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lundi, 21 janvier 2013

Christine Lavant

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« Qu’il est bon que je sois cachée

et plus jamais ne sois visible.

Mon amande — en discorde avec la terre —

est montée de son plein gré dans la lune :

lors tu peux dormir sur tes deux oreilles.

Le lieu où nous nous sommes rencontrés

n’a jamais été vraiment dans le temps.

Pardonne-moi ce savoir

— pelure de la solitude.

Peut-être que, malgré cela, ton oreiller

est parfois au toucher comme couvert de rosée,

peut-être que, du haut de son perchoir,

le coq t’annonce de sa voix souvent trop perçante

qu’à nouveau le matin se lève, clair

comme le verre, au-dessus de ton toit,

quand toi, tu es très faible

et défait d’avoir veillé ?

Je ne suis pas celle qui lors te tourmente,

je suis la servante qui pèle des pommes

dans la lune et n’en mange aucune. »

 

 

Christine Lavant

 « L’Écuelle du mendiant »

in Un art comme le mien n’est que vie mutilée

 Poèmes choisis, présentés et traduits de l’allemand (Autriche)

par François Mathieu

 Lignes, 2009


 Merci à Lambert Schlechter, ici en compagnie de Christine Lavant, début des années 70