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samedi, 14 juillet 2018

Arseni Tarkovski, « Jour blanc »

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Photogramme du film Le Miroir d'Andreï Tarkovski

 

« Une pierre est couchée dans le jasmin

Sous cette pierre est un trésor.

Mon père se tient dans l’allée

Blancheur blancheur du jour.

 

Un peuplier d’argent en fleurs,

Une cent-feuilles* et derrière elle

Des roses grimpantes,

Une herbe de lait.

 

Je ne connus jamais

Alors un tel bonheur.

Jamais un tel bonheur

Je ne connus alors.

 

Revenir là-bas c’est impossible

Et raconter mais nul le peut,

Comme fut rempli de béatitude

Ce séjour du paradis. »

 

* Rose constituée d'un très grand nombre de pétales.

Ce poème d’Arseni Tarkovski devait donner son titre au film de son fils Andreï, Le Miroir.

 

Traduit du russe par Christian Mouze

In « Andreï Tarkovski, Œuvres cinématographiques complètes II », Exils, 2001

Repris in L’Avenir seul

Traduction et présentation de Christian Mouze

Postface d’Anna Akhmatova

Bilingue

Fario, 2013

mardi, 20 octobre 2015

Lionel Bourg, « J’y suis, j’y suis toujours »

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« Rien ne devrait avoir de terme.

La route pas plus que le chemin.

La houle ample des gestes amoureux, le babil des nourrissons ni le vers du poème béquillant pied à pied, le bruit du cercueil que l’on cloue dans la poitrine, l’orage, l’averse ou, l’hiver, les merveilles de la neige.

Interrompant le pas, j’ai chuchoté deux ou trois mots à celle que j’accompagne.

Elle sourit. Me montra des cageots moisis, les cieux striés d’éclaboussures, une bicoque à cheval sur la voûte enjambant la rigole qui moussait sur l’asphalte.

Nos doigts s’unirent.

Nous fûmes émus. Un peu. Beaucoup. L’amour n’a pas d’âge. »

 

Lionel Bourg

J’y suis, j’y suis toujours

Fario, 2015

 

pour le 20 octobre 1990