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  • Walter Benjamin

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    « Cet homme ne marche plus. Il refuse de se déguiser pour le carnaval mis en scène par ses contemporains — il a même laissé à la maison le bonnet du docteur en sociologie — et se fraye sans ménagements un chemin à travers la masse, en soulevant ici et là le masque d’un individu particulièrement effronté.

     

    […]

     

    Aussi notre auteur, comme de juste, reste-t-il pour finir un isolé. Un mécontent, pas un chef. Pas un fondateur : un trouble fête. Et si nous voulions nous le représenter tel qu’en lui-même, dans la solitude de son métier et de ses visées, nous verrions ceci : un chiffonnier au petit matin, rageur et légèrement pris de vin, qui soulève au bout de son bâton les débris des discours et les haillons de langage pour les charger en maugréant dans sa carriole, non sans de temps en temps faire sarcastiquement flotter au vent du matin l’un ou l’autre de ces oripeaux baptisées “humanité”, “intériorité”, “approfondissement”. Un chiffonnier, au petit matin — dans l’aube du jour de la révolution. »


    Walter Benjamin

    Un marginal sort de l’ombre (à propos des Employés de Siegfried Kracauer)

    Traduit de l’allemand par Pierre Rusch

    In Œuvres II, Folio Essais, 2000

  • Jacques Dupin

    Jacques Dupin, né en 1927, vient de mourir. Lire & relire toujours :

    http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=auteur&numauteur=64

    http://remue.net/spip.php?rubrique90

    http://www.youtube.com/watch?v=3rkYcZgT5MM&feature=relmfu

    http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-philippe-cazier/291012/propos-de-jacques-dupin

     

     

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    « S’en tenir à la terre, à l’écriture de la terre, et relever du feu — se lever avec le feu… notre rencontre future, des milliers de fois la première, et la seule… la rectitude, la syncope d’une seule nuit… des élans divergent qui se joignent dans l’épissure de la nuit, un cordage trempé, et le pas de l’un glissant sur le corps de l’autre à travers labours et forêts, déserts et glaciers…

     

    un pas, une enjambée, la dernière toujours — et la suivante, désaccordée, ici, tendue, entendue de personne… le pas qui gravit, qui marque la crête, le même pas descend au ravin… le même pas qui se tient plus haut, à l’aplomb de nous, vertigineux, et passe plus loin dans le souffle, dans l’attente du souffle et de la douleur… »

     

    Jacques Dupin

     Échancré

    P.O.L, 1990