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mardi, 28 avril 2015

Walter Benjamin, « Fragments »

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« Les premières pages d’un livre ne se livrent jamais mieux que dans un lieu étrange (dans le train, dans un compartiment). “Lecture de voyage” – ce sont les livres dont la vie tient à l’excitation que procurent la couverture, le titre et la première page. Et aussi au fait qu’ils demandent à être coupés.

Les dernières pages d’un livre déjà connu, elles ne se donnent jamais autant que dans votre petit salon, le soir. Il y a des gens, et parmi eux certains qui possèdent toute une bibliothèque, qui n’abordent jamais un livre comme il conviendrait, parce qu’ils ne relisent jamais. Et pourtant ce n’est qu’en sondant une muraille à petits coups, en trouvant les endroits qui sonnent creux et vous arrêtent qu’on tombe sur des trésors que le lecteur que nous fûmes y avait enfouis. »

 

Walter Benjamin

 Fragments

Traduit de l’allemand par Christophe Jouanlanne et Jean-François Poirier

coll. « Librairie du Collège international de philosophie », PUF, 2001

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