UA-62381023-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 13 février 2016

Li Po, « Buvant seul sous la lune »

Li Po.jpg

Li Po, portrait imaginaire par Liang Ka, XIIIe siècle

 

Deux traductions d'un même poème

 

« un pichet de vin au milieu des fleurs,

je bois seul, sans compagnon

levant ma coupe je convie la lune claire

avec mon ombre nous voilà trois

la lune hélas ! ne sait pas boire,

et mon ombre ne fait que me suivre

compagnes d’un moment, lune et ombre,

réjouissons-nous, profitons du printemps

je chante, la lune musarde

je danse, mon ombre s’égare

encore sobres ensemble nous nous égayons

ivres chacun s’en retourne

mais notre union est éternelle, notre amitié sans limite

sur le Fleuve céleste là-haut nous nous retrouverons

 

Li Po

Buvant seul sous la lune

Poèmes traduit du chinois par

Cheng Wing fun & Hervé Collet

Moundarren, 1998

&

 

« Pichet de vin posé parmi les fleurs.

Boire tout seul privé de compagnon.

Levant ma coupe, je salue la lune

Nous sommes trois : elle mon ombre et moi.

La lune cependant ne sait pas boire

L’ombre non plus qui m’a toujours suivi.

Mais buvons à mon ombre et à la lune

C’est l’éphémère joie de ce printemps.

J’entonne un chant – la lune suit mon rythme

Je danse l’ombre danse au même pas.

L’éveil et la joie pure d’être ensemble.

L’ivresse dissipée chacun se quitte.

Errants à tout jamais liés et seuls

Les retrouvailles dans la Voie lactée. »

Ombres de Chine

Douze poètes de la dynastie tang (680-870) et un épilogue

Choix, traduction et commentaire André Markowicz

Inculte / dernière marge, 2015

samedi, 09 janvier 2016

Lu Yu, « Le vieil homme qui n’en fait qu’à sa guise »

Lu-Yu.jpg

« Me lamentant de manquer de vin (74 ans)

 

nul besoin d’endiguer le Fleuve Jaune,

nul besoin de déterrer les tripodes de la dynastie Chou

je souhaite seulement qu’à la maison le vin coule à ot,

jour et nuit ivre à ne pas m’en réveiller

nul besoin d’une coiffe grande comme une corbeille à vanner les céréales,

je souhaite seulement que mon corps soit robuste et en bonne santé,

et du matin au soir boire sans cesse du vin

la Création peu clémente,

chaque jour me met à l’épreuve,

faisant en sorte que, dans ma coupe en bronze,

des mois durant la poussière s’accumule

en cette vie, lorsque j’ai du vin pour la désinvolture je deviens sans rival

cent rouleaux manuscrits se remplissent comme si le vent et la pluie faisaient rage

la Création voudrait-elle m’embarrasser avec la sobriété,

la folie du vieil homme lorsqu’il est sobre, vous ne la connaissez pas encore »

 

Lu Yu

Le vieil homme qui n’en fait qu’à sa guise

Poèmes choisis et traduits du chinois par Cheng Wing fun & Hervé Collet

Moundarren, 1995, rééd. 2012

lundi, 06 octobre 2014

Lu Yu, “Le vieil homme qui n’en fait qu’à sa guise”

Lu-Yu1.jpg

 

étudiant les livres

 

à l’écart je me suis réfugié, au bord des fleuves et des lacs,

séjournant sagement au milieu du vent et de la pluie

le papier neuf à la fenêtre est extrêmement blanc

dans le poêle chaud le feu rouge vif rougeoie

marque-pages et étuis de livres je viens à l’instant d’arranger

la prononciation et la forme des caractères j’étudie en détail

si je ne meurs pas tout de suite et surmonte la décrépitude,

pendant dix années encore je me consacrerai à l’étude

 

Lu Yu

 Le vieil homme qui n’en fait qu'à sa guise

traduit du chinois par Cheng Wing fun & Hervé Collet

Moundarren, 1995

 

en remerciant Lambert Schlechter depuis Eschweiller