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vendredi, 31 décembre 2021

Marc Guyon, « Volis agonal »

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Bourgogne 2019 © cchambard

 

 

« Au bord de la forêt la hardiesse devient tendre.

Des mers roses et fortes depuis la nue

quand l’herbe est un crin rare et parfumé

la coupole cachée mais le dessus clair,

des nuées si légères

avec le vent.

Près des champs

dans le repos s’établit le village.

Cela parle, à l’orée

de la ferme abandonnée.

Le roux et le vert

se constituent. À travers les plis

des navires passent avant l’orage

selon les destinées.

 

 

Paysages de parfums, voiles auréolées de mer, semées, rond d’un pelage, sur la prairie fière. Étais-je animal si doux ?

Le vent lance les cœurs. La semaine porte de feuille en feuille. Mais nous rêvions telle autre joie !

Prés du front rose de l’été. Beauté nous fut jouet, nous voguions par le destin.

À l’ombre calme sous le vent, puis dressés, légers. L’étendue d’une seule terre. »

 

Mac Guyon

Volis agonal

Gallimard, 1972

 

J’ai commencé à lire Marc Guyon dès ce premier livre jusqu’au dernier, le Voyage transparent en 1994. Huit minces livres, poésie, récit – je fus sidéré par le Principe de solitude, bref récit, sous forme de journal, d’un enfermé psychiatrique et par la haine de soi qu'y développait son narrateur – j’avais 28 ans et je commençais à fréquenter les vaniteux & ridicules qui m’ont fait souvent me détester moi-même. Le magnifique Ce qui chante dans le chant, fut de ceux qui me permirent d’oser parfois le poème ; on a de ces illusions n’est-ce pas… Et puis, Marc Guyon, coursier chez Gallimard, son éditeur, s'arrêta là, disparu du mundillo. Il vit quelque part dans le Jura — ou serait-ce dans la grande banlieue de Paris — aux dernières et imprécises nouvelles. C’est mince. Ses livres demeurent dans la bibliothèque et nous ferons passer d’une année l’autre.
Bonnes fêtes, chers lecteurs solitaires.