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zéno bianu

  • Zéno Bianu, « Connaissance de l’ombre »

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    « Je sais que la nuit va durer. La lumière déploie en une langue inconnue, effondrée — chaque mot est un paysage à l’horizon d’un alphabet en ruines — les gestes d’autres vies, soulève les blocs égarés dans le désert du nom.

     

     

    Oui, lorsque les morts brûlent de leurs derniers feux, je sais qu’il y a une profondeur de la profondeur, une obscurité plus obscure que l’obscurité même.

    Ultime refuge de l'ombre.

    Lente mélancolie du vide.

     

     

    Dire, mais dire comme secret : dire ce noyau sombre, étincelant, cette plaie lumineuse entre temps et éternité. Très ancien, très précieux trésor que le regard happe, sacre et cisèle. Oui, l’ombre sait boire les étoiles. »

     

    Zéno Bianu

    Connaissance de l’ombre

    à Passage, 1986

     

    Zéno Bianu est mort ce 9 janvier 2026

  • Lieou Ling, « Éloge de la vertu du vin »

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    Coupe libatoire en corne de rhinocéros, Chine, dynastie Qing

     

    « Pour le maître parfait

    Ciel et Terre ne durent qu’un matin,

    Les dix mille temps, un seul instant.

    Soleil et Lune sont ses fenêtres,

    Les huit déserts forment sa cour.

    Ses pas ne laissent nulle trace,

    Nulle part il ne demeure.

    Plafond de ciel, tapis de terre,

    Il suit son bon plaisir.

    Son repos : saisir la coupe.

    Son mouvement : vider la cruche.

    Le vin est son seul travail ;

    Il ne sait rien d’autre. »

     

    Lieou Ling – 221-300

    In La Montagne vide – Anthologie de la poésie chinoise IIIe – XIe siècle

    Traduite et présentée par Patrick Carré & Zéno Bianu

    Coll. Spiritualités vivantes, Albin Michel, 1987