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Mohammed Bennis, « Fleuve entre des funérailles »

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Lettres

 

« f.l.e

ce sont ceux-là que j’ai retrouvés isolés dans la moitié d’un cercle qui tournait dans un mouvement lié à la rotation du soleil ils avaient laissé une marque blanche à la chaux afin d’aviver le désarroi et pour qu’il ne reste de toute chose que de l’eau qui s’écoule tandis que les mots lui confient leurs désirs assurés de l’empreinte de leurs tatouages sur les âmes qu’habitent ceux qui passent

 

e.u.v

je t’ai déjà ordonné de mélanger l’eau au safran de teindre tous les ruisseaux en bordure du fleuve en bleu coupé de blanc et de plonger la charpente des ponts dans la rivière qui a forme de canal prends toute la quantité d’encre noire à ta disposition et entre avec en ville du côté du silence toute sa splendeur se verra

 

u.v.e

cette nuit ta brise t’accueillera comme elle a reçu avant toi l’étranger qui s’est enquis auprès du vieillard de ceux qui ne reviennent jamais de leur perplexité il ne lui a montré que des débris observe la raideur de ces deux battants de porte derrière il y a le chant des tiens au milieu de ceux qui avaient été surpris par la terre nue ils lui ont dit nous sommes venus à toi par temps de canicule et de froid extrême sans nous en soucier privés de toi nous ne sommes que miséreux »

 

 Mohammed Bennis

 Fleuve entre des funérailles

 Traduit de l’arabe par Mostafa Nissabouri

 L’Escampette, 2003

 

Vingt-neuvième page pour fêter les vingt ans de L’Escampette

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