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dimanche, 08 juin 2014

Julien Blaine, « Thymus »

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© : Claude Chambard

 

« Par exemple, à partir de cette constatation d’une banalité confondante et vérifiée, ce jour d’été, dans un des vallons des sources du Verdon :

Mon ombre disparaît sous les nuages.

Ce n’est qu’une constatation d’un pas-encore-tout-à-fait-vieil-homme qui marche dans un sentier de berger en montagne.

La petite phrase ; chacun va la charger un max…

On va y aller à fond dans la métaphore, et comme cette simple remarque est universelle : nous possédons tous une ombre (affirmation soumise à condition) et il y a partout des nuages.

Mais que va lire le lecteur qui aime la poésie arabe ou perse ? Et que va lire le lecteur qui aime tant la poésie t’ang ou le haïku ? Ou celui qui se passionne pour les textes d’Edgar Allan Poe ou de Villiers de l’Isle-Adam…

Et déjà j’imagine le sens caché qui sera dévoilé par mes lecteurs préférés !

 

Le ciel était très fort, le soleil très dru et le nuage très mobile. Et moi, sous les trois, je montais, appuyé sur mon bâton, vers la crête, accompagné par la ribambelle de mes petits enfants. Voilà.

 

Cette phrase, aussi, chacun va la charger un max. »

 

Julien Blaine

Thymus

Le Castor Astral, 2014

 

mercredi, 19 septembre 2012

Julien Blaine, bon anniversaire !

julien blaine


« D’une voix tonitruante et lourde (dont j’ai le secret) le futur spectateur-auditeur entendrait un texte puéril et juste :


La création est le fruit de l’inculte :

Comment celui-ci qui écrit

pourrait-il lire et lire ?

Comment celui-ci qui peint

pourrait-il regarder et regarder ?

Comment celui-ci qui compose

pourrait-il écouter et écouter ?

Comment celui-ci qui bâtit

pourrait-il visiter et visiter ?

Comment celui-ci qui fait

pourrait-il analyser et étudier ?

Comment celui-ci qui crée

pourrait-il considérer et considérer ?

La création est le fruit de l’inculte.

 

Puis après un silence que je vous laisse imaginer (le public : bourdonnement, bruissement, brondissement, craquètement, gargouillement, gazouillement, gémissement, grognement, grondement, hurlement, vagissement, vociférations, ronron.)

des enregistrements de tous les bruits (voir supra –plus flic ! flac ! floc !) des enregistrements vrais pris en pleine nature :

 

de la mer :

vagues,

lames,

tempête…

de la terre :

ruisseau

torrent,

fleuve,

cascade,

chute

du ciel :

pluie,

averse,

orage…

pour renoncer à la barbarie

renouer les débris des chants premiers :

renoncer

renouer

renoner

renoucer.

 

Alors, alors seulement, j’imiterai le chant de la mer en trois mouvements, le chant de la terre en cinq mouvements et le chant du ciel en trois mouvements. »

 

 

091119110612-du-sorcier-v-au-magicien-m.jpgJulien Blaine

Du sorcier de V. au magicien de M.

Galerie Roger Pailhas, 1997


photo de Julien Blaine
© Claude Chambard

 

16:04 Publié dans Écrivains | Lien permanent | Tags : julien blaine