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mardi, 18 février 2014

Michaël Glück, Anik Vinay, « Tour Aurore, place des Reflets »

Vinay_gluck.jpeg

 

I
quai d’une gare

l’attente d’un train

la patience minutieuse

 

les pas

le long le large

la geste des voyageurs

 

les talons hauts

près des valises

 

 

VII

 

la destination

l’adresse de la langue

 

une flaque d’eau

un nuage entre les rails

j’attends

 

tu es là dans le jour »

 

Michaël Glück

Tour Aurore, place des Reflets

avec une gravure d’Anik Vinay

130 exemplaires numérotés et signés. Achevé d’imprimer en juillet 1987 par l’Atelier des Grames, 9e titre de la collection « Les Florets » animée par Gil Jouanard. Exemplaire : 35

Atelier des Grames

 

lundi, 16 juillet 2012

Gil Jouanard, "L’œil de la terre"

 

Jouanard Gil.jpg« Lorsque l’hommes s’avisa de passer de l’état de nature à l’état de culture, il se ménagea des espaces intermédiaires, qui lui permettaient de garder un pied dans le vaste monde tout en sécurisant ses mœurs et ses réflexes aux abords d’un “chez soi”. Déjà, il avait inventé la campagne, compromis entre la luxuriance de la planète, indifférente à tout, et son propre ego implosant d’intentions et de désirs. De moyen terme en pis aller, il en vint enfin, parvenu aux confins de la protohistoire, à concevoir ce modèle réduit d’univers que constituera désormais le jardin. D’abord franchement utilitaire, celui-ci ne tarda pas à joindre l’agréable à l’utile et, sans négliger l’usage potager et fruitier, il se mua en microcosme ornemental, voué à l’agrément des sens et au repos de l’esprit. Peut-être convient-il même de considérer que c’est le jardin qui a inventé l’homme moderne, quelque part entre la Grèce ancienne et l’Andalousie médiévale. Et qui sait s’il ne faut pas attribuer au jardin, justement dit “d’amour”, cette disposition affective et mentale qui, à travers la courtoisie occitane devait bouleverser à jamais les mœurs européennes, voire même inventer l’Europe ? Morcelant l’espace, n’est-ce pas le jardin qui, de la sorte, proposait ainsi à l’humain naturellement grégaire l’image révolutionnaire de l’individualité ? »

La Mare, ce 7 août 1993.

 

Gil Jouanard

L’œil de la terre

Fata Morgana, 1994