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  • Pascal Quignard, « Il faut peut-être dans la musique… »

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    Pascal Quignard, dans le jardin de Sens, août 2024

    © Claude Chambard

     

    « Il faut peut-être dans la musique, comme il faut peut-être dans l’amour, au moins une sorte de regret.

    Une nostalgie plus vaste que la joie que le plaisir donne. Un souvenir qui l’anime. Il faut quelque chose qui s’étend au-delà d’elle et qui ne puisse se maîtriser. Quelque chose qui rêve encore dans le sommeil du désir. Quelque chose qui attende au fond du corps. Quelque chose qui continue à espérer même quand tout vient faire défaut ­— le corps, l’heure, la force, la grâce, l’âge, la peur.

    Il faut un orient à ce qui manque.

    Dans le chant des oiseaux, c’est facile à trouver, c’est le soleil.

    Les oiseaux sont sûrs d’eux dans la leçon qu’ils donnent chaque jour. Ils sont péremptoires. Une interprétation qui ne se tourne pas en improvisation n’est pas de la musique.

    C'est l’aube. »

     

    Pascal Quignard

    L’amour la mer

    Gallimard, 2022

     

    Chaque année, pour mon anniversaire,

    je partage avec mes amis une page de Pascal Quignard.

  • Jack Spicer, « Un livre de musique »

     

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    « Arrivant à la fin, les amants

    Sont épuisés comme deux nageurs. Où

    Cela finissait-il ? On ne peut pas savoir. Aucun amour n’est

    Comme un océan avec le cortège vertigineux des limites des vagues

    Desquelles deux peuvent émerger épuisés, ni un long adieu

    Comme la mort.

    Arrivant à la fin. Plutôt, dirais-je, comme une longueur

    De corde enroulée

    Qui ne se déguise pas dans les dernières boucles de ses longueurs

    Ses terminaisons.

    Mais, diras-tu, nous aimions

    Certaines parties de nous aimaient

    Et ce qui reste de nous restera

    Deux personnes. Oui,

    La poésie finit comme une corde. »

     

    Jack Spicer

    « Un livre de musique (avec des paroles de Jack Spicer) », 1958

    in C’est mon vocabulaire qui m’a fait ça

    Traduit de l’anglais (États-Unis) par Éric Suchère

    Préface de Nathalie Quintane

    Le bleu du ciel, 2006

     

    Jack Spicer, né le 30 janvier 1925,

    est mort le 17 août 1965.