dimanche, 28 juin 2009
Contes pour les enfants et la maison
Un grand article de Pascal Quignard, dans le Monde de vendredi : L’enfant incorrigible, à propos des Contes pour les enfants et la maison des frères Grimm, édités et traduits de l’allemand par Natacha Rimasson-Fertin, Corti, coll Merveilleux, 1184 p. en deux volumes, sous coffret, 50 €
http://www.lemonde.fr/archives/article/2 009/06/25/contes-pour-les-enfants-et-la- maison-des-freres-grimm-l-enfant-incorri gible_1211142_0.html
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mardi, 25 novembre 2008
Un diamant brut
L’Yonne, Maman Blanche et Papa Edgar sont de braves gens, de ces bons paysans qui encaissent autant qu’ils savent donner. Yvette, leur est confiée par l’Assistance publique, même si encore, pas loin, rôde l’ombre d’un père qui ne l’est peut-être pas. Mais l’administration n’aime pas le bonheur aussi la belle enfant aux beaux cheveux blonds est déplacée dans une famille de brutes où la patronne l’humilie jour et nuit. L’hôpital peut sauver les malheureux. Après un séjour entre les infirmières en cornettes, toutes de gentillesse et d’humilité, Yvette ira, à deux pas de Vézelay, chez Maman Phasie et Papa Gustave qui aimeraient bien une petite pour habiter – plus tard – la maison destinée aux enfants qui sont partis.
Et elle est bien Yvette dans ce petit monde simple et paisible, entre l’école et les animaux, les douceurs et l’affection. Ce pourrait se terminer comme ça, une vie simple à la campagne, mais ce serait sans compter le fait qu’à partir de 14 ans les pupilles de l’Assistance doivent travailler pour rembourser l’État, sans compter sur les quasis voisins, des parisiens de « la haute », trouvent que la mignonne est « un diamant brut » qui sait même dessiner. Christian et Yvonne Zervos vont s’engager à adopter la jeune beauté. En traversant le champ qui sépare la ferme de Phasie et Gustave de La Goulotte, la maison de Taky et Yvonne, la jeune fille ne sait pas encore dans quel monde elle est tombée. Elle a 13 ans, et bientôt elle partira à Paris, rue du Bac. Entre Eluard et Nusch, Bataille, Balthus, Miró, Léger, Giacometti, Char – l’amant d’Yvonne – aux shorts si larges qu’ils laissent apercevoir des breloques, Braque, Brauner, Hélion… c’est Picasso qui sera son préféré, lui qui la guide, l’accompagne, sans rien demander – ce qui n’est pas le cas de tout le monde, pensez… Zervos, ce cher Taki, l’homme des Cahiers d’art, le mécène, l’ami du tout Paris, lui demande – ce n’est pas bien méchant, n’est-ce pas – de « moucher son tuyau à pipi », puis on passera tandis que Char et Yvonne frétillent aux choses sérieuses… Yvette tournera dans un court-métrage poético-artistique de René Char financé par les Zervos avec Jacques Dupin en jeune premier... mais déjà elle pense à fuir cette existence insouciante. Elle part avec Monsieur Sacha Szczupak (Choux-Pâques, dit-elle, car elle raffole des surnoms qui font malentendus – on pourrait dire si exactement entendus) en Israël. Là-bas elle trouve quelque chose en elle-même qui n’attendait que pouvoir se révéler : « L’Ailleurs, c’est ici ».
Elle quittera la France, et le couple qui l’avait adopté et ne savait que la manipuler, deux mois avant sa majorité. Elle obtiendra le certificat de conversion n° 6 de l’État d’Israël, épousera Sacha et après avoir écrit ce livre simple et complexe pourtant elle s’y éteindra en 2003. Livre simple et complexe à la fois car son auteur est un écrivain. Elle sait remuer sa phrase pour, en racontant, faire passer ce qui compte, ce qui bâtit une demeure pour soi où l’on peut accueillir l’autre, les bras grands ouverts. Sans regret, sans haine non plus, elle décrit des mondes, des époques, des êtres avec une justesse et une drôlerie étonnantes.
De surcroît elle donne à lire un redoutable témoignage sur ce que ne devrait jamais être l’adoption.
Yvette Szczupak-Thomas
Un diamant brut
14x21, 448 p. ; 20 € ; isbn : 978.2.96424.654.1
Métailié, 2008
16:08 Publié dans Livre | Lien permanent | Envoyer cette note
jeudi, 13 novembre 2008
La descente de l'Escault
Largement salué lors de sa première édition la Descente de l’Escaut, est réimprimée à juste raison. Attendue par tous ceux qui avaient découvert Franck Venaille trop tard, ou loupé l’événement. Il est vrai qu’entre temps Chaos (Mercure de France, 2007) est venu corroborer tout le bien que l’on pouvait penser du travail d’écriture de Franck Venaille. Mais cette Descente de l’Escaut est un livre un peu à part, grand œuvre peut-être de ce poète incontournable. Une parole digne au cœur d’une souffrance implacable car c’est le chant qui sauve. C’est le chant – le lied – qui révèle, qui peut dire la douleur, la rage, l’impossible, la fatigue, ce qui est muet de naissance, réaliste et secret, ce qui tremble dans la vase, l’enfant qui joue près des remparts, l’homme meurtri, le chant très lointain, très proche, dans l’étrave du steamer, dans les flots de l’Escaut, dans les saccades nerveuses qui agitent le corps du poète. La descente de l’Escaut, la descente au fond de soi, dans le désordre et la douleur, la descente dans le chaos de soi en soi… L’eau, la brume, le poète, indéfectiblement vivant.
Claude Chambard
Franck Venaille
La Descente de l’Escaut
Obsidiane (2e édition)
17x23 ; 180 p. ; 15 €
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mercredi, 16 juillet 2008
Poezibao
Nous connaissons et apprécions tous – j'imagine – le travail sans faille de Florence Trocmé sur son site Poezibao.
C'est pourquoi aujourd'hui je suis d'autant plus touché d'y voir chroniqué Le Chemin vers la cabane.
Une visite s'impose, s'il fallait une raison.

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2008/07/le-chemin-ve...
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mercredi, 09 juillet 2008
Pour le livre
Pour ma 100ème note, on comprendra qu'il n'est pas anodin que je souhaite relayer l'appel pour le livre.Les acteurs du livre sont néanmoins inquiets car beaucoup d’idées fausses sont colportées sur la loi par quelques multi- nationales du commerce culturel. Le lobbying qu’elles exercent auprès des parlementaires est à l’origine de ces amendements. Il vise à déréguler le marché du livre afin d’imposer un modèle commercial basé sur une volonté d’hégémonie et une stratégie purement financière. Derrière leurs arguments démagogiques mêlant modernité, défense du pouvoir d’achat et même écologie se cache un combat contre la création, la diversité, la concurrence et l’accès du plus grand nombre au livre.
Ce modèle culturel français, nous y sommes pour notre part indéfectiblement attachés. Ses vertus sont multiples. Avec plus de 2 500 points de vente, le réseau des librairies est dans notre pays l’un des plus denses au monde. Il permet, aux côtés des bibliothèques, un accès au livre aisé et constitue un atout important pour l’aménagement du territoire et l’animation culturelle et commerciale des centres-villes. Ce réseau de librairies indépendantes cohabite avec d’autres circuits de diffusion du livre, les grandes surfaces culturelles, la grande distribution, les clubs de livres ou Internet. Depuis de nombreuses années et à l’inverse d’autres secteurs culturels comme le disque ou la vidéo, le marché du livre se développe sans qu’aucun circuit n’écrase ses concurrents. Chaque circuit joue son rôle et le lecteur bénéficie d’un véritable choix. Pour la création et l’édition, cette densité et cette variété des circuits de vente du livre offrent à chaque auteur et à chaque livre le maximum de chances d’atteindre son public, qu’il s’agisse d’un premier roman, d’un ouvrage de recherche, d’un livre pour enfant, d’une bande dessinée, d’une œuvre traduite, du dernier roman d’un auteur connu, d’un livre pratique ou d’un ouvrage scolaire. Tous les livres pour tous les publics, voilà notre modèle.
Ce modèle, c’est la loi du 10 août 1981 sur le prix du livre qui en est le pivot et le garant. Cette loi infléchit les règles du marché afin de tenir compte de la nature culturelle et économique particulière du livre. Elle passe aujourd’hui pour l’une des premières véritables lois de développement durable. Elle confie à l’éditeur la fixation du prix des livres qu’il publie. Les livres se vendent au même prix quel que soit le lieu d’achat, dans une librairie, une grande surface ou sur Internet, durant au moins deux ans. Ce système évite une guerre des prix sur les best-sellers qui ne permettrait plus aux libraires de présenter une offre de titres diversifiée ni aux éditeurs de prendre des risques sur des ouvrages de recherche et de création qui ont besoin de temps et de visibilité dans les librairies pour trouver leur public. De surcroît, le prix unique fait baisser les prix. Contrairement aux idées reçues, les chiffres de l’INSEE montrent en effet que depuis une dizaine d’années les prix des livres ont évolué deux fois moins vite que l’inflation. En favorisant la richesse, la diversité et le renouvellement de la création et de l’édition, en lieu et place d’une standardisation si courante dans de multiples secteurs aujourd’hui, en permettant une variété et une densité de points de vente du livre particu-lièrement remarquables, en privilégiant une véritable concurrence au détriment de la « loi de la jungle » et en maintenant des prix beaucoup plus accessibles que dans la majorité des autres pays développés, le prix unique du livre est une chance pour le lecteur et pour notre culture.
La loi du 10 août 1981 n’est ni obsolète ni corporatiste. Si elle mérite un débat, c’est pour la rendre plus vivante et plus forte encore.
FACE AUX MENACES CONTRE LE PRIX UNIQUE DU LIVRE, LES PROFESSIONNELS ET LES LECTEURS SE MOBILISENT
Rejoignez l’appel pour le livre en le signant chez votre libraire ou sur Internet.
Toutes les informations sont disponibles sur le site : http://pourlelivre.wordpress.com
14:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Envoyer cette note
samedi, 28 juin 2008
Le Chemin vers la cabane

” Cet été-là, je ne sais pas où était la petite maison de pierre.
Si l’amour se souvient de la naissance de l’amour, si la terre était déjà rouge, si les 48 carreaux découpaient déjà le jardin
Je ne me souviens pas de la petite maison de pierre cet été là.
Je ne sais pas où est la cabane.
& tu n’es toi-même sûre de rien. ”
Troisième volume d'Un nécessaire malentendu après La Vie de famille & “Ce qui arrive”, chez le même éditeur.
64 p. ; ill. ; 10 € isbn : 978.2.915232.51.6
Le bleu du ciel : http://editionlebleuduciel.free.fr/
mail : bleuduciel@wanadoo.fr
15:16 Publié dans Livre | Lien permanent | Envoyer cette note
jeudi, 12 juin 2008
Young Appolo à la Cabane

aux éditions La Cabane à Bordeaux
14,5x19 ; 16 p. ; ean : 9782916193120 ; 6 €
Commandes et renseignements : lacabane_edit@yahoo.fr
15:37 Publié dans Livre | Lien permanent | Envoyer cette note
dimanche, 01 juin 2008
Young Appolo
Tout près, je le sais, il y a la guerre qui me poursuit.
J’aurais voulu venir ici pour d’autres raisons. J’aurais pu m’asseoir à la terrasse de ce petit café & réfléchir & écrire pendant des jours & des jours.
Aujourd’hui, je dois – oui, je dois – rester assis là & attendre.
Je ne sais pas effacer mes traces. Les chiens me trouveront.
La lumière & l’air sont si mobiles que j’en ai mal aux yeux.
Par quels mots suis-je parvenu jusqu’ici… par quels mots, serai-je conduit au récit de ma fin. À la fin du récit.
Je n’ai plus de force dans les mains.
Les mots se dérobent, ils ne comprennent pas qu’ils sont le récit sans moi.
extrait de Young Appolo, à paraître
aux éditions La Cabane à Bordeaux, le 11 juin.
14,5x19 ; 16 p. ; ean : 9782916193120 ; 6 €
Commandes et renseignements : lacabane_edit@yahoo.fr
12:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Envoyer cette note
vendredi, 30 mai 2008
Depuis des jours
depuis des jours la pluie
ce matin du brouillard
j’habite la petite maison de pierre
cette petite maison qui m’émeut
car elle ressemble à la petite maison
de mon enfance
où je suis heureux pour toujours
depuis des jours la pluie
& ma petite voix qui chuchote
« tu es d’un autre siècle »
Ces quelques lignes constituent la page 19 de mon prochain livre,
le Chemin vers la cabane, à paraître en juin au bleu du ciel.
15:27 Publié dans Livre | Lien permanent | Envoyer cette note
mardi, 27 mai 2008
Je suis resté immobile....
Puis je suis allé m’allonger le long du muret en moellons pour parler avec les anciens. Pour la première fois le ciel était clair. La Grande & la Petite Ourse, le Chariot, le Lion & le Petit Lion, la Chèvre, le Lynx… Il faisait froid. Grandpère m’a dit qu’il avait parlé avec ton grand-père. Que c’était bien nous deux. Nous avons parlé assez longtemps. Tout était très silencieux. J’ai pensé que le lierre allait s’entortiller autour de mon corps. Grandpère m’a tendu un gobelet que son père avait forgé. L’eau était fraîche & avait un petit goût de fer. « Ne sois pas mélancolique » m’a t-il dit.

Ces quelques lignes constituent la page 57 de mon prochain livre à paraître en juin au bleu du ciel.
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