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  • (Carnet des morts), un travail en cours

    autopor de MN chemin - .jpgJe coupe délicatement avec ma lame les pieds de moutons que je rencontre.
    Je gobe des œufs volés sous le cul des poules.
    Je tire les merles gras à la fronde.
    J’attrape les vairons à la bouteille & à la mie de pain dans les déversoirs.
    Je ramasse l’Helix pomatia, le véritable escargot de Bourgogne, impossible à reproduire en captivité.
    Je dégomme les pies voleuses en chantant à plein poumons la Gazza ladra de Gioacchino Rossini qui a une très grande importance dans les Bijoux de la Castafiore .
    Je cueille les derniers grains de raisin racornis par le botrytis.
    Je vis dans la vie vivante qui ne se presse & ne me presse pas.

    Je trouve ma consolation
    Je trouve ce qui est juste pour moi & que je remonte dans les bouteilles du fonds des déversoirs avec la mie de pain & les vairons & qui éclaire ma marche le long de l’Armançon, entre les arbres, entre les eaux, entre le ciel & la terre, là où juste je suis en marche le long de l’Armançon, le long du canal de Bourgogne, près du sentier qui mène au secret.

    La conscience de soi à un dos & elle ne le sait pas.

    Je dors chaque jour un peu plus. J’ai tellement de sommeil en retard, me dis-je. Quand je m’endors, je me fixe toujours mentalement sur la même petite île, au milieu d’une rivière calme, avec la même petite & modeste cabane en son centre, avec le même simple lit recouvert d’un gros édredon bouton d’or. Où que je sois.
    Le sac, sur lequel je pose ma tête pour le repos, sent la fleur d’oranger depuis que j’y ai brisé un tube en verre qui contenait une essence apaisante.
    Parfois je marche la nuit. Les chiens aboient à n’en plus finir. Pourtant je passe loin des habitations. Je vois l’aube se lever & souvent je ne reconnais pas le paysage envisagé la veille car j’emprunte maintenant le chemin qui mène au monde peint par Mathis Nithart.

    (travail en cours, extrait du chapitre V)

  • (Carnet des morts), un travail en cours

    Photo 24.jpgLe piano. La voix.
    Ronsard – partition.
    Le bruit du feu qui s'éteind dans les nuages.
    L’histoire comme invention de soi, l’heure bleue, les yeux ouverts, morts.
    Toujours plus vif. Face à face. Couronne de mariée & corps de lecteur.
    Mains fripées & sexe faillit. Fictions dédoublées. Passions enchevêtrées & cruelles.
    Faux dehors, j’ai peur. Je suis l’émeutier solitaire, j’ai peur, j’espionne, j’ai peur, je ne prierai pas dans l’orage, j’ai peur, tout ruisselle, tout déborde, j’ai peur, faux dehors, j’ai dehors peur, je suis égaré, perdu, j’ai peur dans ma traduction.
    La vie est une poussière de papillon que n’accroche pas les doigts.
    J’ai dans l’oreille l’orgueil du vol d’un papillon. Cet orgueil de jadis, d’hui & de demain, immesurable. Une volupté.

    (travail en cours, extrait du chapitre III)

  • (Carnet des morts), un travail en cours

    IMGP0569.JPGC’est ici que l’homme a trouvé sa langue. L’homme né d’une secousse, perdu dans la parole, trouvé dans la langue. C’est le Voyage d’hiver : Fremd bin ich eingezogen, / Fremd zieh' ich wieder aus.  La nature ne s’est pas seulement rétractée, elle s’est reproduite sans précaution. C’est vers la mort. Dans le cabinet sombre. Près des fleurs invisibles. Les longs cheveux blancs. Les mains croisées, le sourire bienveillant. C’est le cœur de la relation, personne ne peut y assister. Peut-être seulement les âmes errantes des ancêtres qui veillent dans ce rien qui est l’espace de la mort.

    Ce n’était rien, une petite chose, une laisse de langue, un vieil objet oublié mais rare.
    À peine un chant dans le Parc Rivière. Un rire d’enfant.

    La voix est toujours plus douce que l’on croyait se souvenir. C’est un sortilège sans doute. Une conjugaison improbable, mais admirablement modulée.
    Espacer les lettres c’est leur donner le rythme qui permettra peut-être le chant.
    Espacer les lettres c’est leur offrir un peu du silence qui, tout à l’heure, les fera sonner plus sauvages, plus loquaces mais plus précises peut-être…

     

    (travail en cours, extrait du chapitre II)

  • Marcel Proust

    1q50oiuy.jpg« Car l’homme est cet être sans âge fixe, cet être qui a la faculté de redevenir en quelques secondes de beaucoup d’années plus jeune, et qui entouré des parois du temps où il a vécu, y flotte, mais comme dans un bassin dont le niveau changerait constamment et le mettrait à la portée tantôt d’une époque, tantôt d’une autre. »


    Marcel Proust
    La Fugitive
    Gallimard

  • Arthur, 20 ans

    22:08:1988012.jpg

    Arthur a 20 ans aujourd'hui.

    Nom d'une pipe !

    Bon anniversaire Arthur.