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vendredi, 17 mai 2013

Lambert Schlechter, « La trame des jours »

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Lambert Schlechter sur le marché de Chauvigny le 4 mai 2013 © : C. Chambard

 

« En été, les corolles du lotus se ferment le soir pour se rouvrir à l’aurore. Chen Fou raconte que Yun, sa femme, avait coutume d’enfermer une pincée de thé dans un sachet de gaze qu’elle plaçait au cœur de la fleur. Elle le reprenait le lendemain matin, et le thé ainsi préparé, à l’aide d’eau de pluie réservée à cet usage, avait un parfum d’une exquise délicatesse.*

 

Chen Fou et Yun, à une table un peu plus loin ; tendres et souriants, buvant côte à côte un thé très chaud. Yun prend la tasse dans deux mains et boit de petites gorgées. Elle se tient très droite, cela met en valeur ses jolis seins. Chen a des lunettes assez fortes, fume, regarde Yun, sourit. Yun a des tresses qui partent du haut de la tempe vers la nuque où elles sont ramassées avec un nœud de tissu gris. Je regarde Chen & Yun — et je suis heureux qu’ils soient heureux. Quand ils font l’amour, ils sont calmes et tendres. (à l’aéroport de Londres) [Cahier Terminal Two’, octobre 1993, note N° 7] »

 

*Chen Fou, Récits d’une vie fugitive, Gallimard, Connaissance de l’Orient, dans le chapitre Les petits agréments de l’existence

 

 Lambert Schlechter

 La Trame des jours —Le Murmure du monde 2

 Éditions des Vanneaux, 2010

 

 Lire du même auteur, Lettres à Chen Fou, L’Escampette, 2011

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