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lundi, 16 novembre 2015

Les voix de Jacques Roman

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« La cruauté rôde autour de la salle de bal. La mort peut toujours s’inviter à danser. C’est là où ma position est très radicale. Je suis inquiet des discours apocalyptiques qui toujours nous renvoient à la mort comme héroïne. Le danseur ne cesse de résister, et en somme dans une période critique danse pour maintenir une flamme. Qu’est-ce qu’on peut faire sinon maintenir une flamme ? C’est aussi la figure du veilleur qui est si fréquente dans mon travail. D’ailleurs à la fin des Lettres à la cruauté, il y a une adresse qui permet de renvoyer la cruauté dans les cordes. Ne pas céder au désespoir, ne pas céder aux sirènes apocalyptiques. C’est difficile de nos jours, si on lit le journal, si on écoute les informations, les propagandes… Des esprits faibles, il y en a beaucoup, et ils sont tentés de sombrer en passant notamment par la peur, et la peur étrangement les fait suivre le loup jusque dans la forêt. Quand je pense au loup, je pense au nationalisme, au totalitarisme. Les forces, les outils que nous avons pour résister, c’est aussi la joie, l’attention aux autres, c’est l’écriture, bien sûr, être en état de perception. »

 

Jacques Roman

Extrait d’un entretien avec David Collin

In Les voix de Jacques Roman

Études, dialogues, inédits récents.

Sous la direction de Doris Jakubec, Fanny Mossière et David Collin

L’Âge d’Homme, 2015

dimanche, 17 novembre 2013

« Tout dort en paix, sauf l'amour » sur la Radio Télévision Suisse

Chers amis,
Demain, lundi 18 novembre de 11h à 12h, je serai invité sur la Radio Télévision Suisse par David Collin dans l’émission “Entre les lignes” à propos de Tout dort en paix, sauf l’amour qui a paru début octobre au bleu du ciel et sur l’ensemble du Nécessaire malentendu et de son incise de l’an dernier Cet être devant soi aux éditions Æncrages & Cie avec des encres d’Anne-Flore Labrunie.
Pour ceux qui ne pourraient écouter en direct on peut podcaster.
Bon dimanche

http://www.rts.ch/espace-2/programmes/entre-les-lignes/53...

 

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dimanche, 02 juin 2013

David Collin, « Les cercles mémoriaux »

david collin, les cercles mémoriaux, l'escampette

David Collin, Chauvigny, 20 ans de L'Escampette, 4 mai 2013 © CChambard

 

« “Avec celui qu’on a décidé de devenir… ” Cette phrase tourna longtemps dans ma tête. Quelque chose m’attendait, c’était là, ça perçait, ça gravitait autour de moi avant de poursuivre son chemin, avant de creuser plus loin.

Et puis tout a disparu.

Je me suis réveillé dans un monde nouveau, aux côtés d’un homme que je ne connaissais plus. Moi-même, dépouillé de tout ce que j’avais reconstruit. Je me transformais. Je m’interrogeais sur le passé. Je me métamorphosais en me retournant sur l’inconnu que j’étais devenu.

Depuis que des bribes de mémoire étaient apparues, j’effectuais un double mouvement de perte et de retrouvailles. Dans une danse alternée. Au fil de mon immersion, deux images ou deux idées de moi-même, de ma personnalité se superposaient. Celui que j’avais été autrefois reprenait peu à peu sa place. Il s’infiltrait de partout, il menaçait. Mais s’agissait-il vraiment d’une menace ? J’avais deux missions. Résoudre les contraires, et concilier celui que j’avais été avec celui que je devenais — et qui n’était pas étranger à celui qui avait été. Des mouvements circulaires et parfois contradictoires balayaient mon esprit en tous sens. Ils parcouraient l’espace à la recherche d’un objet perdu.

Comment retrouver ce qu’on ne connaît pas ? »

 

David Collin

Les Cercles mémoriaux

L’Escampette, 2012

 

Vingt-deuxième page pour fêter les vingt ans de L’Escampette