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samedi, 17 octobre 2015

Guy Bellay, « Les Charpentières »

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© : Phil Journé

 

La rencontre

 

« Tu es la création des visages partis avec la buée sur les vitres que mes cheveux ont graissées.

Tu traversais le même massacre. Tu peux rappeler aux survivants qui en font l’événement de leur vie qu’il leur fut imposé.

Dans nos familles, la misère n’était pas seulement d’avoir peu de biens, mais la solitude maintenue, sous le bavardage des armoires, dans notre substance déchue.

Nous nous sommes croisés dans des livres dont je sortais les oreilles en feu, ayant reçu une volée de coups sans en rendre. Détruit, libéré, je chérissais des pages mieux conçues que les murs d’une maison : elles accueillent sans exclure, elles réconfortent celui qui passe de n’être réel que par intermittences. Dans leur estuaire se baignent des peuples toujours imaginaires.

Tu es ce que je suis – la trace d’une effusion. »

 

Guy Bellay

Les Charpentières

Le Dé bleu, 2002

 

http://www.mobilis-paysdelaloire.fr/magazine/actualites/in-memoriam-guy-bellay

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