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mercredi, 29 avril 2020

Franck Venaille, « Pour en finir… »

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DR

 

Pour en finir, jamais souvenir d’enfance ce

Garçon au tablier noir est-ce vraiment moi ?

Pour en finir il faudrait que la faute, enfin,

Soit reconnue telle : tout cela dans une odeur

Forte de prêtre Le péché sent L’homme en

Noir également N’y touchez pas ! Ne mettez

Jamais plus votre chair contre celle de l’en-

Fant Que vous ne prendrez plus sur vos genoux

Pour finir, en terminer à jamais avec vous.

 

* * *

 

Nos blessures intimes demandent à s’asseoir près de

Nous sur le banc, avec une sorte de tristesse avide

Un besoin mélancolique de partager le chagrin du

Temps Que pouvons-nous pour elles ? Que faut-il

Leur dire ? Comment ne pas être touché par leur

Silence ? Sont-elles à la recherche de l’absolu, là

Où il se trouve ? Bercé par le corps qui souffre, lui,

D’avoir à leur parler comme on le fait avec des

Enfants fiévreux Dans un monde combien las !

 

* * *

 

Ô visages égarés sur la route du temps quand

Le corps entier tentait de découvrir qui il

Était vraiment Ô complicité de cette jeunesse

Qui ne fut jamais mienne, combien maladroit à la

Recherche des autres, voués, eux, à l’harmonie

Et moi suffoquant sous les mots serrés en gorge,

Ô gauche, amer, refusant tout contact avec la

Vie généreuse, celle de deux inconnus mêlés

Enlacés, découvrant ensemble les miracles ! »

 

Franck Venaille

Ça

Mercure de France, 2009

Commentaires

Cher et émouvant Franck! J'admire le poète et avais une grande affection pour l'homme.

Écrit par : Gil Jouanard | mercredi, 29 avril 2020

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