Nelly Sachs, « Énigmes ardentes »

« Le temps vide est toujours
affamé
de cette épitaphe de l’éphémère —
Dans l’étendard de la nuit
enroulé avec tous les miracles
nous ne savons rien
si ce n’est que ta solitude
n’est pas la mienne —
Peut-être qu’une couleur verte réalisée en rêve
ou
un chant
d’avant-naissance sauront luire
et du pont-des-soupirs de notre langue
nous entendrons le murmure secret des profondeurs — »
1963
Nelly Sachs
Partage-toi, nuit
Traduction de l’allemand et postface de Mireille Gansel
collection Der Doppelgänger, Verdier, 2005