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jeudi, 30 octobre 2014

Antoine Wauters, « Sylvia »

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« Écrire dis-tu, mais à mi-mots, tout bas, pour qu’entre nous quelque chose soit, quelque chose reste qui, lui, ne mourra pas. Un lien. Une mémoire. Fragile.

Et chaque mot que j’écris veut ça : que ce qui s’achemine et court ou même le en droite ligne jusqu’à l’évanescence, ne s’efface tout à fait et reste, même gommé, blanchi ou légèrement jauni, à l’intérieur de moi. En moi. Comme odeur qui s’accroche, intacte, à vos vêtements : slips, chapeau, blazer, pantalons et chemises qui, je le crains, niront bientôt dans de grands sacs plastiques à fermeture Éclair, à moins que je ne les porte moi-même – je les porte moi-même.

Et chaque mot que j’écris – qui me maintient en vie et dans le même temps m’éloigne de la vie – me rapproche de vous. De toi Charles et de ton corps Armand, maintenant plus mince qu’un ballot de paille, un corps de petite lle ou la moitié du mien, corps vivant qui reste là : à moitié inconscient, ottant et ou, perdu et sans mémoire comme sont perdus et sans mémoire tes propres personnages, Sylvia. »

 

Antoine Wauters

Sylvia

Coll. Grands fonds, Cheyne éditeur, 2014

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