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jeudi, 28 juin 2012

Deux raisons de s'inquiéter pour la poésie !

La pétition à propos de la mise à mal des commissions par M. Colossimo — ci-devant président — du Centre national du livre & la lettre du Centre international de Poésie Marseille à la mairie de Marseille qui supprime chaque année un peu plus son soutien.

Appel pour le retrait du projet Colosimo

 

Le fait qu’un nouveau président de la Commission Poésie du Centre National du Livre n’ait toujours pas été nommé à ce jour confirme qu’une liquidation de ladite commission est à l’étude. Elle ne sera pas présentée comme telle, bien entendu, il s’agira certainement de moderniser les structures inadéquates. Si ces manœuvres, engagées sous l’ère sarkozyste, devaient se poursuivre dans le bien plus « normal » encadrement actuel, ce serait le signe certain de la continuité programmée de toutes les régressions imposées par le Marché à la grande Culture. Nous écrivains, poètes, et éditeurs soussignés, estimons vital le maintien d’une commission Poésie afin d’éviter la domination d’un genre sur un autre : enviée par les poètes et écrivains de la plupart des pays, l’existence de cette aide a permis à de nombreux éditeurs, qu’ils soient puissamment implantés nationalement depuis longtemps ou qu’ils vivotent en Province grâce au bénévolat, de publier des livres qui n’auraient jamais pu voir le jour sans elle ; elle a permis à des poètes de ne pas mourir dans le plus total dénuement, et ce n’est pas une image. Mais il s’agit de bien plus que de la défense de ces livres passés et à venir : il s’agit de préserver un espace dans lequel notre langue puisse continuer à se questionner, à se penser, à se rêver. C’est pourquoi nous demandons le retrait de tout projet de “fusion des commissions”.


Premiers signataires

Nadine Agostini. Laurent Albarracin. Pierre Alferi. Jacques Ancet. Christian Arthaud. Edith Azam. Jean-Marc Baillieu. Jean-Christophe Bailly. Jacques Barbaut. Isabelle Barbéris. Michaël Batalla. Stéphane Batsal. Philippe Beck. Christian Bernard. Stéphane Bérard. Patrick Beurard-Valdoye. Daniel Biga. Julien Blaine. Philippe Blanchon. Eric Blanco. Jean-Pierre Bobillot. Philippe Boisnard. Oscarine Bosquet. Fabrice Bothereau. Yves Boudier. Frédéric Boyer. Magali Brazil. Christophe Bregaint. Pascale Breysse. Charles-Mézence Briseul. Mathieu Brosseau. Olivier Cadiot. Didier Cahen. Nicole Caligaris. Didier Calleja. Fabrice Caravaca. Benoît Casas. Laurent Cauwet. Claude Chambard. Sonia Chiambretto. Marc Cholodenko. David Christoffel. Michel Clavel. Françoise Clédat. Francis Cohen. Pascal Commère. Guillaume Condello. Benoît Conort. Jean-Gabriel Cosculluela. Marie Cosnay. Fabienne Courtade. Jean-Patrice Courtois. Jean Daive. Jacques Darras. Ludovic Degroote. Michel Deguy. Jean-Michel Delacomptée. Florence Delay. Henri Deluy. Philippe Denis. Maryline Desbiolles. Yves di Manno. Yann Dissez. Olivier Domerg. Suzanne Doppelt. Franck Doyen. Ariane Dreyfus. Eric Dubois. Patrick Dubost. Antoine Dufeu. Sylvie Durbec. Stéphanie Eligert. Antoine Emaz. Jean-Michel Espitallier. Etienne Faure. Claude Favre. Bruno Fern. Christophe Fiat. Bertrand Fillaudeau. Christophe Forgeot. Frédéric Forte. Dominique Fourcade. Alain Freixe. Alain Frontier. Jérôme Game. Christian Garcin. Isabelle Garron. Albane Gellé. Jean-Louis Giovanonni. Eric Giraud. Liliane Giraudon. Jean-Marie Gleize. Guy Goffette. Goria. Sylvie Gouttebaron. Fred Griot. Frédérique Guétat-Liviani. Gérard Haller. Georges Hassomeris. Alain Hélissen. Tristan Hordé. Eric Houser. Isabelle Baladine Howald. Antoine Jaccottet. Hugues Jallon. Alain Jeanmougin. Manuel Joseph. Jacques Jouet. Anne Kawala. Patrick Kéchichian. Ronald Klapka. Abigail Lang. Carole Lataste. Emmanuel Laugier. Frédéric Léal. Olivier Le Lohé. Claudie Lenzi. Samuel Lequette. Daniel Leroux. Pierre Le Pillouër. Hubert Lucot. Aurélie Loiseleur. Claude Lutz. Yves Mabin Chennevière. Sabine Macher. Eric Maclos. Cyrille Martinez. Jérôme Mauche. Nelly Maurel. Jean-Pascal Medurio. Dominique Meens. Michèle Métail. Ginette Michaud. Jacques-Henri Michot. Yvan Mignot. Michaël Moretti. Sandra Moussempès. Joseph Mouton. Jean-Luc Nancy. Sylvie Nève. Bernard Noël. Stéphane Nowak Papantoniou. Opaline Opalia. Jean-Pierre Ostende. Yves Pagès. Jean-Baptiste Para. Anne Parian. Florence Pazzottu. Charles Pennequin. Mathias Pérez. Pascal Perrat. Marc Perrin. Xavier Person. Eric Pessan. Eric Pesty. Serge Pey. Gérard Pfister. Jean-Claude Pinson. Emmanuelle Pireyre. Virginie Poitrasson. Emmanuel Ponsart. Pascal Poyet. Christian Prigent. Martine Pringuet. Franck Pruja. Dominique Quélen. Nathalie Quintane. Fabienne Raphoz. Shoshana Rappaport-Jaccottet. Yves Ravey. Alain Rebours. Katy Rémy. Elisabeth Rigal. Cécile Richard. Alain Robinet. Florian Rodari. Antonio Rodriguez. Jacques Roubaud. Claude Royet-Journoud. James Sacré. Caroline Sagot-Duvauroux. Jean-Luc Sarré. Isabelle Sauvage. Ryoko Sekiguchi. Françoise Stiegler. Gwenaëlle Stubbe. Nicolas Tardy. Yannick Torlini. Vincent Tholomé. Yoann Thommerel. Florence Trocmé. Françoise Valéry. Adeline Van Rompu. Véronique Vassiliou. Jean-Charles Vegliante. Alain Veinstein. André Velter. Didier Vergnaud. Christiane Veschambre. Pierre Vilar. Jean-Jacques Viton. Christian Vogels. Dorothée Volut. Vincent Wahl. Catherine Weinzaepflen. Gilles Weinzaepflen.


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Lettre ouverte
à l’Adjoint au Maire de Marseille,
chargé de l’action culturelle des musées, des bibliothèques et du Museum
M. Daniel Hermann


Suite à notre tract dénonçant les nouvelles baisses de subvention de la Ville votées pour notre structure, nous venons de lire votre première réponse dans un article de La Marseillaise, daté du 30 mai 2012.

Étrangement, votre discours est exactement le même que celui de l’année dernière, ainsi que celui de 2009, et pour le même motif… Moins 10 000 € en 2009, moins 30 000 € en 2011, moins 30 000 € à nouveau en 2012… et toujours les mêmes arguments…

Morceaux choisis :
• 30 avril 2008, Marseille L’Hebdo : «… le cipM ! Moi qui adore la poésie, je viens de découvrir ce lieu unique ».
• 23 juillet 2009, Libération : « Le cipM, je les ai baissés (…). Ils sont logés gratis et si je leur enlève 10 000 €, ils ne sont pas morts. Pourtant, j’aime bien la poésie. Mais ils peuvent faire un petit effort ».
• 28 février 2011, La Marseillaise : « Et comme le cipM est particulièrement bien financé par la Ville avec 230 000 €, j’ai un peu rogné leur financement ».
• 2 mars 2011, Marseille L’Hebdo : « Question subventions, le cipM est un des mieux lotis et ils sont logés gratuitement. Je dois rééquilibrer les budgets car la Région a diminué ses subventions à plusieurs associations ».
• 7 mars 2011, La Provence : « Ce n’est pas une attaque en règle contre la poésie ; d’ailleurs ils sont logés gratuitement à la Vieille Charité. Quand la Région enlève ses subventions, je suis bien obligé de compenser... Je rééquilibre, je prends un peu aux uns pour donner aux autres ».
• 30 mai 2012, La Marseillaise : « Le cipM n’est pas en péril quand j’enlève 30 000 € sur 490 000 € au total, en comptant les subventions de toutes les collectivités. Le cipM est très bien aidé, de plus il est logé gratuitement à la Vieille Charité, ils disposent de financement pour 2013 ».

C’est sans doute ce qu’on appelle le comique de répétition :
il ne nous amuse plus.



Quand vous répétez que « le cipM est très bien aidé », vous omettez de dire, que la Ville ne cesse de diminuer sa participation depuis plus de 15 ans (1996 : 305 000 € ; 2012 : 200 000 €) alors que cette structure est unique dans son genre, au niveau national comme au niveau européen. C’est ce qu’on appelle communément, et trop souvent à Marseille, gâcher une chance.

Quand vous dites que le cipM « est logé gratuitement à la Vieille Charité », vous passez un peu vite sur les tentative à répétition de la Ville, depuis 8 ans, de nous faire quitter ce site sur tous les prétextes, sans bien sûr vouloir même étudier sérieusement une possibilité de relocalisation… Or le cipM, créé à la demande de la Ville en 1990, est bien logé par elle depuis son origine.

Quand vous dites que le cipM « dispose de financement pour 2013 », vous semblez oublier que Marseille-Provence 2013 décide de façon indépendante de financer des actions nouvelles pour l’année 2013. Mais il est difficile de programmer des actions nouvelles quand le budget habituel d’une structure culturelle s’effondre, à la suite de vos choix. La Charte de Marseille-Provence 2013, que la Ville a signée pour obligation de respecter, précise bien pourtant que le budget est « constitué exclusivement de mesures nouvelles (...) sans réduction des budgets structurels préexistants ».

Pendant ce temps, notre structure se bat pour développer ses activités, trouver de nouveaux soutiens institutionnels – de la part de l’État, de la Région, du Département –, multiplier les partenariats avec des structures culturelles en France et à l’étranger.

Cette nouvelle accélération du désengagement de la Ville, moins 60 000 € en deux ans, n’est donc pas justifiable par vos approximations à répétition. Elle nie tout le travail de développement – structurel, financier et surtout culturel – du cipM, compromet la programmation 2012 engagée, et sape ses efforts pour 2013.

Aujourd’hui, nous nous interrogeons sérieusement sur les motivations réelles de ces diminutions. Nous ne vous demandons pas d’aimer la poésie, comme vous le dites souvent. Nous attendons simplement que vous soyez un élu sérieux et responsable, dans vos décisions comme dans vos propos.

C’est pourquoi nous vous demandons de corriger cette baisse de subvention dès 2012 et également, si cela vous est possible, un peu de respect pour le travail de fond mené par cette structure depuis 22 ans.

Emmanuel Ponsart et l’équipe du cipM

12:29 | Lien permanent

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