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samedi, 18 août 2018

Jacques Dupin, « Lises lisières liseron »

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© Jan Voss

 

« la vigne serait claire le raisin lourd

comme si le malheur n’avait plus de prise

quand il nous atteint, et qu’il nous serre

dans la séquence infinie de sa venue

de son retour – et c’est toi que je dévisage

il y a des papillons blancs sur tes lèvres

et devant tes yeux, avec les appelants

de la foudre, les prémices d’un désastre clair

frange d’ébriété d’un sol d’humus et de feuilles

où je sombre en m’allégeant de l’odeur

toi et moi nous étions sur le point d’atteindre

cette précocité rayonnante, ce survol

éphémère plus loin que le fond du ciel »

 

Jacques Dupin

Rien encore, tout déjà

Xylographies de Jan Voss

Fata Morgana, 1990

lundi, 13 août 2018

Jacques Dupin, « Orties »

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DR

 

« Le poète – il n’existe pas –

est celui qui change

de sexe comme de chemise

 

 

une humide contre une sèche

une rose contre un caillou

et vice vers…

                      précipice

un feu de branches déjà vertes…

 

 

quelles fleurs pourraient surgir

rien ne presse

 

que le pas

                 l’ombre

qu’il jette »

Jacques Dupin

in Le grésil

P.O.L, 1996

vendredi, 10 août 2018

Jacques Dupin, « Matière du souffle »

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DR

 

« L’ambiguïté de l’empreinte : être le présent d’une image ou d’un signe, la marque brûlante, – et ensemble distance de l’une, absence de l’un, – une vieille histoire racontée marmonnée sans fin, et l’éclat de son futur imminent… Le battement de sa mort suspendue, sa dérogation d’être ici, son sursis, un élargissement de condamné, sa proximité, son éloignement, la barre, la ligne surchargée graffitée de son horizon…

 

Une image dont la violence (la témérité de la coupe) est comme inhibée, fortifiée, prolongée dans son éclat – par ce qui l’entame et l’incise, l’infléchit, l’enrobe et la brouille… Trop prompte, trop vite levée, pour être coupée de l’enclave nourricière, de la terre aveugle, et de la pensée du double…

­——————————————————————————————————

Il s’en faut d’une montagne ouverte, et d’un corps de bête frôlée, de femme désirée – entre blessure, tatouage, rituel et sauvagerie… le même lancinant étirement d’un songe, et la trace accolée du double et de la proie, devant la béance de la montagne et la nuit des yeux de l’aimée…

 

…la nuit dont la grâce réfractaire affleure par le fendillement de l’étendue et la scarification de ses plaies… comme à l’écart de ce massif, de cette chaîne de peintures dont les voix de ruissellement baignent les racines et la danse… Un orgasme de la substance, un solipsisme de l’air, une accentuation du pli et du trait qui transgresse la voix païenne, et le cérémonial de la mise à nu – et la brûlerie d’aromates… »

 

Jacques Dupin

Matière du souffle (Antoni Tàpies)

Frontispice de Antoni Tàpies

Fourbis, 1994

lundi, 29 octobre 2012

Jacques Dupin

Jacques Dupin, né en 1927, vient de mourir. Lire & relire toujours :

http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=auteur&numa...

http://remue.net/spip.php?rubrique90

http://www.youtube.com/watch?v=3rkYcZgT5MM&feature=re...

http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-philippe-cazier/29101...

 

 

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« S’en tenir à la terre, à l’écriture de la terre, et relever du feu — se lever avec le feu… notre rencontre future, des milliers de fois la première, et la seule… la rectitude, la syncope d’une seule nuit… des élans divergent qui se joignent dans l’épissure de la nuit, un cordage trempé, et le pas de l’un glissant sur le corps de l’autre à travers labours et forêts, déserts et glaciers…

 

un pas, une enjambée, la dernière toujours — et la suivante, désaccordée, ici, tendue, entendue de personne… le pas qui gravit, qui marque la crête, le même pas descend au ravin… le même pas qui se tient plus haut, à l’aplomb de nous, vertigineux, et passe plus loin dans le souffle, dans l’attente du souffle et de la douleur… »

 

Jacques Dupin

 Échancré

P.O.L, 1990

11:27 Publié dans Écrivains | Lien permanent | Tags : jacques dupin, poésie, p.o.l