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dimanche, 17 août 2008

(Carnet des morts), un travail en cours

autopor de MN chemin - .jpgJe coupe délicatement avec ma lame les pieds de moutons que je rencontre.
Je gobe des œufs volés sous le cul des poules.
Je tire les merles gras à la fronde.
J’attrape les vairons à la bouteille & à la mie de pain dans les déversoirs.
Je ramasse l’Helix pomatia, le véritable escargot de Bourgogne, impossible à reproduire en captivité.
Je dégomme les pies voleuses en chantant à plein poumons la Gazza ladra de Gioacchino Rossini qui a une très grande importance dans les Bijoux de la Castafiore .
Je cueille les derniers grains de raisin racornis par le botrytis.
Je vis dans la vie vivante qui ne se presse & ne me presse pas.

Je trouve ma consolation
Je trouve ce qui est juste pour moi & que je remonte dans les bouteilles du fonds des déversoirs avec la mie de pain & les vairons & qui éclaire ma marche le long de l’Armançon, entre les arbres, entre les eaux, entre le ciel & la terre, là où juste je suis en marche le long de l’Armançon, le long du canal de Bourgogne, près du sentier qui mène au secret.

La conscience de soi à un dos & elle ne le sait pas.

Je dors chaque jour un peu plus. J’ai tellement de sommeil en retard, me dis-je. Quand je m’endors, je me fixe toujours mentalement sur la même petite île, au milieu d’une rivière calme, avec la même petite & modeste cabane en son centre, avec le même simple lit recouvert d’un gros édredon bouton d’or. Où que je sois.
Le sac, sur lequel je pose ma tête pour le repos, sent la fleur d’oranger depuis que j’y ai brisé un tube en verre qui contenait une essence apaisante.
Parfois je marche la nuit. Les chiens aboient à n’en plus finir. Pourtant je passe loin des habitations. Je vois l’aube se lever & souvent je ne reconnais pas le paysage envisagé la veille car j’emprunte maintenant le chemin qui mène au monde peint par Mathis Nithart.

(travail en cours, extrait du chapitre V)

17:18 Publié dans Travaux personnels | Lien permanent

Commentaires

les morts s'attachent à nos épaules par l'arrière, et 'est là aussi que chuchote la voix qui écrit - nous le savons, et comment passer outre, sachant qu'ici est aussi le chemin de vie ? - et ce qui s'écrit dans le dos, via pointes et aiguilles, dans la "Colonie Pénitentiaire" de Kafka, ou même ces "Chimères" dans les Poëmes en prose de Baudelaire, c'est déjà cette figure n'est-ce pas ? en fraternité (au moins avec le texte, si vous me le permettez)

Écrit par : Bernard GB | lundi, 18 août 2008

Merci. C'est une bonne vision.
votre lien ne fonctionne pas, hélas. J'aurais aimé en savoir plus.
bien à vous

Écrit par : Claude | lundi, 18 août 2008

Les commentaires sont fermés.