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  • Françoise Clédat, "Petits déportements du moi"

     

    françoise clédat,petits déportements du moi,tarabuste« Le monde s’éclaire dans sa forme existe

    n’existe pas

     

    Je dis à l’ami je dis à rené le doute vaincu par

    la douleur

    en douleur de douleur ne doute

     

    Si douleur existe manifeste manifestation d’organe n’est-ce pas la preuve je dis à rené je dis à l’ami n’est-ce pas la preuve

    qu’amour existe et joie

    sans organe

     

    Je vis une histoire d’amour

     

    Dans l’histoire que je vis existe / n’existe pas en existe / n’existe pas trouve

    unité complétude

     

    Je dis à rené je dis à l’ami me vois-tu me rapprochant de ce je ne sais pas amour à lui-même uni comme doublement d’avoir été ne doute

    réel l’enlacement

     

    Qu’ab / sens maintient

    possède sensué tous les attributs

    me vois-tu je dis à rené je dis à l’ami me vois-tu experte à te les décrire

    attributs de la présence qui n’est pas ne rien décrire de l’absence qui est

     

    Vers se dissoudre

    Me revient mode d’être

     

    Je vis une histoire d’amour »

     

    Françoise Clédat

    Petits déportements du moi

    Tarabuste, 2012

     

  • Jeanne Gatard, "La grande sieste"

     

    Jeanne-Gatard.jpg« La grande sieste rend le temps plus leste. Elle est au milieu, au centre du noyau, essieu immobile. Léone y entrecroise vite le fil, haridelle repliée, genoux au menton, les bras croisant le tout, sphynge au maigre séant avec une ridelle au bas du front là où les hindoues incrustent la perle.

     

    La fatigue ne prouve rien, la preuve n’existe pas, rien n’est gagné à jamais, elle le sait, mais elle tend ses périples en quête d’on ne sait quoi, en forme de lieu blanc comme si la somme se faisait après, juste un peu tard.

     

    Extravagante d’exigence la grande sieste lève le sommeil dans l’immobile, vise le cap loin au large, de l’autre côté de l’horizon, garde la ligne.

     

    Léone regarde l’air bleu. Le carré bleu est le même au dessus des captifs où qu’ils soient.

     

                        Assis sur le canot, il regarde

                       Son carré bleu en haut de la mer.

     

    Les corps sans tige dérivent sur les cartes de la mer, Léone y cherche l’amer.


    On suicide ceux dont le désir, déborde la raison, azur et gouffre, une liberté après. Après, le vertige d’absence, la liesse des autres. »

     

     

    Jeanne Gatard

    La grande sieste

    Dessins de l’auteur

    Tarabuste, 2006

     

     

    Merci à Judith.