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lundi, 07 mai 2018

Gérard Haller, « mbo »

AVT_Gerard-Haller_3383.jpg

DR

 

« […]

et la girafe zarafa et

la bête aux joues rouges de zara-

thoustra

 

oh et la chatte qui a vu jacques

derrida la voir le voir tout nu

oui tout chose d’être regardé

comme une bête lui aussi et

son chéri hérisson

 

vois : divin et pas / tout le méli-

mélo des corps oui tout l’innommé

peuple depuis toujours qui vient / es-

pèce par espèce et genres fa-

milles sous-familles et tout ce qui

s’ensuit et toujours de nouveau re-

lance tous les souffles

 

vois mbo : tous les animaux ici

avec nous qui s’essouflent et multi-

plient comme ça le ciel

 

tout ce qui vit tout ce qui a peur

la nuit et meugle miaule ulule

hurle brait brâme etc. et

appelle

 

mowgli tu te souviens et le mo-

queur des savanes et tout ça

 

le solitaire et le ver de terre

le ver luisant et le ver à soie né

bombyx mori et le nécrophore

fossoyeur

 

le lamie tisserand de son vrai

nom lamia textor

 

le messager sagittaire dit

le serpentaire dit le secré-

taire des serpents et l’oiseau maître

ès ritournelles des forêts plu-

vieuses d’australie dit sceno-

poïetes

[…] »

 

Un autre extrait ici : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2018/04/anthologie-p...

 

Gérard Haller

mbo

Harpo &, 2018

http://editionsharpo.blogg.org/

 

12:02 Publié dans Écrivains, Édition | Lien permanent | Tags : gérard haller, mbo, harpo&

mardi, 30 janvier 2018

Gérard Haller, « Le grand unique sentiment »

luttedejacobaveclange.jpg

Rembrandt, La Lutte de Jacob avec l'ange, 1659

Staatliche Museen, Gemäldegalerie, Berlin

 

« mains bras ailes

oh ailes

 

visage nu de l’un face au nu

de l’autre comme ça qui se présentent

ensemble le vide d’avant et l’intime

infini.

Le lointain : qui le font désirable

 

komm tu dis

 

c’est chaque nuit.

Nous nous prenons dans les yeux les larmes

plus loin nous nous implorons komm

prends-moi etc. et c’est chaque fois

comme si c'était la première nuit

sur la terre de nouveau comme

si c’était nous là-bas les deux

tombés nus du ciel et tu es là

je suis là tu dis regarde et tout

recommence

visage de l’un face à l’autre

dedans plus loin qui appellent

encore et encore

qui demandent la lumière

et tu me fais avancer dans toi

au bord et tu prends ma tête

comme ça dans ta main

et tu la poses sur ton sein

et tu dis mon nom

komm tu dis

et je suis toi de nouveau

dans le nu de ta voix

là-bas sans moi

et je ferme les yeux

 

[TEMPS]

 

tout le temps de l’étreinte

 

comme si c’était pour entendre

seulement ça qui appelle dedans

nous sans nom sans voix.

Nu seulement plus nu encore

et soudain c’est toi »

 

Gérard Haller

Le grand unique sentiment

Coll. « Lignes fictives », Galilée, 2018

http://www.editions-galilee.fr/f/index.php?sp=liv&liv...