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mardi, 10 janvier 2017

Alexis Pelletier, « Trois entraînements à la lumière »

Pelletier.gif

© : Michel Durigneux

 

« ou encore les oiseaux de Messiaen dans son Saint François d’Assise eopslatria philemon gerygone gammier traquet à tête grise téléphone tschagra notou zostérops oiseau lyre d’Australie hôaka fukuro uguisu hototoguisu le sixième tableau de l’opéra résonne entier cadeau de l’air

 

                    rythmes complexes à temps inégaux et qui changent constamment la phrase les prend aussi et s’émerveille

                                              

                                    il arrive parfois que ces chants m’empêchent de dormir je dois alors écouter l’enregistrement et la voix de Van Dam même si la création de cet opéra fut pour beaucoup une lutte contre l’ennui et que dans la prise de son le souffleur s’entend presque plus que les oiseaux

 

d’autre fois c’est la phrase qui me réveille et je ne sais pas quoi écrire je me lève mets en marche l’ordinateur et c’est parti même s’il faut trier jeter élaguer la plupart des mots après les noms des oiseaux de Messiaen parlant d’eux-mêmes une fois bien regardés sur Internet téléphone tschagra hototoguisu pour donner deux exemples

 

                       certains oiseaux de la phrase reviennent en arrière et prennent un nouveau sens

 

ainsi de la sitelle torchepot cet oiseau bouleversant parfaite phrase dans les arbres qu’il descend tête en bas et qui apparaît aussi dans IL de Dominique Fourcade page 59 ou parfaite image de la lumière dans les arbres du clos à Bessy-sur-Cure »

 

Alexis Pelletier

Trois entraînements à la lumière

Tarabuste, 2016

vendredi, 13 juillet 2012

Françoise Clédat, "Petits déportements du moi"

 

françoise clédat,petits déportements du moi,tarabuste« Le monde s’éclaire dans sa forme existe

n’existe pas

 

Je dis à l’ami je dis à rené le doute vaincu par

la douleur

en douleur de douleur ne doute

 

Si douleur existe manifeste manifestation d’organe n’est-ce pas la preuve je dis à rené je dis à l’ami n’est-ce pas la preuve

qu’amour existe et joie

sans organe

 

Je vis une histoire d’amour

 

Dans l’histoire que je vis existe / n’existe pas en existe / n’existe pas trouve

unité complétude

 

Je dis à rené je dis à l’ami me vois-tu me rapprochant de ce je ne sais pas amour à lui-même uni comme doublement d’avoir été ne doute

réel l’enlacement

 

Qu’ab / sens maintient

possède sensué tous les attributs

me vois-tu je dis à rené je dis à l’ami me vois-tu experte à te les décrire

attributs de la présence qui n’est pas ne rien décrire de l’absence qui est

 

Vers se dissoudre

Me revient mode d’être

 

Je vis une histoire d’amour »

 

Françoise Clédat

Petits déportements du moi

Tarabuste, 2012

 

mercredi, 11 juillet 2012

Jeanne Gatard, "La grande sieste"

 

Jeanne-Gatard.jpg« La grande sieste rend le temps plus leste. Elle est au milieu, au centre du noyau, essieu immobile. Léone y entrecroise vite le fil, haridelle repliée, genoux au menton, les bras croisant le tout, sphynge au maigre séant avec une ridelle au bas du front là où les hindoues incrustent la perle.

 

La fatigue ne prouve rien, la preuve n’existe pas, rien n’est gagné à jamais, elle le sait, mais elle tend ses périples en quête d’on ne sait quoi, en forme de lieu blanc comme si la somme se faisait après, juste un peu tard.

 

Extravagante d’exigence la grande sieste lève le sommeil dans l’immobile, vise le cap loin au large, de l’autre côté de l’horizon, garde la ligne.

 

Léone regarde l’air bleu. Le carré bleu est le même au dessus des captifs où qu’ils soient.

 

                    Assis sur le canot, il regarde

                   Son carré bleu en haut de la mer.

 

Les corps sans tige dérivent sur les cartes de la mer, Léone y cherche l’amer.


On suicide ceux dont le désir, déborde la raison, azur et gouffre, une liberté après. Après, le vertige d’absence, la liesse des autres. »

 

 

Jeanne Gatard

La grande sieste

Dessins de l’auteur

Tarabuste, 2006

 

 

Merci à Judith.