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mercredi, 15 février 2017

Jean-Christophe Bailly, Jacqueline Salmon, « Rimbaud parti »

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© Jacqueline Salmon

 

« Ce serait aussi comme un film en noir et blanc : fondu-enchaîné débité en tronçons, chaque plan comme une feuille détachée, sans qu’au commencement soit le verbe. Rien, juste une chute ou une glissade, très vite, on récapitulerait : les herbes couchées sous le ciel, les arbres en avant des nuages, la ligne d’un chemin qui se perd ou s’interrompt, les trous d’eau sans nom, le gommage et les repentirs continus des masses d’air – torsades, franges, courants, tourbillons, lisières – l’histoire entière et sans fin recommencée de ce qui sépare l’eau claire de la boue et conduit de l’une à l’autre : quelqu’un, presque un enfant encore, là-bas derrière une lampe, et peut-être qu’il lit, ou écrit, il n’y a en lui et autour de lui aucun bruit, il fait tomber des pierres dans son silence, il est à lui-même son propre puits, il se déchire tout entier, il n’est plus là, il ne reste, impénétrablement, que sa mémoire. »

 

Jean-Christophe Bailly (texte)

Jacqueline Salmon (photographies)

Rimbaud parti

Marval, 2006

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