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  • Denise Levertov, « Le secret »

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    « Deux jeunes filles découvrent

    le secret de la vie

    dans le brusque vers d’un

    poème.

     

    Moi qui ne connais pas le

    secret j’ai écrit

    ce vers. Elles

    m’ont fait dire

     

    (par une tierce personne)

    qu’elles l’avaient trouvé

    sans préciser ce qu’il était

    ni même

     

    de quel vers il s’agissait. Sans doute

    maintenant, plus d’une semaine

    après, elles ont oublié

    le secret,

     

    le vers, le titre du

    poème. Je les aime

    d’avoir trouvé ce que

    je ne puis trouver,

     

    et parce qu’elles m’aiment

    à cause de ce vers que j’ai écrit

    et parce qu'elles l’ont oublié,

    si bien que

     

    mille fois, jusqu’à ce que la mort

    les trouve, elles pourront

    le redécouvrir dans d’autres

    vers

     

    dans d’autres

    événements. Et parce qu’elles

    veulent le connaître

    parce qu’elles

     

    présument qu’un tel secret

    existe, oui,

    pour cela

    avant tout je les aime. »

    Denise Levertov

    Un jour commence

    Traduit de l’anglais et préfacé par Jean Joubert

    Les cahiers des brisants, 1988

  • Denise Levertov, « La rose »

    denise levertov, la rose, un jour commence,jean joubert,les cahiers des brisants

     

    (pour B. L.)

     

     

    « Dans la verte Alameda, près des fontaines,

    un vieillard, les mains

    serrées derrière son pauvre dos

    à pas lents va de rose en rose, s’arrête

    pour méditer, respirer le parfum, et moi

    qui le suis à distance, je découvre

    la rose dorée, couleur d’abeille, odeur de miel,

    la rose rouge, contralto, les roses

    couleur de nuage à l’aube, de neige au clair de lune,

    couleurs que seules savent les roses,

    mais nulle rose

    comme la rose que je vis dans ton jardin. »

     

    Denise Levertov

    Un jour commence

    Traduit de l’anglais et préfacé par Jean Joubert

    Les cahiers des brisants, 1988