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lundi, 08 août 2016

James Sacré, « Des pronoms mal transparents »

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© : Brigitte Palaggi

 

« Je sais mal comment la rêverie arrondit un vert en forme de pré ; on irait dedans avec une allure de promenade ou bien c’est qu’on serait venu voir comment les châtrons profitent. On fait les maniements pas forcément d’un toucher sûr, mais ce qui compte c’est plutôt l’ombre des arbres qui grandit en cette fin de dimanche et la couleur des luzernes, celle du voisin est bien fournie. Un peu plus tard une perdrix appelle.

Une joue pense au volume du temps : le cœur vivant, la mort, est-ce que c’est pas comme un peu cette solitude autrefois, silence, en l’après-midi d’un dimanche perdu entre des buissons ? 

 

[…]

 

Quelqu’un voulait dire c’est la solitude, ma solitude.

Mais c’est la solitude à personne seulement le temps qui,

Un dimanche, et la lenteur.

Quel souvenir est-ce qu’on entendrait sinon

Un bruit qui revient dans quelques mots

Dans un cœur défait ? on se demande.

Le temps est là toujours tout seul.

Quelqu’un veut dire et c’est personne sauf

Comme un sourire qu’on mélange un peu à la misère, pas bien. »

 

James Sacré

Une petite fille silencieuse

André Dimanche, 2001

repris in Figures qui bougent un peu

Préface d’Antoine Emaz

Poésie / Gallimard, 2016

Commentaires

toujours étonnante écriture celle de James Sacré; m'y plonge souvent, avec grande émotion, sans pathétique...

Écrit par : michaël glück | mardi, 09 août 2016

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