UA-62381023-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 01 janvier 2017

Lorine Niedecker, « Louange du lieu »

lorine niedecker photo.jpg

DR

 

« J’ai marché

le jour de l’an

 

près des arbres

que mon père disparu avait plantés

 

régulièrement le long

de la route

 

Chacun

            parlait »

 

Lorine Niedecker

Louange du lieu et autres poèmes

Traduit de l’anglais (États Unis) par

Abigail Lang, Maïtreyi & Nicolas Pesquès

Corti, coll. Série américaine, 2012

 

Avec tous mes vœux pour l’an 2017. Que le pire nous soit évité & que le meilleur nous soit joie.

 

dimanche, 15 mai 2016

Emily Dickinson, « Y aura-t-il pour de vrai un matin »

emily-dickinson.gif

« Je n’oserais pas quitter mon ami,

Parce que — parce que s’il venait à mourir

Pendant mon absence — et que — trop tard —

J’atteigne le Cœur qui me désirait —

 

Si j’allais désappointer les yeux

Qui fouillaient — fouillaient tant — du regard —

Et ne pouvaient supporter de se clore

Avant de m’“apercevoir” — de m’apercevoir —

 

Si j’allais poignarder la foi patiente

Si sûre de ma venue — de ma venue –

Qu’écoutant — écoutant — il s’endormirait —

En prononçant mon nom attendu —

 

Mon Cœur souhaiterait s’être brisé plus tôt —

Car se briser alors — se briser alors —

Serait aussi vain que le soleil du lendemain —

Là où étaient — les gels nocturnes ! » (1861)

 

Emily Dickinson

Y aura-t-il pour de vrai un matin

Traduit et présenté par Claire Malroux

Corti, 2008

dimanche, 24 janvier 2016

John Ashbery, « Le serment du Jeu de Paume »

MTE5NDg0MDU0ODgzNzYzNzI3.jpg

« Le ticket

 

L’expérience de t’écrire ces lettres d’amour…

Clôtures inconcluantes, rien, pas même, de l’eau dans tes yeux, l’air de tout et de rien

Le jardin dans la brume, peut-être, mais l’égocentrisme compense tout ça, les caroubiers en hiver, blanchis

Sa main ne menant nulle part. La tête dans le jardin, des érables, une souche vue à travers un voile de bouteilles, ruptures –

Tu n’avais nulle permission d’entreprendre quoi que ce soit, t’efforçant d’exécuter les ordres déments que l’on t’avait donné de raser

La boîte, rouge, drôle d’aller sous terre

Et, méfiant sans raison, boue du jour, le plaid – j’étais à tes côtés là où tu veux être

Là-bas dans la petite maison occupé à t’écrire.

 

Bien qu’ensuite les larmes aient l’air de putois

Et position difficile que la nôtre d’illuminer le monde

D’effroi, enrageant de bouillie, encore la souche

Et comme toujours par le passé

Le regard scientifique, parfum, millions, rire géant

C’était là une échelle mais pas celle de vérités incertaines et innocentes, la branche effleurant –

Jusqu’à un fossé de vin et cuves, éclaboussant le poster de sang, télégraphe, tout le temps

Absorbant automatiquement les choses, celles qui n’avaient pas été gâtées, sordides. »

 

John Ashbery

Le serment du Jeu de Paume

Traduit par Olivier Brossard

Coll. Série américaine, Éditions Corti, 2015

dimanche, 22 février 2015

Maël Guesdon, « Voire »

guesdon.jpg

 

« Entendre la chose se casse — après tout. Tu sais comment trouver.

Sortons. Il n’y a pas de refuge, de souvenirs connus. Sortons de tes bras — le sol. Jamais ne recommence.

La danse se
ge d’effroi où débute la danse. Juste du temps. Ferme les yeux sur ce qui s’échappe, cela ressemble à toi enfant.

 

 

Il rentre, devine son ombre. C’est un même couloir pour venir et partir. Le bruit présent : un même couloir pliant le sort à l’extrémité.

Là — revoir les gestes. Sans forme disent c’est la clé. »

 

 Maël Guesdon

Voire

 Éditions Corti, 2015

http://www.jose-corti.fr/titresfrancais/voire-mael-guesdon.html

12:37 Publié dans Écrivains, Édition | Lien permanent | Tags : maël guesdon, voire, corti

mercredi, 26 juin 2013

Caroline Sagot Duvauroux, « Le livre d’El — d’où »

sagot1.jpg« Chaque phrase retombe pour que retentisse le récit. Mais dans chaque phrase il y a beaucoup de phrases suspendues chevauchées coupées qui cherchent au large à fuir l’énoncé.

 

Palpite encore au dépôt, le sanglot.

 

Les mots du poème cherchent dans l’affinité avec la chose dont ils se séparent, le retour, la conversion dans la propulsion. Que la chose les expulse, soit, les exile, mais aussi les suinte, les épouse, les jouisse… rosée. Un instantané que révèle l’eau jaillissante. Un baptême de rosée ? La phrase cherche à exister quelque chose plus qu’à exister. Un écho rote sous la phrase les quelques mots qui font la phrase. Les sanglots des rouleaux qui n’aborderont pas. Ça remonte d’un mufle extravagant, ça reflue d’abordage, la langue du sanglot.

 

Une cantatrice soulève un peuple de clapots. »

 

 

Caroline Sagot Duvauroux

 Le livre d’Eld’où

 José Corti, 2012

vendredi, 15 mars 2013

Lorine Niedecker, « Louange du lieu »

23_Niedecker_lorine.jpg

Nuit d’automne

 

« Zézaiements et zizanie

de feuilles sèches

“Dis-moi tout

de la rainette des bois”

Ami

 

dont le petit garçon

marche maintenant

“Nuit sans étoile”

remémore les étoiles

ces scintillantes causeries


*


Ciel

favorable

 

pour filer

en ville dans la foule

mon chez-moi

 

et Bashô

dans la tête »

 

 Lorine Niedecker

Louange du lieu et autres poèmes

 traduit de l’américain  par Abigail Lang,

 Maïtreyi & Nicolas Pesquès

 Corti, 2012