ville s’égailler le soir après le tra­vail pour prendre l’air sur les bastions et les remparts de la forteresse, presque comme des touristes en croisière sur un transatlantique, un spectacle somme toute rassurant, que les Alle­mands, une fois la visite terminée, soit à des fins de propagande, soit pour légitimer à leurs yeux toute cette entreprise, fixèrent sur un film qui, comme le relate Adler, dit Austerlitz, en mars 1945, alors qu’une majorité des protagonistes n’étaient déjà plus de ce monde, fut encore agré­menté d’une musique populaire juive, et dont, semblerait-il, il se soit trouvé après la guerre, en zone d’occupation britannique, une copie que lui, Adler, dit Austerlitz, n’a toutefois jamais vue, et qui apparemment a aujourd’hui disparu. Pendant des mois, continua Austerlitz, m’adres­sant à l’Imperial War Museum et autres éta­blissements, j’ai tenté en vain de retrouver des traces de ce film, car, bien qu’avant de quitter Prague je sois encore monté à Theresienstadt et que j’aie étudié jusque dans sa moindre note la description rédigée par Adler avec le soin qu’on sait, il m’a été impossible de me replonger dans l’atmosphère du ghetto et de m’imaginer qu’Agáta, ma mère, ait pu à l’époque se trouver en cet endroit. Je ne cessais de penser que si seulement le film refaisait surface je pourrais peut-être voir, ou pour le moins avoir une idée de ce que cela avait été en réalité, et je me pre­nais constamment à songer que sans le moindre doute Agáta m’apparaissait, sous les traits d’une femme jeune, comparée à l’homme que j’étais devenu, parmi les clients à la terrasse du faux café, ou en vendeuse d’articles de mode, en train d’extraire précautionneusement une paire de gants d’un des tiroirs, ou encore en Olympia dans le spectacle des Contes d’Hoffmann, qui, ainsi que le relate Adler, a été représenté à Theresien­stadt dans le cadre de l’action d’embellissement. Je croyais également la voir, dit Austerlitz, marchant dans la rue en robe d’été et manteau de gabardine légère : seule, au milieu d’un groupe de flâneurs du ghetto, elle venait directement à ma rencontre et s’approchait pas à pas jusqu’à ce que pour finir j’eusse l’impression qu’elle sortait du film et se fondait en moi. Ce genre d’hallucinations explique que je me sois retrouvé dans un état d’extrême agitation le jour où l’Im­perial War Museum réussit, par l’intermédiaire des Archives fédérales de Berlin, à se procurer une copie sur cassette du film de Theresienstadt que je recherchais. Je me revois encore dans une des cabines vidéo du musée, dit Austerlitz, glissant la cassette de mes mains tremblantes dans la fente noire du magnétoscope, puis, sans que je sois en mesure d’enregistrer quoi que ce soit, regardant défiler sous mes yeux diverses scènes d’ouvriers au travail, à la forge devant l’âtre et l’enclume, dans l’atelier de poterie et de sculpture, dans la maroquinerie – succession in­cessante et insensée de gestes et de bruits, coups de marteau, tintements de pierres à aiguiser, grésillements de soudure, découpage d’empiè­cements, encollage, couture –, voyant surgir à la chaîne pour une fraction de seconde ces visa­ges étrangers, les ouvriers et les ouvrières sortir des baraquements, le travail fini, et traverser un terrain vague sous un ciel plein de nuages blancs et immobiles, des jeunes jouer au foot­ball dans la cour intérieure d’une caserne de­vant un public nombreux, massé en rangs serrés sous les arcades du rez-de-chaussée, du premier et du second étage, des hommes se douchant aux bains publics, des livres empruntés à la bibliothèque par des messieurs bien mis, un vé­ritable orchestre jouant un concert, et, à l’exté­rieur, au pied des remparts, dans les potagers baignés par la lumière de l’été, quelques dizai­nes de personnes occupées à ratisser les plates-bandes, à arroser les plants de tomates et de ha­ricots, à débarrasser les feuilles des choux des che­nilles de piérides, et ensuite, le soir venant, les gens installés sur des bancs devant leurs mai­sons, apparemment contents, les enfants à qui l’on permet encore de s’ébattre quelque temps, un homme lisant son livre, une femme discutant avec une voisine, d’autres tout simplement ap­puyées les bras croisés au rebord de leur fenê­tre, comme c’était naguère l’usage à la tombée du jour. Mais, dans un premier temps, aucune de ces images ne pénétrait mon cerveau, elles papillonnaient seulement devant mes yeux dans une sorte d’irritation continuelle, qui s’exaspéra encore lorsqu’à mon grand effroi il s’avéra que cette cassette berlinoise, ayant pour titre origi­nal Der Führer schenkt den Juden eine Stadt (Le Führer offre une ville aux Juifs), n’était qu’une compilation d’environ un quart d’heure dans la­quelle, à la différence de ce que j’avais espéré, Agáta n’apparaissait nulle part, ne pourrait ja­mais apparaître, aussi souvent que je visionne­rais le film et quels que soient les efforts que je ferais pour tenter de la reconnaître au milieu de ces visages fugitifs. L’impossibilité de fixer plus précisément mon regard sur ces images qui en quelque sorte disparaissaient aussitôt qu’elles avaient surgi, dit Austerlitz, m’incita finalement à me faire confectionner à partir du fragment de Theresienstadt une copie au ralenti étirant la durée à une heure entière, et de fait, dans ce document quatre fois plus long que depuis je n’ai cessé de me repasser, sont devenues visi­bles des choses et des personnes qui jusque-là m’étaient restées cachées. On avait maintenant l’impression que les hommes et les femmes des ateliers effectuaient leurs tâches en somnambu­les, tant il leur fallait de temps pour pousser l’aiguille, tant leurs paupières s’abaissaient lour­dement, tant étaient lents les mouvements de leurs lèvres et ceux de leurs yeux se levant vers la caméra. Ils marchaient moins qu’ils ne sem­blaient flotter, comme si désormais leurs pieds ne touchaient plus le sol.Les silhouettes des corps étaient devenues floues et leurs bords s’étaient effrangés, en particulier dans les scènes tournées en extérieur,  en pleine lumière, un peu comme les contours de la main humaine sur les fluographies et les électrographies réalisées à Paris par Louis Darget au tournant du siècle dernier. Les nombreuses défectuosités de la pellicule, que je n’avais guère remarquées auparavant, se di­luaient maintenant en plein milieu d’une image, l’effaçaient et faisaient naître des motifs blancs et lumineux éclaboussés de taches noires, qui me rappelaient des prises de vues aériennes du Grand Nord ou encore ce que l’on voit dans une goutte d’eau examinée au microscope. Mais le plus troublant, dans cette version au ralenti, c’étaient encore les bruits. Dans une brève sé­quence du début, où est montré le travail du fer chauffé au rouge et le ferrage d’un bœuf de trait dans la forge d’un maréchal-ferrant, la polka enjouée, composée par je ne sais quel compositeur autrichien d’opérettes, que l’on entend sur la bande-son de la copie berlinoise, est devenue une marche funèbre s’étirant de manière quasi grotesque, et les autres accompagnements mu­sicaux du film, parmi lesquels je n’ai réussi à identifier que le cancan de La Vie parisienne et le scherzo du Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn, évoluent eux aussi dans un monde que l’on qualifierait de chtonien, en des profondeurs tourmentantes, ainsi s’exprima Austerlitz, où jamais aucune voix humaine n’était descendue. Rien, du commentaire, n’est plus compréhensible. Là où dans la copie berlinoise, sur un ton frin­gant, en une suite de claironnements extirpés impérieusement du larynx, il était question de groupes d’intervention et de centuries qui, selon les besoins de l’heure, exécutaient les tâches les plus diverses et le cas échéant bénéficieraient d’une formation pour reconversion, de sorte que chacun, s’il le voulait, avait la possibilité de s’intégrer sans heurt dans le processus de travail, on ne percevait plus à présent, dit Aus­terlitz, qu’un grognement menaçant, comme je n’en avais entendu qu’une fois auparavant, il y a bien des années, un jour férié, sous la chaleur caniculaire d’un mois de mai au Jardin des plan­tes de Paris, alors que pris d’un malaise soudain je m’étais assis près d’une grande volière non loin du pavillon des fauves où, invisibles depuis l’endroit où j’étais et, songeai-je en cet instant, dit Austerlitz, privés de leur raison à force de captivité, les tigres et les lions, sans relâche, des heures durant, rugissaient leurs sombres plaintes. Oui, et puis il y a encore, poursuivit Auster­litz, vers la fin, la séquence relativement longue consacrée à la première d’une pièce de musique composée à Theresienstadt ; si je ne me trompe, il s’agit de l’Étude pour orchestre à cordes de Pavel Haas. Venant de l’arrière, le regard par­court d’abord la salle aux fenêtres grandes ouvertes, occupée par un grand nombre d’audi­teurs qui ne sont pas assis en rangs, comme d’ordinaire pour un concert, mais par quatre autour d’une table, comme dans une auberge, sur des chaises de style alpin sans doute confec­tionnées pour l’occasion dans la menuiserie du ghetto, avec un cœur découpé dans le dossier. Tout au long du concert, la caméra fixe en gros plan telle ou telle personne, entre autres un vieux monsieur dont la tête aux cheveux gris coupés court emplit la moitié droite de l’image, tandis que sur la moitié gauche, légèrement en retrait vers le bord supérieur, apparaît le visage d’une femme plutôt jeune, se détachant à peine de l’ombre noire qui l’entoure, ce qui explique que dans un premier temps je ne l’aie pas remarquée. Elle porte autour du cou, dit Austerlitz, un collier dont les trois rangs fins se distinguent à peine sur sa robe foncée à col montant, et une fleur blanche est piquée dans sa chevelure. Exac­tement comme les pâles souvenirs, et les rares autres indices qui me restent encore aujourd’hui, me permettent d’imaginer l’actrice Agáta, oui, c’est exactement à cela qu’elle ressemble, me dis-je, et je ne cesse de regarder ce visage qui m’est autant familier qu’étranger, dit Austerlitz, je rembobine la cassette, une fois, dix fois, et je vois le compteur dans le coin supérieur gauche de l’écran, les chiffres qui recouvrent une partie de son front, les minutes et les secondes, de 10:53 à 10:57, et les centièmes de seconde qui défi­lent, si vite qu’on ne peut ni les fixer ni les dé­chiffrer. Au début de cette année, poursuivit Austerlitz, qui comme souvent avait sombré tout en parlant dans une profonde absence, au début de cette année, dit-il enfin, renouant avec le fil du récit de sa vie, peu après notre dernière ren­contre, je suis allé une seconde fois à Prague, plusieurs jours de suite, aux Archives théâtrales pragoises de la Celetná, j’ai dépouillé les registres des an­nées 1938 et 1939 et là je suis tombé, au milieu des lettres, des dossiers individuels, des livrets de pro­grammes et des extraits de presse jaunis par le temps, sur le portrait photographique non lé­gendé d’une comédienne qui semblait corres­pondre à l’évanescent souvenir que j’ai de ma mère, et dans lequel Véra, qui auparavant avait longuement observé le visage de l’auditrice copié par mes soins à partir du film de Theresienstadt avant de l’écarter en faisant non de la tête, dans lequel Véra, donc, sans l’ombre d’un doute, comme elle le dit, reconnut Agáta telle qu’elle était à cette époque. […]”

W. G. Sebald

Austerlitz

Traduit de l'allemand par Patrick Charbonneau

Actes Sud, 2002

 

 

lundi, 09 novembre 2009

Ritournelles 10

Du 10 au 20 novembre
Molière – Scène d’Aquitaine
Proust lu, de Véronique Aubouy
Installation / film
Du lundi au vendredi, 9 h 30 – 12 h 30 et 13 h 30 – 17 h
Mardi 10 novembre — 18 h 30

Molière – Scène d’Aquitaine
Inauguration du festival
Lecture performée à deux voix et quelques bruits
Sortie publique
Danielle Mémoire (écrivain) et Steve Argüelles (batteur / compositeur)

Jeudi 12 novembre — 12 h 30
Molière – Scène d’Aquitaine
Les rêves dans la littérature
Lectures de rêves parmi les écrits de Freud, Proust, Perec et quelques auteurs majeurs de la littérature française
Sylvie Nève (écrivain et psychanalyste) et Claude Chambard (écrivain)

bessette.jpgJeudi 12 novembre — 18 h 30
Bibliothèque Mériadeck
« Lisez Hélène Bessette ! »
Laure Limongi (écrivain), Fred Léal (écrivain), Julien Doussinault (biographe d’Hélène Bessette) et Noëlle Renaude (écrivain, dramaturge)

Vendredi 13 novembre — 18 h 30
Molière – Scène d’Aquitaine
Électuaire du discount
D’une esthétique, l’autre
Sortie publique
Jérôme Mauche (ecrivain), Jean-Paul Rathier (metteur en scène), Élodie Chamauret (comédienne), Michel Herreria (plasticien et scénographe), Olivier Desagnat (cinéaste) et Jean-Luc Petit (concepteur lumière)

Mardi 17 novembre — 10 h – 17 h
Molière – Scène d’Aquitaine
Journée de réflexion et de découverte
Écrire / rêver
Lecture, rencontre, débats, librairie
Marianne Alphant (écrivain, essayiste, programmatrice d’événements au Centre Georges Pompidou), Leslie Kaplan (écrivain), Sébastien Smirou (écrivain et psychanalyste), Xavier Person (écrivain et critique littéraire), Joseph Mouton (écrivain et philosophe), Jean Daive (écrivain, poète et critique d’art), Mari-Mai Corbel (critique pour la revue Mouvement), Marie-Christine Aury (comédienne, compagnie Acteurs du monde), Hervé Castanet (écrivain, psychanalyste et directeur de revue)

Mercredi 18 novembre — 18 h 30
Librairie Mollat
Rencontre / Art et littérature
Véronique Aubouy (réalisatrice) et Liliane Giraudon (écrivain)

Jeudi 19 novembre — 12 h 30
Molière – Scène d’Aquitaine
Les explorations de l’inconscient dans l’écriture
Rencontre avec Michel Butor

Jeudi 19 novembre — 20 h 30
capc Musée d’art contemporain
L’Encyclopédie des guerres / Best Off
Conférence / performance de Jean-Yves Jouannais

Vendredi 20 novembre 12 h 30
Molière – Scène d’Aquitaine
Performances de poésie contemporaine
Sabine Macher (écrivain, chorégraphe) et Gwenaëlle Stubbe (poète)

http://www.ritournelles.fr/2009/index.php?/accueil/

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jeudi, 29 octobre 2009

LE(S) POËT(ES) à LE POËT

LE(S) POËT(ES)


avec

Julien Blaine
Éric Blanco
Arno Calleja
Olivier Domerg
Guy Ibanez
Claudie Lenzi
Antoine Simon
Dorothée Volut

des POËTES en lecture au POËT,
un événement exceptionnel

Samedi 31 octobre 2009 à 16 h

Salle des Fêtes - 05 130 Le Poët

[entrée libre]

LE POËT se situe dans l'extrême sud-est du département des Hautes-Alpes, à 10 km au nord de SISTERON et à 40 km au sud de GAP.
La Salle des fêtes se trouve au centre ville, dans la rue principale.

lePoetweb.jpg

photographie © Brigitte Palaggi, 2007



Un événement POËTique, festif et convivial, organisé conjointement par Autres et Pareils (BDR), la Maison Usher (HAUTES-ALPES), Plaine Page (VAR) ; avec l’aide de la municipalité du POËT et à l’initiative de poètes de la région désireux de faire entendre la poésie contemporaine dans le village du POËT.

AUTRES ET PAREILS
Bâtiment C12 - Résidence Paradis St Roch
13500 MARTIGUES, T. 04 42 42 09 55, autresetpareils@free.fr
http://autresetpareils.free.fr

AUTRES ET PAREILS reçoit l'aide et le soutien de la ville de Martigues, de la DRAC PACA (Ministère de la Culture et de la Communication), de la Région PACA, du Conseil Général des Bouches-du-Rhône.

Maison Usher, 47 le Village, 05300 UPAIX
T. 04 92 24 27 81, maison.usher@free.fr
www.maison-usher.fr


PLAINE Page, Zone d'Intérêt Poétique
185 Rue des Tanneurs, 83670 Barjols
T. O4 94 72 54 81, contact@plainepage.com
http://www.plainepage.com

*************************************************
Autres et Pareils

http://autresetpareils.free.fr

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mercredi, 06 mai 2009

Blaine au Mac un cri, un tri, c'est aujourd'hui

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lundi, 04 mai 2009

Blaine au Mac, 6 mai - 19 septembre

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dimanche, 03 mai 2009

Blaine au Mac, 6 mai - 19 septembre

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vendredi, 07 novembre 2008

Carnet nomade, Éloge des bibliothèques

logo_franceculture.gifCARNET NOMADE
par Colette Fellous
dimanche 9 novembre 2008 de 14h à 15h
Éloge des bibliothèques

Comme tous les hommes de la Bibliothèque, j’ai voyagé dans ma jeunesse ; j’ai effectué des pérégrinations à la recherche d’un livre et peut-être du catalogue des catalogues disait Borgès.
Dans ce carnet nomade que j’ai intitulé Éloge des bibliothèques, je vous propose d’ouvrir quelques livres qui ressemblent eux aussi à des pérégrinations. Crack, le premier livre de Tristan Jordis qui est une fabuleuse enquête sur le monde du crack aux portes de Paris. Les maîtres de Glenmarkie de Jean-Pierre Ohl qui est écrivain mais aussi libraire. Le chemin vers la cabane, de Claude Chambard qui est une espèce de grand-poème ou de grande lettre d’amour et enfin Des bibliothèques pleines de fantômes de Jacques Bonnet.

Intervenants
Jacques Bonnet. Auteur de Des bibliothèques pleines de fantômes aux éditions Denoël.
Jean-Pierre Ohl. Auteur de Les maîtres de Glenmarkie aux éditions Gallimard.
Tristan Jordis. Auteur de Crack aux éditions du Seuil.
Claude Chambard. Auteur de Le chemin vers la cabane aux éditions le Bleu du Ciel

10:19 Publié dans Manifestations | Lien permanent

vendredi, 11 juillet 2008

Delbecq/Chambard/Abzac

Quelques souvenirs d'un moment comme j'en aimerais beaucoup.

On recommencera.

Merci à Permanences de la littérature & à Marie Devers pour les photographies.


 

 
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La suite dans l'Album.
 
 
 
 

 

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jeudi, 03 juillet 2008

Benoît Delbecq & Claude Chambard, château d'Abzac

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  Renseignements :
Permanences de la littérature
Réservations :
05 57 69 36 53 ou 06 77 98 90 53

13:48 Publié dans Manifestations | Lien permanent

dimanche, 20 janvier 2008

Le 20 janvier

Lenz
Georg Büchner
Traduction d’Henri-Alexis Baatsch
10/18, 1975, repris Christian Bourgois, 1985

Lire également : le 20 janvier de Jean-Christophe Bailly, Christian Bourgois, 1980*

 

404ca981c045fa9f1fef5772b750b0a0.jpg Büchner

 

Lenz, poète et dramaturge du Sturm und Drang, ancien ami de Goethe, traverse les forêts, franchit les sommets des Vosges, se rendant chez le pasteur Oberlin. Dans le froid, la blancheur impitoyable et la solitude, dans la beauté époustouflante des aubes et des crépuscules, Lenz appelle, hurle, plonge dans l’eau glaciale… C’est ce chemin d’un homme perdu que Büchner nous trace, nous permettant de chercher notre propre 20 janvier, «à ce qui en [nous] est au-delà de tout détour, de tout discours, mais non pas nécessairement de tout mot*».

 

Les premières lignes du Lenz de Büchner :

   " Le 20 Janvier, Lenz partit dans la montagne. Sommets et hauts plateaux sous la neige, pentes de pierres grises tombant vers les vallées, étendues vertes, rochers et sapins.
    Il faisait un froid humide, l’eau ruisselait des  rochers, sautait sur le chemin. Les branches des sapins pendaient lourdement dans l’air saturé d’eau. Des nuages gris passaient dans le ciel, mais tout était si opaque, et puis le brouillard montait, accrochant aux buissons sa lourde humidité, si paresseux, si gauche.
    Il poursuivait sa route avec indifférence, peu lui importait le chemin, tantôt montant, tantôt descendant. Il n’éprouvait pas de fatigue, mais seulement il lui était désagréable parfois de ne pas pouvoir marcher sur la tête.
    Au début, il se sentait oppressé, lorsque les pierres se mettaient à rouler, lorsque la forêt grise s’agitait à ses pieds et que le brouillard tantôt engloutissait toutes les formes, tantôt découvrait à demi ces membres gigantesques ; il se sentait le cœur serré, il cherchait quelque chose comme des rêves perdus mais il ne trouvait rien. Tout lui paraissait si petit, si proche, si mouillé, il aurait aimé mettre la terre derrière le poète, il ne comprenait pas comment il lui fallait tant de temps pour dévaler une pente et atteindre un point éloigné ; il pensait devoir tout enjamber en quelques pas. Parfois seulement, lorsque la tourmente rejetait les nuages dans les vallées et que leur vapeur remontait le long de la forêt ; lorsque dans les rochers des voix se faisaient entendre, tantôt pareilles au grondement du tonnerre au loin, tantôt déchaînant tout près leurs mugissements puissants avec des accents tels qu’elles semblaient vouloir dans leur sauvage allégresse chanter la Terre ; lorsque les nuages s’approchaient en bondissant comme des chevaux effarouchés qui hennissent et qu’alors le soleil surgissait, traversant la nuée pour tirer sur la neige son épée étincelante, si bien qu’une lumière aveuglante, des sommets aux vallées, tranchait l’espace et l’illuminait ; ou bien lorsque la tempête écartait les nuages et y déchirait un lac d’un bleu limpide, que le vent se taisait, et que du fond des ravins et du faîte des sapins montait comme une berceuse ou un carillon ; lorsque qu’une légère lueur rouge se glissait sur le bleu profond et que les petits nuages passaient sur des ailes d’argent et que bien loin sur tout le paysage les sommets se détachaient étincelants et fermes – il sentait sa poitrine se déchirer, il se tenait haletant, le buste plié en avant, bouche bée, les yeux exorbités. Il lui semblait qu’il dût laisser pénétrer l’orage en lui et accueillir toutes choses, il s’étirait et s’étendait par dessus la terre, il s’enfonçait dans l’univers ; cette volupté lui faisait mal ; ou bien il s’arrêtait, posait la tête dans la mousse et fermait à demi les yeux ; les choses alors se retiraient de lui, la terre cédait sous son corps, devenait petite comme une planète errante puis plongeait dans le grondement d’un torrent dont les flots passaient à ses pieds…"
6be84ac06d030a73c2977bcd35a0b141.jpg Lenz

 

Aujourd’hui, 20 janvier 2008, Jean-Christophe Bailly, accueilli par Isabelle Baladine Howald et Gérard Haller, est à L’Instant, dans les Vosges, à Le Howald, où il rencontre ceux pour qui cette date et son travail ont quelque importance.

 

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lundi, 03 décembre 2007

BIbliothèque Mériadeck, 6 décembre, 18h

c5e52b23cbbcf3f7d1ae43cf038118eb.jpgPASCAL  QUIGNARD  
LA NUIT SEXUELLE  

 
Conférence
Jeudi  6 décembre à 18 h
  
En partenariat avec la librairie Mollat 

Bibliothèque Meriadeck , 85, cours du Maréchal-Juin  33000 Bordeaux
Salle de conférences  niveau -1   Rens. 05.56.10.30.02  Entrée  libre

<http://www.bordeaux.fr/>   
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