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lundi, 14 février 2011

Enrique Vila-Matas, Étrange façon de vivre

 

« Moi, j’étais un homme dont les jours particulièrement mémorables brillaient par leur absence. Mais, en ce jour d’hiver, tout avait l’air de se dérouler de façon parfaitement anormale, ce jour avait, semblait-il, pour vocation de se transformer en l’un de ceux que, avec le temps, notre mémoire finit par retenir comme des longues journées, et sur lesquels il nous arrive même — comme je le fais, depuis des jours, ici à Premià, à l’ombre de ce mûrier centenaire — d’écrire ; oui, nous écrivons sur eux, obsédés par ce jour où notre vie tout entière a pris, en quelques secondes, une orientation décisive, nous écrivons parce qu’il ne nous reste rien de mieux à faire que de nous en souvenir et nous écrivons que nous nous en souviendrons toujours. Nous ne vivons plus, nous nous contentons d’écrire sur lui : étrange façon de vivre. »

 

vila-matas,bourgois,gabastou,titresEnrique Vila-Matas

Étrange façon de vivre

Traduit de l’espagnol par

André Gabastou

Christian Bourgois, 2000,

réédition coll. Titres n° 97

 

13:05 Publié dans Écrivains | Lien permanent | Tags : vila-matas, bourgois, gabastou, titres

jeudi, 10 février 2011

Boris Pasternak, Le Poème en février

pasternak,robin,anarchie,jean-paul rocher,févrierTraduit par Armand Robin dans Poèmes de Boris Pasternak  aux éditions Anarchistes en 1946.

Réédité dans  le Combat libertaire par les éditions Jean-Paul Rocher en 2009.

 

 

 

pasternak1.jpgLE POÈME EN FÉVRIER

Février. Prendre un encrier, pleurer !
Dans les sanglots écrire sur février
Tout le temps que la goguenarde boue met
À devenir sur le printemps d’encre un reflet.

Prendre un cab. Pour deux tiers d’un rouble,
Via les sonneries au ciel, le cri des roues.
Rouler jusqu’où l’averse est alarme
Encore plus criarde qu’encrier, larme.

Tout autour, dans la neige fondante cent creux d’encre,
Bourgade par les freux croassants défoncée.
Et plus il y a de contingent, plus sûre en l’encre
Des sanglots la poésie est agencée.

dimanche, 06 février 2011

Bernard Manciet, Ampelos

Bernard_Manciet_04-Fellonneau-couve-4.jpgLe manuscrit de ce livre était sur la table de travail de Bernard Manciet lorsque la mort s’en est venue le chercher. Les dieux ont-ils pleuré ? Quelques vivants (pour encore peu de temps) sans aucun doute… La disparition de Manciet est la fin de quelque chose de plus grand que lui, la fin d’un modèle de résistance aux prés carrés. Mais l’arbre, qui parfois cachait la forêt, n’est pas encore coupé, c’est à peine si quelques feuilles sont recroquevillées. Les poètes occitans, des nouvelles générations, doivent trouver ici le modèle et savoir le dévorer et le dépasser.

Le chant, la célébration, la langue, n’ont pas de particularismes locaux, ils sont de toujours et maintenant, d’ici et d’ailleurs, dans toutes les langues, la grandeur de la poésie est à ce prix. Manciet l’avait bien compris. Ce dernier volume en est la preuve encore, au travail dans les langues, pour une unique réussite. « Il faut mourir en couleurs terribles – que cau color-morir pauruc », écoutez la langue chanter, « dormir ne pas dormir mais/rêver le rêve – dromir non pas dromir mès/saunejar lo saunei », écoutez la langue bruire, « dans la chair luisante de la nuit/le jeune impétueux se repose/il dort dans la vision/toutes les sources de sa chair/parlent dans la vieille parole – debs la carn lusenta de la nueit/lo hodre joen se repausa/que dròm dens la vision/las dotz tota de sa carn/parlan dans la vielha paraula », écoutez la langue éternelle de Manciet, c’est-à-dire la langue éternelle de la poésie du monde entier.


Claude Chambard


Bernard Manciet
Ampelos
Bilingue : français/occitan
Traduit de l’occitan par l’auteur et Guy Latry
14x21 ; 80 p. ; 13 €  – isbn : 978.2.914387.92.7
L’Escampette éditions

vendredi, 04 février 2011

Un jour de fatigue

Des mots de James Lee Burke pour viatique afin de ne pas sombrer (?)

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“Qu’est-ce que je peux dire ? On vit une époque de malades. Tu veux mon opinion ? Ouvre donc quelques colonies pénitentiaires au pôle Nord, là où vivent les pingouins. Débarrasse-toi de tous ces salopards de merde et ramène-nous donc un peu de propreté avant que la ville tout entière ne se transforme en chiotte.”

 

James Lee Burke

Dans la brume électrique avec les morts confédérés

 Traduit de l’américain par Freddy Michalski

Rivages, 1999

13:58 Publié dans Écrivains | Lien permanent | Tags : burke, fatigue, pingouins