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mardi, 13 janvier 2015

Claude Rouquet, la dernière échappée - 13 janvier 2015, Chauvigny

les mots du frère pour l'accompagner

 

« quelle heure est-il dans mon corps ?

quel minéral rouge jaillirait si je me tranchais une veine… je ne sais pas… je ne sais pas…

 

ce que je vois ne peut déjà plus être chanté.

 

je me souviens d'une tête rebelle flottant près de la fenêtre.

mais la maison est remplie de gémissements, c’est bientôt le matin je ne me souviens de rien de plus.

 

ce que je vois ne peut déjà plus être chanté.

 

je recommence la fuite, la dernière, et je devrais y mourir les yeux ouverts, attentif à la moindre rumeur, au plus petit geste – attentif à la métamorphose du corps qui a toujours refusé l’ennui.

 

ce que je vois ne peut déjà plus être chanté.

 

je marche avec les bras levés, et avec la pointe des doigts j’allume le firmament de l’âme.
j’espère que le vent passera… sombre, lent puis j’y entrerai, scintillant, léger… et je disparaîtrai. »

 

Al Berto

Mort de Rimbaud

in Jardin d’incendie
traduit du portugais par Jean-Pierre Léger
L’Escampette, 1997

vendredi, 20 septembre 2013

Al Berto, « Le Livre des Retours »

al-berto5.jpg

« lève-toi et obéis à cet enfant que tu fus

va dans le désert de l’âge où le mensonge

ronge le paysage et colonise

ces pauvres images démantelées

 

le vol des oiseaux malheureux se détache de la terre

où le corps a conservé le chant lointain des lunes

des limons des sables et des premières eaux

 

ouvre maintenant tes paupières dans la pénombre de ta chambre

réveille le tigre blanc avec le sang tendre du sommeil

n’aie pas peur du déluge

où l’adolescent grandit et laisse le jour tranchant

basculer lumineux comme un poignard »

 

 

Al Berto
Le Livre des Retours

traduit du portugais par Michel Chandeigne & Ariane Witkowski
L’Escampette, 2004


Vingt-septième page pour fêter les vingt ans de L’Escampette