UA-62381023-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 20 mai 2020

Salah Stétié, « Cinq poèmes de “Inversion de l’arbre et du silence” »

248-111125161922.jpg

DR

 

« Dans le cercle du cercle

Est le cercle, est le contenu du cercle

Endormi dans l’oiseau

 

Au bois très frais de la pluie effrayée

Contenu dans le contenu du doute

: Oiseau de pluie sorti

 

Le goudronneux l’oiseau

Enfermé dans le doute

Fils du deuil il rompt les fagots de pluie

*

Dans l’immortalité de ce mourir

Avec le bois renoncé de la forêt

Et la fillette et la violette et la craie

 

La brume ensemencée étant brume

Le soudain corps – brisé sa lampe : larme

Ô recueillie et prise aux cils errants

 

Le corps ayant brisé sa lampe

Une fillette a recueilli ce peu

De rien au désordre du verre

*

Quelle eau très pure

           près des larmes ?

 

Et qui retient l’éplorée d’une brume

Son bois tremblé

Luttant de ruse avec le rossignol

*

Le livre, le rompu, l’indécidé

En absolu théâtre

Et la poupée de son cri s’est éloignée

 

Voilée de vin, voilée de pauvre blé

Aux fins du pain inexpliqué, aux fins

, Livre enterré, du blé qui sera blé

 

Livre enterré dans la terre du livre

Comme poupée séparée de son cri

À l’aube, au tranchant vieilli des charrues 

*

L’herbe qui bruit, enfance

Avant mourir, source lavée

Par l’herbe uniquement, tenant

Un peu de neige au feu de la poitrine

 

La terre aussi : image

Atteinte à la pointe arquée de libellule

Avant la mort, centre

Au centre de cela inapparue

 

Puis parue Oh ! ô blé de transparence

Par le cristal du centre

Du centre de cela formé de neige

Au point du centre de cela (…) dans le souffle »

 

Salah Stétié

Inversion de l’arbre et du silence

Gallimard, 1980