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lundi, 02 juillet 2007

Hélène Mohone, une réconciliation

1539363069fd27f1f66a2401e9837a9f.jpgLongtemps, j’ai cru qu’Hélène Mohone était née en Afrique.

Et si elle a vécue au Cameroun, au Sénégal, et bien l’état-civil, les hasards de la vie de son médecin de père l’ont fait naître à Bordeaux.

Plus tard elle s’est mise à écrire.

Cette écriture, ce travail d’écriture, s’est, bien sûr, nourri de l’enfance en Afrique, mais aussi de ses séjours en Roumanie et en Nouvelle-Calédonie.
Elle chante aussi – elle a même suivi aux conservatoires de Bordeaux, Saintes et Angoulème une formation de chant classique –, elle écrit pour le théâtre, elle fait des travaux plastiques épatants, et a suivi des cours aux Beaux-Arts. Elle a monté une association artistique « Reportage » qui proposait des expositions de peinture, des performances et des concerts, ainsi que des activités audiovisuelles. Bref, elle n’arrête pas.
Elle vient de terminer De loin, un livre de poésie. Elle a écrit trois pièces de théâtre dont l’une, Si près des champs, a été retenue dans le répertoire des Nouvelles Écritures théâtrales à Paris en 2001. Elle a publié dans de nombreuses revues : L’Insulaire, 2001, Le Fram, L’Arbre à paroles, Le Journal des poètes, Poésie première, Épistoles de montagne, Le Passant ordinaire. Elle a obtenu une bourse d’encouragement à l’écriture du CNL dans la section Poésie.
Elle écrit… l’écriture est une sacrée histoire avec laquelle on ne finit pas lorsque l’on s’y engage. Il ne fallait pas commencer. Si, il le fallait, écrivait Beckett. Oui. Il le fallait. Il le fallait cet engagement, cet entêtement, cette façon de ne pas baisser les yeux

Le Cœur cannibale

Lorsqu’elle a publié le Cœur cannibale – qui d’ailleurs a disparu de ma bibliothèque, si on pouvait me le rendre… d’avance  merci – en 2003 à la William Blake and Co., lorsqu’elle a publiée le Cœur cannibale donc, nous venions juste de nous croiser et ce livre m’a incité à l’approcher un peu plus.
Étrange premier livre d’une étrange jeune femme que ce Cœur cannibale. Dans une langue rare, économe, chantante, proche de l'imprécation, scandée comme une danse des origines, c'est à la compréhension, à la connaissance, d’un monde très ancien et absolument nouveau, que nous invite Hélène Mohone, qui avait déjà publié un texte sombre et remarqué, Corpus triste, dans le n° 42 du Passant ordinaire, avais-je alors écrit dans Lettres d’Aquitaine.
Bien plus, ce poème là inscrivait son auteur dans une tentative d’appeler le monde par son nom, le seul. D’épeler le monde et comment il nous contient, comment nous nous battons avec lui, comment nous le cajolons. Un livre qui ne parle pas à tort et à travers, mais, au contraire, resserre sa langue lentement autour de ce qui est essentiel en elle, en nous, ce qui nous fonde, nous empêche de disparaître.


L’Enfant africaine

En 2006 paraît L’Enfant africaine, sous-titré justement, je l’ai évoqué plus avant à propos du Cœur cannibale, Corpus Triste, ce second livre d’Hélène Mohone, embarque son lecteur dans un univers résolument personnel qui prend  sa clef à la hauteur des chants qui ont bercé son enfance africaine. Livre douloureux, livre résolument ancré dans ce qui fonde l’être, dans la douceur et les effrois de vivre, de grandir, de vieillir, dans les difficultés de la maladie (la maladie de la mort), livre où l’enfant souriant « sera là jusqu’à disparition ». « Elle – nous dit, la narratrice –, a cédé à la maladie avec volupté pour sentir à nouveau la vie avant la mort, sentir la vie atteinte nommer l’instant de vie avant la disparition. » Et voici la charnière, le point nodal, le point de rupture aussi de ce mince livre : l’enfant petite et l’enfant trop vite grandie sont ici réunies, assemblées, séparées, disjointes, non pas par la narration mais par la vie même. La souffrance de l’une est dans les joies de l’autre, le monde n’y peut rien, on vit avec soi-même jusqu’au bout et ici, seuls les singes nous réveillent et on peut fourrer ses doigts dans les « bonnes mamelles un peu racornies, aux poils drus et longs » de la maman  – parce que maman est partie et que papa tire les cheveux en les peignant. L’Enfant africaine est une longue histoire d’amour et d’abandon. L’exil, l’amour, la maladie y sont les révélateurs de racines perdues, pour qu’à la fin, l’espoir d’une réconciliation des corps et des âmes soit envisageable. Hélène Mohone publie là un livre salvateur et bénéfique dont on gardera longtemps à l’oreille le chant très beau modulé du plus primitif à l’étonnamment moderne. Une et multiple, l’enfant africaine d’Hélène Mohone déplie la mélopée des voix de sa souffrance.
C’est un grand livre, c’est un livre qui nous réunit avec l’enfant en nous, qui nous permet de vieillir tout seul, c’est un de ces livres que l’on oublie pas parce qu’on est tenté souvent d’y revenir.
Et c’est pour ça que j’aime Hélène Mohone et ce qu’elle écrit – ce qui est à mon sens la même chose – parce que j’y reviens toujours, parce que je recommence toujours et que, finalement, c’est recommencer qui est beau.

Bibliographie
L’Enfant africaine « corpus triste », L’Amourier, 2006
Le Cœur cannibale, William Blake and Co, 2003


http://helene.mohone.free.fr/

 

Merci à Danièle Caillau pour la photographie 

20:15 Publié dans Écrivains | Lien permanent

vendredi, 29 juin 2007

Marek Bienczyk, Tworki

bca1f2aa7460ee001f361dcfdf81df42.jpgMarek Bienczyk
Tworki
Traduit du polonais par Nicolas Véron
Coll. Denoël & d’ailleurs
14x20,5 ; 272 p. ; 20 € ; isbn : 2.207.25630.8
On l’attendait ce nouveau roman de Marek Bienczyk paru en Pologne en 1999. On l’attendait tant que l’on craignait presque d’être déçu. Que nenni ! Un grand livre, voilà ce que le résident de la Prévôté à Bordeaux, à l’automne 2004, nous envoie par-dessus les frontières.
« C'est du dessous de ma paupière, c'est du fond de la rivière que ces mots sont venus au monde. Au commencement, oui, était l'écriture, de hautes lettres trop serrées, disgracieuses, qui se disputent la place et entravent l'envol de la phrase. L'un dira que les mots ne se pressent guère d'atteindre le point, l'autre que quelque chose les retient, et tous diront, moi le premier, qu'en vérité ils voudraient pouvoir encore reculer, rebrousser chemin, mais qu'il n'est plus temps. Il faut leur offrir une dernière chance de remplir la ligne, de respirer à pleins poumons d'une marge à l'autre, maintenant que tout est consommé, ou que rien n'a plus d'importance », ainsi commence ce roman qui se déroule en Pologne, à Varsovie, à Tworki – qui est le nom de l’hôpital psychiatrique de la capitale polonaise – pendant la Seconde Guerre mondiale. Et Tworki, l’asile de fous, devient un asile tout court pour quelques-uns : Jurek saucisson-sec, Sonia, Olek, Danka, Janka, Marcel, Rubens, Zorro et Antiplaton…
Dans une langue remarquable d’invention, de rythme, truffée de rimes internes rares et d’allitérations – le traducteur a du réellement en baver –, Marek Bienzcyk propose une vision de l’Histoire inattendue et absolument significative de sa vision de l’homme et du monde. L’empathie est ce qui gouverne l’œuvre de cet écrivain rare qui nous montre qu’un peu d’amour peut changer bien des destins courus d’avance. Tout de sensibilité retenue, de compassion affectueuse, de dérision pertinente, Tworki nous parle de nous, d’un nous fraternel et mélancolique, d’un nous naturellement heureux, ce nous rêvé qui dans ce monde en guerre permet à ces êtres d’échapper à l’horreur. Mais la tragédie domine trop ce monde pour que l’on puisse lui résister toujours. Car ce monde où les malades traînent en pyjamas rayés est à une épaisseur de feuille de papier de celui des déportés – qui n’est déjà plus le monde d’être celui de l’horreur. L’hôtel Polski est bien là, terrible piège, le ghetto, les insurrections, la résistance, oui, tout cela a bel et bien existé à deux pas de Tworki où l’on pouvait croire que la vie file sur les rails du petit train de l’amour… mais l’Histoire rattrape toujours les histoires. C’est à cela, à cette embellie et à cette déroute, que Marek Bienzcyk nous fait assister, mais on aura compris qu’il nous donne, à chaque pages, toutes les raisons de croire encore que l’amour, l’amitié, une certaine légèreté et une certaine ironie valent mieux que tous les cynismes, les calculs, et les plus viles volontés de puissance.

15:40 Publié dans Écrivains | Lien permanent

samedi, 16 juin 2007

Anne-Marie Garat : Depuis toujours maintenant

5c30f6fe82466b1ffadba0a042ae30a9.jpegAu bord de l’estuaire, il arrive que le partenaire secret qu’est la littérature que nous aimons, qui nous touche au cœur, à laquelle nous confions, et réciproquement, nos doutes et nos plaisirs, soit plus subversive par la grâce de la précipitation du temps, précipitation octroyée par le toro bravo qu’est le mascaret. Quiconque ne connaît pas cette vague, ne l’appréhende pas dans ce qu’elle a d’inouï, de démentiel, risque de rester au bord de la langue et de l’univers absolument cohérent d’Anne-Marie Garat. Risque, car si dans l’absolu cette connaissance est une force supplémentaire que le lecteur a en partage avec l’auteur, tout le monde ne peut évidemment pas connaître le mascaret, la vie de l’estuaire de la Gironde, avec ses après-midi d’été grillées, où l’on peut simplement à l’ombre de la pente du toit s’allonger et lire ou, dans la fraîcheur d’une pièce bordée de murs épais en pierre de Bourg écrire, c’est à dire : aimer.

Au bord de l’estuaire, Anne-Marie Garat a «appris les ciels» et dans leurs verticalités, renversant la tête en arrière, elle a croisé – comme on se croise en tauromachie – les nuages, la «matière confuse, hésitante, substance sans contours, sans lignes arrêtées» des nuages. Au bord de l’estuaire, en face de Blaye, Anne-Marie Garat a commencé une histoire d’amour, un roman d’amour – un romancero dirait mon ami José Manuel Fajardo  –, avec Jaufre Rudel. L’amour de loin du troubadour de Blaye est le titre d’un livre mince mais considérable d’Anne-Marie Garat. Les beaux livres se construisent dans l’amour, sans doute dans l’amour de loin «Ja mais d’amor no-m gauzirai / si no-m gan d’est’amor de loing». Ainsi, douceur, temps, nouveau, chant, désir, amour sont les mots de la littérature depuis le XIe siècle. Ainsi, ils sont au cœur du lexique d’Anne-Marie Garat depuis qu’elle écrit et pour nous ses lecteurs depuis l’année de grâce 1984 où parut, chez Flammarion, l’Homme de Blaye, instant de la naissance de l’auteur Anne-Marie Garat, sans doute parmi les premières «douleurs et douceurs d’engendrement à soi» .

Un jour vient où l’on aime de plus en plus loin, parce que les autres disparaissent, passent sur l’autre rive de ce qui est encore un estuaire mais que l’on ne franchit que dans un seul sens. Il y a longtemps que le bac Les Deux Rives ne fait plus le voyage. Comment revenir d’un lointain qui s’approche… Comment revenir d’un côté où l’on écrit de dos, où l’on marche de dos, où l’on aime de dos… Il faut interroger les livres qu’Anne-Marie Garat nous envoie de loin, des livres comme des lettres d’amour, comme les photographies d’un album de famille qu’elle nous adresse d’un «passé [qui] ne se conjugue qu’au présent mortel».
La disparition, la finitude, leurs irruptions dans notre vie et dans le corps des livres est une manière – pour ainsi dire : un devoir – pour nous qui restons encore de tisser la fine toile de notre histoire personnelle. Lorsque Anne-Marie Garat parle ses doigts tricotent les mots, cousent les phrases, maillent l’espace que la rencontre propose. Elle joint le geste à la parole. Elle modèle ce que sa langue sollicite, elle tresse sous nos yeux le motif de son œuvre. Elle nous fait deviner le motif dans le tapis. Elle nous demande : «Que lisez-vous, lorsque vous lisez ?» et elle répond de sa place, à sa place, non pas à la nôtre qui devons encore la conquérir dans l’invention du lecteur que nous devenons livre après livre.

Écrire, c’est progresser.

Suivre ou non l’itinéraire est une question que se pose l’écrivain faute de quoi il nous donne un livre convenu. Suivre ou non l’itinéraire est une question que devrait se poser le lecteur sauf à vouloir lire toujours le même livre, ce fameux non-livre qui rassure les non-lecteurs. Nous nous connaissons déjà. Oui. C’est pourquoi nous ne devons pas convenir de ce que nous connaissons déjà. C’est pourquoi nous devons réapprendre à lire à chaque livre, à chaque chapitre, à chaque paragraphe, à chaque phrase, à chaque mot. Ailleurs est ici. La langue est intarissable à condition que nous sachions la rouler dans notre bouche. Cette langue tanique, longue en bouche, grasse et charnue est le possible avenir de la littérature, est le possible de la vie. «Dans la bouche nous roulons, mâchons et mangeons les mots de poésie, de même que se mâche le vin d’ici.» Mais la littérature est en prose et seulement en prose comme on sait de plus en plus. Le travail d’Anne-Marie Garat outrepasse cette injonction ridicule. Le genre ne la préoccupe pas, puisque c’est d’écriture qu’il s’agit et de rien d’autre. Et l’écriture nous sauve de nous-même en refusant de s’approprier le minable petit secret, le misérable chant de l’enfant monstrueux que nous ne reconnaîtrons jamais.
C’est qu’Anne-Marie Garat sait donner à son lecteur le sentiment qu’il s’approche en progressant dans chacun de ses livres – et surtout depuis Dans la pente du toit où un basculement a lieu – d’un secret, d’un sens très précis mais très caché dans lequel, avec les personnages, il doit s’engager au péril de sa propre mémoire. Écrire, c’est progresser. Chacun est pris dans le cours de l’écriture, entre le plus vif mouvement et la plus absolue immobilité, vers la rencontre. Dès lors, lire, c’est progresser.
Dans les livres d’Anne-Marie Garat auteur et lecteurs se parlent, échangent, écrivent et lisent ensemble le roman de soi, le roman d’amour qui fait aimer dans l’autre ce qui fait écho en chacun.

« Avant la mort, j’écrivais des romans. »

Avant la disparition du père et de la sœur, coup sur coup. Avant de se mettre dans, sur/sous, la pente du toit d’où, en équilibre instable elle pourrait se tenir aux côtés de Bohumil Hrabal tapant sur sa petite machine Perkeo – on se reportera vivement aux photographies de Magdi Senadji à propos de Bohumil Hrabal, de sa machine à écrire et de Prague  et aux nombreux livres de l’auteur de Une trop bruyante solitude et de Vends maison où je ne veux plus vivre. L’irruption de l’écrivain Tchèque, précède de peu l’irruption d’Andreï Tarkovski et voici qu’arrive – au cœur d’une lettre que le mari de l’auteur adresse, à travers le temps et l’espace par la grâce de la littérature, à Bohumil Hrabal – toute une ribambelle de compagnons d’écriture, d’images, de vie ceux avec qui ont bâti sa demeure. Cette pente du toit est la mise en demeure de ne plus écrire que l’essentiel en sachant : «qu’écrire n’a ni cause ni pardon à trouver sinon dans la résolution d’une langue, d’une matière sensible, qui acquiesce un peu à l’expérience maintenant».

Depuis toujours maintenant.

Ainsi de L’Amour de loin, Les Mal famées, Nous nous connaissons déjà, La Rotonde jusqu’à Une faim de loup – où à travers et aux côtés de la question du conte est posée celle de la relation grand-mère-mère-fille et des figures du mari, du père, de l’amant – et aujourd'hui Dans la main du diable (nous y reviendrons en détails) écrit « en dette aux premières amours de la lecture, quand on palpite, ivre de feux d’artifice, de sens éveillés, de la vie en plus de la langue, magique...» –, le travail d’écriture de la fille de l’estuaire, de l’amante de Jaufre Rudel, de la fille-mère-grand-mère, petit à petit, nous donne du monde une vision personnelle car Anne-Marie Garat – elle nous l’a si bien montrée dans Photos de famille ou dans Chambre noire –, comme une photographie qui se révèle lentement dans la solitude, le secret, de la chambre noire, nous raconte – alors qu’avec le temps nous sommes de plus en plus seuls, et que nous comprenons que ceux qui ont disparu «occupent le présent où nous les faisons vivre, ou bien [que] ce sont eux qui nous font vivre, qui justifient notre existence» – nous raconte, oui, l’amour qui fonde les histoires et les histoires qui fondent en nous la vie, la patience et l’impatience. Cet essentiel-là, Anne-Marie Garat nous l’écrit, nous le chuchote le soir, dans la moiteur de la chambre, dans l’épaisseur du livre, depuis la vigueur incroyable du regard d’enfant qui l’habite et l’éclaire, depuis toujours déjà, depuis toujours maintenant.

« Maintenant ? Nous y sommes. Maintenant, nous aurons tout le temps. Raconte. »


Bibliographie :
Dans la main du diable, Actes Sud, 2006
On ne peut pas continuer comme ça, « La Porte à côté », éditions de l’Atelier In8, 2006
Une faim de loup. Lecture du Petit Chaperon rouge, Actes Sud, 2004
La Rotonde, Actes Sud, 2004
Nous nous connaissons déjà, Actes Sud, 2003
Simulacres, avec Gilbert Garcin, Filigrammes, 2002
Falaises et hâvre (collectif), Images en manœuvre, 2000
Les mal famées, Actes Sud, 2000 et 2002 (Prix Marguerite Audoux)
Istvan arrive par le train du soir, coll. «Fictions et Cie» Seuil, 1999
L’Amour de loin, Actes Sud, 1998
Dans la pente du toit, «Fictions et Cie» Seuil, 1998
Merle, Seuil, 1996 et «Points» Seuil n°621, 1999
Le Bassin d’Arcachon, mer intérieure, photographies de Jean-Luc Chapin, éd. Aubéron, 1996
Fous de bassin, collectif, avec Alain Pujol et Alain Danvers, Mollat, 1995
Photos de familles, Seuil, «Fiction & Cie», 1994
Aden, Seuil, 1992 (Prix Fémina). Rééd. Corps 16 en 1993 et Points Seuil, 1994
Bibliothèque, in «Quinze écrivains pour une bibliothèque», publié pour l’ouverture de la nouvelle bibliothèque de Bordeaux, William Blake & Co Éd./Mairie de Bordeaux, 1991
Chambre noire, Flammarion, 1990 (Prix Alain-Fournier).
Le Monarque égaré, Flammarion, 1989. Rééd. LGF, Le Livre de poche, 1990 et Points Seuil, 1996
Petite fabrique de l’image, collectif avec Jean-Claude Fozza et François Parfait, Magnard, 1988, réédition 2003
Fous de bassin, collectif, avec Alain Pujol et Jean-Pierre Moussaron, Vivisques, 1988
L’Insomniaque, Flammarion, 1987 (Prix Mauriac). Actes Sud, 2000
Voie non classée, Flammarion, 1985
L’Homme de Blaye, Flammarion, 1984

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