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jeudi, 25 mai 2017

Isabelle Baladine Howald, « Les états de la démolition »

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© : cchambard

 

« Je t’entends parler, je ne comprends pas, ta voix ne suffit pas, j’entends, tu dis que c’est une maison petite

Le drap au-dessus, toujours essayer de dire.

Ces minutes entières, comme sans figure, contournée,

sans nom

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

… ne sais pas ce qui s’est éloigné

— branches sèches, tremblements

gestes épars sur les visages perdus —

ne sais pas

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

…dirait la voix vieillie, et je répèterai sans comprendre.

Il tentait de parler et n’y réussissait pas, cela encore

aujourd’hui où peut-être il n’essaie plus.

Comment céder, comment ne pas s’en écarter.

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Les maladies, la fatigue, ce qui m’use.

les nuits — je ne dors pas —

le tout à fait défiguré,

et rien pour y répondre.

Où allons-nous (je pense : mon ange),

ne dis rien du secret.

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Je t’envoie des cahiers, des cartes postales,

des livres.

Je veux des baisers, de la pluie.

Tournez-moi dans l’autre sens, que je puisse pleurer. »

 

Isabelle Baladine Howald

Les états de la démolition

Encres de Suzanne Obrecht

Jacques Brémond, 2002

 

Isabelle Baladine Howald est née un 25 mai.
Excellent anniversaire Isabelle.

mercredi, 15 juin 2016

Isabelle Baladine Howald, « Hantômes »

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© : cchambard

 

« le sommeil les baisers ferment les yeux

sans la mort

ta bouche dans ma bouche – même souffle   j’inspire

et expire ton souffle   ne les distingue plus   j’aimerais

 

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

 

     fermer les yeux

– je ne veux pas

fermer les yeux –

 

 

 

Le gris bleu violet de l’iris, inimitable, j’ai laissé

ses yeux entrouverts,

je pas, peux pas, fermé

 

 –––––––––––––––––––––––––––––––––––––

 

L’élégie est l’arrivée et rien qu’elle.

Hantômes est le livre pour les enfants, à leur place –

de morts.

Fente. Déplacement définitif.

 

 

Non remplacés, regarde l’espace entre le carton

inséré et les bords en métal ou en bois, flottant,

non remplacés, non remplacé l’espace, non remplacé

le cœur de lui, et de lui, et de lui. Flottant battements

inaudibles. »

 

Isabelle Baladine Howald

Hantômes

Éditions Isabelle Sauvage, 2016

mercredi, 05 décembre 2012

Une lecture de “Cet être devant soi” par Isabelle Baladine Howald sur Poezibao

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/12/note-de-lect...

 

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jeudi, 31 mars 2011

Isabelle Baladine Howald, "La Douleur du retour"

la_douleur_du_retour.png André du Bouchet est enterré dans le cimetière de Truinas, modeste commune de la Drôme. Philippe Jaccottet a consacré un livre à l’enterrement, à la mémoire de son ami poète, à ce qui les réunissait, au « chagrin qui est une espèce de joie », Truinas, le 21 avril 2001, aux éditions de la Dogana. Ce livre est absolument saisissant qui interroge la poésie devant la mort.

Quelques années plus tard Isabelle Baladine Howald – qui a lu le livre – a demandé à un couple de ses amis de l’emmener au cimetière de Truinas. Elle marche à petits pas, précautionneux ce qui lui donne une ampleur infinie que le paysage doucement lui restitue en l’acceptant absolument. Elle escalade le muret « un carré d’herbe entre ces vieux murs, une douzaine de tombes éparses ». Le nom sur une ardoise, l’écriture toujours. Que peut la poésie ? Déplacer « vers l’exactitude dans le déplacement lui-même. » C’est tout l’enjeu de ce mince livre qui s’inscrit résolument dans la réflexion que mène Isabelle Baladine Howald « comme sous l’effet d’un souffle » et que son écriture, si personnelle – fragile, friable, souple… – nous restitue  – sens, forme, langue, sentiment. Indispensable en ces temps de disette.

Claude Chambard

 

Isabelle Baladine Howald

La Douleur du retour

La Cabane

20 p. ; 6 €

http://www.editionsdelacabane.fr/