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jeudi, 30 mai 2013

Lionel Bourg, « La croisée des errances »

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Lionel Bourg

La croisée des errances (Jean-Jacques Rousseau entre fleuve et montagnes)

Dessins de Géraldine Kosiak

La Fosse aux ours

184 p. ; 16 €


« La vie que l’on choisit — qu’on assume — n’est pas indifférente, pas autonome de notre perception de la souffrance comme de l’iniquité régnant parmi les hommes » écrit page 126 le meilleur camarade de Jean-Jacques qu’il me fut permis de rencontrer. Je suis fidèle à Jean-Jacques depuis l’adolescence, à Lionel* depuis notre grand âge. Et voici que depuis sa terre Lionel Bourg nous écrit son affection pour le marcheur qui jamais sans doute depuis qu’il écrivit son œuvre ne fut plus « moderne » , en plein dans l’actualité peu réjouissante de notre monde dont on dirait qu’il l’a anticipé. Ici nous suivons Jean-Jacques dans son incessant voyage, dans ses nuits à ciel étoilé, aux côtés de ses femmes — c’est compliqué —, dans son inlassable construction. Aimer et être aimé, trouver un havre de paix, une île — Saint-Pierre**­ —, marcher, penser, écrire, « En lui, cela gigote. Grogne, bouillonne. Quelque animal chafouin le ronge. Sa santé décline. La jeunesse l’abandonne. Il ne balancera plus : l’intelligence que l’on a du réel ne peut être que sensible ». Et la conscience sociale, très tôt, « fidèle à ses frères les plus pitoyables », alors qu’on brûle ses livres à Genève, lui, le solitaire, sans perruque, en manteau oriental et bonnet, sans montre, « jamais très content, ni heureux […] il ne répudie ni convictions ni songes ». On l’aime Jean-Jacques qui ne recule pas, qui écrit sur des cartes à jouer et qui marche — « L’espace qu’il dépeint garde partout la mesure de son pas. » — et l’on se glisse dans ce carnet de route pour un voyage interminable et salvateur en compagnie de deux bons camarades.

 

Claude Chambard

 

* Oui, Michel a raison : «  Il fallait bien que tu le fasses, un jour, ce bouquin. »

** regarder à ce propos le passionnant DVD du film de Christian Baudillon et François Lagarde. : Entretiens de l’île Saint-Pierre, dialogue entre Philippe Lacoue-Labarthe et Jean-Christophe Bailly, édité par Hors Œil, 2006


Cet article a paru initialement dans CCP 24

2ème semestre 2012

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