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mardi, 28 janvier 2014

Yoko Tawada, « Le voyage à Bordeaux »

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« 

Il existe un autre idéogramme signifiant répondre. C’est un cœur assis derrière un rideau, comme une dame de la cour qu’on ne distingue pas, on devine seulement sa présence. On ne voit pas sa bouche, on n’entend pas sa voix, mais la petite secousse du rideau laisse supposer que la dame de la cour parle. Le problème, c’est qu’au moindre coup de vent, on pourrait confondre et croire que la dame parle. »

 

Yoko Tawada

 Le Voyage à Bordeaux

 Traduit de l’allemand (Japon) par Bernard Banoun

 Coll. « Der Doppelgänger », Verdier, 2008

mercredi, 03 avril 2013

Rafael José Díaz, « Le Crépitement »

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les sept gorges

 

« Le volcan n’est pas un rêve. Nous en avons fait le tour

toi et moi, par les sept gorges sous le soleil

qui tournait plus lentement que nous.

 

Le volcan ne dormait pas. Il tenait compagnie

aux pas entre les fleurs, aux étreintes furtives

comme des incendies au bord d’un autre ciel.

 

Tu découvris pour moi deux oiseaux

qui conversaient embrasés sur les branches

brûlantes du feu ancien du volcan.

 

Le soleil ou l’œil ou le cratère

jetaient leur lumière et absorbaient

la seule lumière jetée par les paupières du rêve.

 

Paupières,

tes paupières,

prises au rêve des miennes.

 

Comme la toile d’araignée

que nous vîmes résister à la brise,

à la présence obscure du volcan,

de même, les fines paupières

cherchaient dans l’air le centre intact

de la vie et de la mort.

 

Demeure secrète de l’amour, où

tu  accourais de très loin, du centre

d’une toile tissée entre le soleil et le néant.

 

Il n’était pas un rêve, le volcan. Par les sept gorges

la lumière nous disait qu’il n’était pas un rêve

l’amour, que les yeux verraient d’autres lumières à l’ombre du rêve. »

traduit par Guy Rochel

 

Rafael José Díaz

Le Crépitement

Préface de Philippe Jaccottet

Traductions de l’espagnol par Jacques Ancet,

 Bernard Banoun, Roberto San Geroteo,

 Claude Held, Guy Rochel

 Bilingue

L’Escampette, 2007

 

Douzième page pour fêter les vingt ans de L’Escampette