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lundi, 28 avril 2014

Lambert Schlechter, « Pieds de mouche »

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photographie © Sophie Chambard

 

« — 001 —

Ce n’est rien, presque rien, rien qu’un murmure murmurant dans la pénombre ; petites berceuses contre la mort, sans musique, et des paroles à peine, berceuses pour le sommeil si le sommeil doit venir, si la nuit n’est pas trop grande, mais la nuit grande est là, immobile et à l’affût, prête à tout avaler. Ce n’est pas un cri, ce n’est rien, presque rien, rien qu’un murmurement, un bercement à peine avant la culbute.

 

— 002 —

Jamais les feuilles n’avaient mis autant de temps à partir, c’était un automne à seize degrés pendant plusieurs semaines. Les bouleaux surtout ont tardé à se défeuiller. Une étoffe aérienne qui habillerait un squelette. C’est en automne, surtout, que l’on sent qu’il faut dire les saisons, que l’on croit qu’il faut écrire un livre. Alors je me mets à dire la transparence des bouleaux. Feuilles d’automne qui seront celles d’un nouveau livre.

 

— 003 —

Le réveil, si loin qu’il m’en souvienne, n’a jamais, presque jamais, été le réveil ; presque jamais, c’est-à-dire neuf ou dix fois en quarante ans. Chaque matin c’est le jour qui cravache le corps ; et jour après jour le corps ne veut pas. Les horaires du jour ne sont pas les rythmes du corps, le corps est bousculé de syncope en syncope, jusqu’à la dernière — et tous les horaires sont enfin et sans merci réfutés. 

 

— 004 —

Montale, me dit-on, fit à Paris il y a quelque trente-cinq ans une intervention sur la solitude de l’artiste. Texte introuvable. J’écrirai sur la solitude de l’artiste et ensuite partirai à la recherche du texte de Montale. Pour voir. La solitude ? L’artiste ? L’artiste façonne son objet, poème roman tableau statue sonate, sans doute pour dire (mais à qui ?) : me voici, me vois-tu ? »

 

 Lambert Schlechter

 Pieds de mouche

 Éditions Phi, 1990

mardi, 08 avril 2014

Andrea Bajani, « Me reconnais-tu ? »

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© : Claude Chambard

 

« Comme disait le poète, la solitude de l’artiste est un numéro de cirque qui n’était pas prévu. Sous un chapiteau, des centaines de personnes qui retiennent leur soufe, le regard tourné vers un petit point. Les yeux des petits et aussi ceux des grands, redevenus enfants par la grâce de leur progéniture. Dehors, le monde. Dedans, au centre de la piste, un petit bonhomme qui est là pour montrer que, dans son univers, le danger existe aussi, même s’il l’affronte seul pour le compte des autres. C’est ce qui fait que les enfants l’applaudissent chaque fois et que les adultes, surtout, l’applaudissent chaque fois. Parce qu’il s’est chargé de faire face à tous les périls et qu’il l’a fait à leur place. Parfois, à la n du numéro, les enfants crient, ils en veulent encore. Les adultes, eux, restent muets. D’autre fois, il ne se passe rien et l’artiste retourne au néant d’où il était venu. Il retire son chapeau, d’une courbette il salue son public, puis il s’en va.

Voilà ce qui s’est passé. »

 

 Andrea Bajani

Me reconnais-tu ?

Traduit de l’italien par Vincent Raynaud

 Gallimard, 2013

lundi, 24 mars 2014

Ariane Dreyfus, « Les compagnies silencieuses »

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Le lendemain du jour

 

« Comme une femme se glisse sous un homme

Je lis votre écriture

 

Ou alors c’est moi qui écris couchée

La page blanche fait cette lumière où j’oublie de me voir

Toujours commencée

Il y a un côté où l’encre n’est pas sèche

Qui mène jusqu’à vous

 

Quand vous me lisez vous le dites

Ou jamais

Je prends toutes les étoffes selon la chaleur

Les morceaux de vie selon

Ma bien future mort

 

Je n’étais pas penchée sur le vide

Une femme sur un homme

 

Qui écrit n’est pas longtemps une jeune fille

Plutôt souvent

 

Il faut des mots pour se glisser entre eux

Y voir

Aucun n’est vrai tout seul

Heureusement le tumulte ne refuse pas la main

 

Tant de poèmes que je suis cachée dans toute la forêt ?

C’est vous qui choisissez

 

L’écorce que vous dites que j’ai touchée. »

 

 

Ariane Dreyfus

Les compagnies silencieuses

Flammarion 2001

samedi, 22 mars 2014

Maurice Scève, « Délie »

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« Comme Hecate tu me feras errer

Et vif, & mort cent ans parmy les Umbres :

Comme Diane au Ciel me resserrer,

D’où descendis en ces mortelz encombres :

Comme régnante aux infernales umbres

Amoindriras, ou accroistras mes peines.

          Mais comme Lune infuse dans mes veines

Celle que tu fus, es, & seras DELIE,

Qu’Amour à joinct a mes pensées vaines

Si fort, que Mort jamais ne l’en deslie. »

 

 Maurice Scève

 Poésies

Précédé de L’amour unique de Maurice Scève par Jean Tortel

Dessins d’Ingres

 Mermod, 1972

mercredi, 19 mars 2014

Edmond Jabès, « Dans la double dépendance du dit »

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souvenir de paul celan

 

« Ce jour-là. Le dernier. Paul Celan chez moi. Assis à cette place que mes yeux, en cet instant, xent longuement.

 

Paroles, dans la proximité, échangées. Sa voix ? Douce, la plupart du temps. Et, cependant, ce n’est pas elle, aujourd’hui, que j’entends mais le silence. Ce n’est pas lui que je vois mais le vide, peut-être parce que, ce jour-là, nous avions l’un et l’autre, sans le savoir, fait le tour cruel de nous-mêmes. »

 

 Edmond Jabès

Dans la double dépendance du dit Le livre des marges II

 Illustrations de Antoni Tàpies

 Fata Morgana, 1984

dimanche, 02 mars 2014

Lucrèce, « De la nature »

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Les nuages

 

« Les nuages se forment quand maints atomes voltigeant

dans les hauteurs du ciel se rassemblent soudain :

hérissés de manière à s’entraver faiblement

mais suffisamment pour se tenir comprimés,

ils composent d’abord de petites nuées

qui se réunissent, s’agrègent entre elles,

par leur union s’accroissent et s’envolent aux vents

jusqu’à l’instant où se déchaine la tempête.

Il se trouve aussi que les sommets des montagnes,

plus ils avoisinent le ciel, plus leur hauteur exhale

assidûment l’épaisse fumée d’un nuage fauve ;

car, lorsque les nuées commencent à se former,

avant que l’œil puisse les voir, ténues, les vents

les portent et les assemblent au plus haut de la cime.

C’est là qu’enfin réunies en troupe plus nombreuse

et plus dense elles peuvent apparaître tout à coup,

s’élançant du pic montagneux dans l’empyrée.

Que les sommets s’offrent au vent, l’expérience sensible

nous le prouve quand nous escaladons une haute montagne.

Et puis la nature prélève sur toute la mer

maints éléments, comme le montrent sur le rivage

les linges suspendus qui prennent l’humidité.

Il est d’autant plus clair que pour accroître les nuages

maints atomes peuvent surgir du flux salé de l’océan :

il existe une parenté entre les deux humeurs.

Et de tous les fleuves ainsi que de la terre même

nous voyons des brumes et des vapeurs surgir :

comme leur haleine expirée, elles s’envolent bien haut,

dispersent leur ténèbre, obnubilant le ciel

à mesure qu’elles se fondent en nues altières.

Car la chaleur de l’éther étoilé ajoute sa pression

et, comme les condensant, voile l’azur de leur nimbe.

Il arrive aussi que le ciel reçoive de l’extérieur

les atomes qui forment nuées et nuages volants.

Innombrable est en effet leur nombre, infini

l’ensemble de l’espace, comme je l’ai montré.

Quelle vitesse anime le vol des atomes, quelle distance

impensable ils franchissent d’un trait, je l’ai montré.

Il n’est donc pas étonnant qu’en peu de temps, souvent,

la tempête et les ténèbres couvrent de si grandes nuées

les mers et les terres, d’en haut les oppressant,

puisque de tous côtés, par tous les pores de l’éther,

par des sortes de soupiraux autour du vaste monde,

la sortie et l’entrée s’offrent aux particules. »

 

 Lucrèce

De rerum natura — De la nature

Traduction et présentation par José Kany-Turpin

 (Cette traduction a obtenu, en 1993, le prix Nelly Sachs, décerné en Arles par les Assises de la Traduction)

Aubier, 1993, Garnier-Flammarion, 1997

lundi, 10 février 2014

Roger Laporte, « La Veille »

Pour saluer la réouverture du groupe consacré à Roger Laporte sur Facebook https://www.facebook.com/groups/45486574813/?fref=ts voici les premières lignes du premier livre de l’œuvre d’une vie…

 

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 « Il a disparu. — Le moment propice est donc enfin venu de mettre mon projet à exécution, mais pourquoi ce malaise inattendu ? Je redoutais, en décidant d’écrire, de commettre une imprudence, de lui offrir malgré moi un terrain propice, de susciter sa venue de manière si prompte que je n’aurais même pas eu le temps d’écrire le premier mot, et certes, pendant longtemps, il me suffisait d’envisager même timidement mon projet pour qu’il mît fin à ma tranquillité, mais cette fois mon appréhension a été vaine : j’écris, et pourtant il ne s’est toujours pas manifesté. — Ai-je vraiment craint son retour ? Je ne voulais exécuter mon projet qu’en toute quiétude, donc en son absence : cette condition préalable était réalisée, car, avant de me mettre à écrire, j’ai plusieurs fois, et en toute tranquillité, pensé à mon projet, et pourtant je ne l’ai pas mis à exécution. Il me harcelait, le répit dont je bénéficiais, pouvait donc sans préavis se terminer d’un moment à l’autre : pourquoi, bien loin de me saisir de l’occasion, ai-je longtemps tergiversé et perdu ce temps libre sans m’en émouvoir ? — Il me faut avouer ce que j’aurais pu dire dès le début : il s’était tout à fait effacé, mais, contrairement à mon attente, mon projet, au lieu d’être enfin exécutable, s’était décoloré de tout attrait à tel point que ce n’est pas par désir, mais par dépit, que j’ai commencé d’écrire.

Je me suis mis au travail à un moment où j’aurais pu tout aussi bien ne pas écrire, j’ai espéré commettre ainsi une imprudence sans recours, mais elle a été sans conséquence : j’écris, mais il ne s’est toujours pas montré. Chaque fois qu’il était à proximité, je me suis gardé d’écrire ; depuis qu’il s’est retiré, condition que j’ai cru nécessaire à l’exécution de mon projet, je n’ai plus éprouvé la moindre envie d’écrire : c’est à contrecœur que je poursuis cette tâche inutile ; j’ai le sentiment que mon dessein est devenu irréalisable, mais je persévère dans la même voie, car j’espère encore provoquer son apparition en exposant pleinement mon projet. — Quel projet ? De quoi s’agissait-il donc ? Je suis incapable de le dire ! Peu m’importe que ce projet soit inexécutable, mais j’ai le sentiment d’être abandonné et je redoute qu’il ne s’éloigne encore davantage.

Parler ainsi est inexact : naguère il était proche, trop proche, mais à présent je ne peux même pas dire qu’il est très loin, car le terme d’éloignement est impropre : la distance ne peut ni diminuer, ni augmenter, car aucun espace ne nous sépare. Je ne peux même pas me plaindre d’être délaissé, car je dois dire seulement : je n’ai avec lui aucun rapport. — Comment ai-je jamais pu écrire ! »

 

 Roger Laporte

 La Veille

 Coll. Le Chemin, Gallimard, 1963

 Repris dans Une Vie, P.O.L, 1986

samedi, 01 février 2014

Sarah Kéryna, « Rappel »

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« Paris :

 

Ils sont assis l’un à côté de l’autre,

sur la pelouse, au soleil. Ils ne se touchent pas.

Il lui offre Pétrole de Pasolini.

 

Il raconte l’histoire de l’enfant mort malgré les prières.

Depuis, il ne croit plus en Dieu.

 

Il ne tient pas la main.

Ne serre pas dans les bras.

 

Ils passent au-dessus des gares. Elle dit :

“Ça me déprime tous ces rails qui partent vers le nord.”

 

Un orage éclate brutalement. La pluie se met à tomber comme

un bombardement. Les passants s’engouffrent dans les immeubles.

 

Marseille, c’est la lumière, elle ne l’a jamais vue

dans une autre ville.

 

Le lendemain, il prend son avion pour rejoindre l’autre.

 

Samedi, Paris et pluie.

 

Elle regarde la rue en contrebas.

 

Elle boit.

 

Dans le train du retour, une jeune fille demandant

si la place est libre, s’installe à côté d’elle.

Elles parlent jusqu’à Valence où la jeune fille descend.

Elles échangent leurs numéros.

 

– Elles ont le même prénom. »

Sarah Kéryna

 Rappel

 Coll. Biennale internationale des Poètes en Val-de-Marne

Le bleu du ciel, 2007

16:50 Publié dans Écrivains | Lien permanent

mardi, 28 janvier 2014

Yoko Tawada, « Le voyage à Bordeaux »

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« 

Il existe un autre idéogramme signifiant répondre. C’est un cœur assis derrière un rideau, comme une dame de la cour qu’on ne distingue pas, on devine seulement sa présence. On ne voit pas sa bouche, on n’entend pas sa voix, mais la petite secousse du rideau laisse supposer que la dame de la cour parle. Le problème, c’est qu’au moindre coup de vent, on pourrait confondre et croire que la dame parle. »

 

Yoko Tawada

 Le Voyage à Bordeaux

 Traduit de l’allemand (Japon) par Bernard Banoun

 Coll. « Der Doppelgänger », Verdier, 2008

mardi, 21 janvier 2014

Alberto Manguel, « Monsieur Bovary & autres personnages »

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Le docteur Faust (extrait)

 

« Dans les siècles passés, lorsque le troc d’une âme était considéré comme un acte effrayant, les choses étaient pour Méphistophélès relativement simples, qu’il eût ou non du succès. Aujourd’hui que l’âme a infiniment moins de prestige et que chaque jour on troque des âmes contre des bagatelles comme des appartements à Marbella ou un poste dans un cabinet ministériel, la tâche de Méphistophélès est paradoxalement plus difficile. Perdre son âme en échange d’un misérable bien accorde à celle-ci peu de valeur, et Méphistophélès (qui est aussi banquier) convoite ce qui est précieux. Aussi le Faust d’aujourd’hui ne cherche-t-il ni connaissance ni amour, mais célébrité, succès populaire, son nom en haut de l’affiche. Et là, Méphistophélès est dans son élément. Tu veux être un auteur populaire ? dit-il à Faust. Tu veux vendre des millions d’exemplaires de ton livre ? Marché conclu : tu auras des piles de tes œuvres à la fnac et au Corte Inglés, tu seras en tête des best-sellers internationaux, on t’achètera les droits pour faire un film avec Tom Cruise dans le rôle du héros, tu voyageras en 1re classe et tu t’installeras en Irlande pour ne pas payer d’impôts. Et pour obtenir tout cela, tu n’auras quasiment rien à perdre, sauf la qualité artistique, le style, la grammaire, l’invention narrative, la responsabilité morale, la position éthique, la reconnaissance des futurs lecteurs, le respect de tes contemporains : ton âme. »

 

Alberto Manguel

 Monsieur Bovary & autres personnages

 Traduit de l’espagnol par François Gaudry

 L’Escampette, 2013

jeudi, 16 janvier 2014

Denise Le Dantec, « Les Jardins et les Jours »

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« … Est-il vrai, comme je le pense, que nous cherchons à atteindre, enfin, une plénitude ?

 

Le jardin nous en offre, sinon la réponse, du moins la condition.

 

À la dispersion cruelle, nous préférons la dérive ténue du jardin.

 

 

Le temps que je prends au jardin est le temps d’arrêt qu’il me faut pour vivre sur le mode le plus juste qui m’est possible.

 

Au jardin des Augustines, je suis indisponible, injoignable.

 

Mon temps, notre temps n’est pas illimité.

 

Toute conclusion renoncée, je m’abandonne aux vertus de la vie ordinaire, réglée par la cloche de l’église, où chacun s’abandonne, autant que faire se peut, au plaisir de la lumière et de la chaleur, quand celle-ci n’est pas trop forte, en fin de journée ou après le repas du soir.

 

 

Je regarde autour de moi : le merveilleux s’éclipse.

 

Je change de respiration.

 

Assurément, il y a une prédilection de l’esprit pour la beauté prodigue, extravagante, qui est la marque de notre puissance d’être.

Ici, l’imagination est mortelle. Seule la réalité compte. »

 

 Denise Le Dantec

 Les Jardins et les Jours

Éditions du Rocher, 2007

 

lundi, 06 janvier 2014

Dorothée Volut, « À la surface »

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« TOUT A BRÛLÉ. La seule justification est la jouissance de l’écriture, et les cendres dans vos cheveux. L’ornement est un geste qui se souvient de l’air. La différence mûrit. On ne pose aucune main — cela dépend des moments, agir. Et ce n’est pas mendier que recopier son chemin. Ainsi parlant, on continue de filer les tissus. Téméraire et bravant l’orage, on dit : Je me vêtirai demain, après la transparence. La chose étrange de vouloir continuer.

 

 

­­

TU OUVRES DES LIVRES EN DÉSESPOIR DE CAUSE : faire des phrases. Mère, je ne suis pas le contraire de toi. Au final tu restes fixe, menue, sédimentaire, acoustique. Les lettres ne s’agglutinent pas. Laisse la maison ouverte comme ça. Voilà les clés. Le mur est ton décor pour une nuit. Je ou Qui repense chaque instant vécu. Le vent est tombé dans les marges. Sur la grève on a jeté des seaux d’eau salée, c’est l’heure de la souplesse pour les armures. Dans l’obscurité, on aperçoit la masse des rochers rendus à leur nudité. La mer ne laisse aucune trace : elle agite le temps sans donner de réponse. Cessez de m’écrire, crie quelqu’un. »

 

 Dorothée Volut

 À la surface

 Éric Pesty Éditeur, 2013