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dimanche, 03 mars 2013

Kiril Kadiiski, « Nouveaux sonnets »

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Le Graal

 

à Jacques Chessex

 

« Des lambeaux de brume pendent aux branches,

comme si des anges avaient fui à travers ces bois

dénudés… pour se sauver… mais de qui ?

Le monde n’est-il pas à nouveau ressuscité ?

 

Est-ce un immense soleil qu’on voit flamber entre les ramures des cerfs aux abois,

ou serait-ce le Graal retrouvé (enfin ! et par toi !)…

Que ne pouvait-il illuminer nos âmes réputées immortelles,

comme il réchauffe à présent nos corps toujours plus morts.

 

Ô mur de crânes mouillés liés d’un mortier d’écume,

le temps lui-même ne saurait le franchir,

puisqu’il gît encore ici, dans la prison de la vie…

 

Et dans l’épaisse forêt, éclairée par le soleil d’un jaune gazouillis,

la rivière charrie des blocs de glace — dalles funèbres renversées

d’innombrables vérités mortes et de mensonges ressuscités. »

 

 

Kiril Kadiiski

 Nouveaux sonnets

 traduits du bulgare par Sylvia Wagenstein

 peintures Nikolaï Panayotov

L’Escampette, 2006


Sixième page pour fêter les 20 ans de L’Escampette

lundi, 25 février 2013

Bernard Manciet, « Jardins perdus »

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Il pleut dans les pins

 

« C’est immobile, c’est tout en lenteur. Il pleut dans les pins comme dans une sorte de passé, mais un autrefois qui entoure et qui comble. On n’est plus en soi-même, et jamais pourtant on ne fut plus proche de soi. Ce n’est pas un murmure, ni une voix, mais la pâleur d’une voix. C’est comme une âme continue. On ne peut s’en défaire. On ne l’écoute ni ne la voit, mais on la guette dans ses paroles sans tristesse ni gaieté. On ne pense à rien.

 

Ici, il n’y a pas de pourquoi, ni de raison d’espérer. Vivre ici, c’est vivre de loin. C’est croître à couvert comme les fougères, comme le sable, remuer à peine comme, sourdement, la tempête à l’ouest. La pluie appelle en zozotant, mais on lui a répondu, il y a bien longtemps déjà. De plus profond que l’amour, comme si l’on avait aimé. Et, plus loin, encore d’autres lignes d’humilité. De la pluie on est la demeure, avec son brouillard et son évidence. On est inutile. »

 

 Bernard Manciet

 Jardins perdus

 traduit de l’occitan par Guy Latry

L’Escampette, 2005


Cinquième page pour fêter les 20 ans de L’Escampette

samedi, 23 février 2013

Sandra Moussempès, « Acrobaties dessinées »

sandra moussempès, acrobaties dessinées, l'attente

« lorsque je me questionne je pense à penser à ma place je pense avec mes lèvres je souris mais je réfléchis sans penser en fait la pensée parle à ma place le son de mes lèvres n’existe pas si ce n’est dans la fiction sonore je voudrais vous parler je voudrais tout dire mais tout dire entraîne une réalité qui n’est plus ma façon de dire et d’être et si un film obscurcit mon champ de vision je pense alors qu’il s’agit d’un remake je pense aussi aux sous-titres aux langues lues entendues apprises je pense en pensée disent-ils pour ouvrir leurs lèvres ils clignent des yeux ma bouche est ouverte à présent je présélectionne une pensée je pense à votre place je me divise en pensée dans mes rêves la pensée s’inscrit tout au long des visages les couleurs ont une pensée propre qui remplit chaque plan en mode plein écran on voit les lèvres des acteurs on voit qu’ils ne pensent pas les acteurs ne pensent pas puisque leur vie est une contrainte momentanée une photographie de miroir sans tain les acteurs jouent à l’écran tandis qu’hors champ l’acteur pense au rôle il est donc hors du rôle et je me désigne parfois comme actrice de ma pensée pensée, pensée parlée, pensée pensée à l’instant puis décrite tant bien que mal, je me désigne alors que ceux qui pensent recevoir mes confidences n’ont rien entendu ne m’ont pas vue, ceux-là ont des idées mais pas de pensée propre, ce pourquoi la pliure des commissure entraine une réponse affirmative

 

j’aime bien les voix pouvait-elle dire j’aime bien ne pas synthétiser ne pas raconter ne pas retracer au lieu de me taire, je m’interroge et ma réponse est une question qui devient le remake de ma précédente vie supposée, suivez le son qui sort de mes lèvres en différé suivez ce qui en sort en pensée pensez-vous alors que l’on peut devenir une personne qui reviendra que l’on peut revenir en pensée dans la pensée de ceux qui vous questionnent ? »

 

Sandra Moussempès

Acrobaties dessinées & cd Beauty Sitcom

L’Attente, 2012


photographie © A. Donadio

lundi, 18 février 2013

Christian Garcin, « Les Cigarettes »

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le coupe-ongles

 

« un concert de voix fines s’éclipse tout à coup

et face à moi ce mur uniformément ocre

d’où parvient assourdi un programme télé

de jeux pauvres à millions et musiques clinquantes

vient poser sur le tamis clair du soir

et l’odeur enfantine des poivrons frits

l’ovale de ton visage à Bergame sous le

rideau à claire-voie de tes cheveux mouillées

légèrement penché sur moi à la fenêtre

chambre huit de cet hôtel bric-à-brac

véritable brocante truffée de dessins statuettes

objets hétéroclites exotiques diplômes

où consciencieusement sur un fond de mur jaune

zébré de cette vieille gouttière itinérante

qu’on pouvait croyait-on toucher rien qu’en tendant le bras

assiégée doucement par ces rengaines à la télévision

d’une voisine vieillarde et sourde

ton visage sérieux incliné sur mes doigts

tu me coupais les ongles et j’embrassais ton cou »

 

Christian Garcin

 Les Cigarettes

 L’Escampette, 2000

 

 Quatrième page pour fêter les 20 ans de L’Escampette

lundi, 11 février 2013

Eduardo Lourenço, « Montaigne ou la vie écrite »

 

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« À première vue, l’aventure “littéraire” — mais elle est un peu plus que cela — de Montaigne ressemble à celle à venir, toute proche de la sienne dans le temps, celle de Don Quichotte. Pour tous les deux, la naissance a lieu à l’ombre, ou plutôt à l’intérieur du Livre. Mais la démarche est inversée. Don Quichotte veut que la réalité se conforme au texte où sa vie idéale est déjà vécue. Cette vie idéale, d’ailleurs, ne lui appartient pas en propre. Elle est la forme pure de la réalité dont le modèle n’est autre que Notre Seigneur Jésus Christ, comme l’a bien compris Unamuno. Il faut faire descendre la vérité, du ciel sur la terre, au moment où elle s’éloigne. La défaite et la désillusion sont assurées d’avance. Montaigne — enfant ébloui et enchanté par les Métamorphoses comme nos enfants par Tintin, l’adulte trouvant chez Sénèque ou Platon sa nourriture idéale — lit et découvre le Livre comme livre, autrement dit, comme jeu de fiction. Mais cette fiction a la propriété de le rendre “réel”, et de le soustraire à l’ennui ou à la contrainte des obligations qui l’empêchent d’être libre et heureux. Toute sa vie a été modelée par le principe du plaisir. Cet homme qui passe pour le plus attentif à la trivialité, qui voudrait presque être pris pour Sancho, est rêveur forcené. “Mon royaume pour un cheval” est une trouvaille de son plus génial lecteur, mais sa devise fut bien moins celle, devenue cliché, de la suspension de son jugement que celle de “mon royaume pour un coin de rêve”. Dans sa langue de seigneur de sa volonté et de ses mots, il a appelé ce coin de rêve “son arrière-boutique”, ce lieu où il peut se retirer à loisir, ce lieu que personne d’autre ne peut occuper, espace de nudité du corps et de liberté de l’esprit, pure et bienheureuse solitude. Comme un livre, précisément. Je crois que personne avant lui n’a su, avec une aussi parfaite science, que ce sont les livres qui nous lisent. Il en va de même de la parole qui ne vit que de l’écho qu’elle suscite : “la parole est moitié à celuy qui parle, moitié à celuy qui l’escoute”. Toutefois, pour se dire le plus universellement possible il faut “s’écrire”, il faut devenir Livre, moins pour s’écouter que pour écouter l’autre, le monde ou l’autre soi-même auquel nous n’accédons qu’en transcrivant de la façon la plus directe et la plus drue le Livre que nous sommes. Ce n’est pas la réalité qui attend du Livre son salut, comme le croit Don Quichotte, c’est le Livre, quand il retrouve dans le réel sa fiction, qui nous libère, tous ensemble, de la réalité et de la fiction. Ce que Montaigne a compris, c’est qu’aucune réalité n’est plus fictionnelle que notre propre réalité, que le livre qui aurait un tel dessein — comme c’est le cas des Essais — serait, sur le mode de l’anti-fiction délibérée, le plus fictionnel des livres. »

 

Eduardo Lourenço

 « Montaigne ou la vie écrite »

 in Montaigne 1533-1592

 accompagné d’un texte de Pierre Botineau, « L’Exemplaire de Bordeaux »

 et de photographies de Jean-Luc Chapin

 L’Escampette/Centre régional des lettres d’Aquitaine, 1992

 repris seul sous le titre Montaigne ou la vie écrite

 L’Escampette, 2004

 Troisième  page pour fêter les 20 ans de L'Escampette

samedi, 09 février 2013

Véra Pavlova, « L’animal céleste »

 

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« La pensée est imparfaite

si elle ne tient pas en quatre vers.

L’amour est imparfait

s’il ne tient pas dans un seul ah !

Le poème se refuse

si je cherche le mètre et la rime.

La vie est incomplète

si elle ne tient pas dans un seul oui.

 

 

Pourquoi le mot oui est-il si court ?

Il devrait être

plus long que les autres,

plus difficile à prononcer,

de sorte qu’il faudrait du temps

pour y penser vraiment,

pour oser le dire,

au risque de se taire

en son beau milieu »

 

Véra Pavlova

 L’Animal céleste

 anthologie traduite du russe

par Jean-Baptiste & Hugo Para

L’Escampette, 2004

Seconde page pour fêter les 20 ans de L'Escampette

jeudi, 07 février 2013

Jean-Yves Masson, « Poèmes du voleur d’eau»

 

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lxi. Description d’un jardin

 

Je me souviens d’un jardin d’encre dans un livre

que l’on avait déplié contre le mur,

où l’on suivait des yeux la forme des nuages

que le pinceau avait décrite avec douceur.

Dehors, dans les jardins, je retrouvais l’œuvre du peintre,

les arbres d’encre torturés qui se dressaient

devant l’étang, refusant d’affronter le ciel

et protégeant la terre éprise de leurs branches.

Et je me suis penché vers l’eau dormante

qui formait dans les joncs un signe d’eau.

Moi, le fils d’Occident, sur la terre orientale,

je contemplais, en ignorant, le fruit de la sagesse

d’un lettré du Japon qui avait fait tracer

dans ce jardin avec de l’eau le nom de l’eau.

Et tel est l’art : non pas expliquer mais comprendre,

et ne cacher que ce que l’on veut faire voir. »

 

Jean-Yves Masson

Poèmes du festin céleste 

L’Escampette, 2002


Nouvelle rubrique, quand le temps le permet,

pour fêter les 20 ans de L'Escampette

dimanche, 23 décembre 2012

Françoise Ascal, « Lignées »

 

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« Ce que je sais, tout le monde le sait. Je ne sais rien que je serais seule à savoir. Et tout ce que j’ai appris je le savais déjà. J’en arrive à douter d’exister. J’en arrive à ne plus savoir si un moi est possible. Si  quelque chose à soi est possible. Dans la foule je vous regarde et me reconnais. À des milliers d’exemplaires. Visages d’argile commune. Regards qu’on pourrait croire uniques. Vous-mêmes, sentez-vous parfois votre crâne devenir un lieu de traverse, un corridor ouvert à tous vents, un hall fourmillant, tandis que vos pas sur le sol ne laissent aucune trace, votre chair aucune ombre ? »

 

 

Françoise Ascal

Lignées

Dessins de Gérard Titus-Carmel

Æncrages & co. , coll. Écri(peind)re

http://www.aencrages.com/

 

mercredi, 05 décembre 2012

Une lecture de “Cet être devant soi” par Isabelle Baladine Howald sur Poezibao

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/12/note-de-lect...

 

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jeudi, 10 mai 2012

Hugo Pernet, "Poésie simplifiée"

picture.jpgD’abord faire glisser avec d’infinies précautions le bandeau titre qui scelle le livre vert d’eau afin de pouvoir faire bruisser les pages. Beaucoup de blancheur et au cœur une image en quadrichromie d’un otage — suppose t’on — à peine libéré, bandeau sur l’œil et couverture de survie dorée sur les épaules, micro à la main (une image du poète enfin libre ?).

 

Poésie simplifiée, ou comment, en éliminant toujours, laisser peu de place au sens et dans ce vide, voir ce que de petites propositions peuvent activer d’un reste de langue. Langue de peu, langue de l’absence de l’auteur. Poésie simplifiée, Hugo Pernet le revendique, doit beaucoup au travail inlassable de Claude Royet-Journoud et inlassablement donc à partir de minuscules propositions — ce qui reste quand on a pelé le texte — il exprime la couleur — voire son absence — plutôt que la pulpe ou le jus.

En Garamond et en Helvetica Neue, chaque partie tente l’impossible pari du « pas d’histoire », et pourtant « écrire est devenu une tâche/ménagère ».

On range le bandeau entre les pages du livre, la couverture est muette, Hugo Pernet a disparu dans le livre où on voudra bien le glisser et, régulièrement, le changer de place. C’est sa liberté chèrement gagnée.

 

Claude Chambard


Hugo Pernet

Poésie simplifiée

ENd Éditions

104 p. ; 12 €

http://endeditions.com/


Cet article a paru initialement dans ccp n° 21

 

vendredi, 27 avril 2012

Lyn Hejinian, "Gesualdo"

lynhphoto.JPGMartin Richet sait toujours repérer l’inattendu et il excelle à le traduire. Ce mince livre commence en ré et se termine en « mesure pointillée » en la et ré fusionnant les [nos] voix. Carlos Gesualdo, musicien et assassin, ou l’inverse, mais fidèle, « une aptitude aux motifs, au couplage » — Gesualdo  « un nom ne doit pas annoncer une intention ».

 

L’écriture de Lyn Hejinian est d’une rare complexité et d’une rare flamboyance. Elle entraine le lecteur sur des chemins qu’il n’envisageait même pas, c’est dire si elle est nécessaire. «  Je suis singulier et dépendant, d’un message plus urgent de l’artifice à une expression vivante. » Un effet de musique, un effet  de sauvagerie, un effet de désir, un effet de vacillement — page  5 coda —, une aventure  d’amour qui suggère la fin, sans réplique.

 

Mêlant, entremêlant — fine et savante tapisserie, rugueuse et soyeuse à la fois — l’autobiographie du compositeur italien et sa musique, avec une précision et une exactitude rares, Lyn Hejinian donne ici un des textes les plus troublants qui soit, véritable « Contorsion en douceur, le rythme est immobile, un langage ultérieur guidé par la consolation ou le soulagement. »

 

Claude Chambard


Lyn Hejinian

 Gesualdo

Traduit  de l’américain par Martin Richet

 Éric Pesty Éditeur

 16 p. ; 9 €

http://www.ericpestyediteur.com/

 

Cet article a paru une première fois dans CCP  n°20, cipM, octobre 2010

mercredi, 15 février 2012

Lucie Braud, "Ferdinand"

 

100_2187.JPG[…] J’ai huit ans. Un polo blanc et par-dessus, un pull bleu marine sans manche et col en V. Ferdinand a fait apporter le piano droit dans notre maison. Il a suivi le camion dans sa voiture. Il observe l’installation dans notre bureau, au rez-de-chaussée avec une fenêtre qui donne sur le jardin. Un monsieur viendra pour l’accorder, pour que je puisse jouer. Ferdinand a dit le piano sera bien ici. Maman a trouvé un tabouret à ma taille et une méthode pour débutant. Je ne connais pas les notes, je joue des mélodies simples à l’oreille, j’essaie de reproduire les gestes de maman.

C’est dimanche. Jeanne et Ferdinand sont venus déjeuner. Papa et maman ont aménagé le grenier en salle de jeux. Il y a aussi nos bureaux, un cadeau de Jeanne et Ferdinand. En pin vernis. Un plateau sur des tréteaux. Et une lampe d’architecte noire offerte par papa. Après le repas, nous allons jouer. Ferdinand monte l’escalier. Il s’assoit à mon bureau. Mon cartable est ouvert. Je lui tends mon cahier de poésie. J’ai illustré Le Dormeur du Val. Il regarde. Il attend. Je récite, raide comme un I.

Ferdinand me montre ce qu’il a trouvé, des pointes de flèches, des silex taillés, des gros des petits. Il me raconte. Quand il a fini, il attrape un sac de toile et y range une partie de son trésor. Il y a un dessin sur le sac, un chasseur armé d’une lance. Il me dit c’est pour toi. J’ai accroché le sac derrière mon bureau. J’ai étalé les silex devant moi. La pierre est douce. Du caramel au beurre salé.

J’ai neuf ans. C’est l’été. La maison est fraîche. Je suis assise dans l’escalier en bois qui mène à la chambre de Ferdinand. Au-dessus de moi, les casquettes de Ferdinand sont accrochées. Elles sont toutes pareilles, des caquettes de marin, plates avec une visière, bleues presque noires. L’intérieur est satiné et matelassé. Je voudrais en attraper une et la mettre sur ma tête. Depuis la quatrième marche, je peux tendre le bras et choisir. Mais je reste assise à les regarder. Ferdinand s’est endormi dans le salon, devant la télé. Sur son fauteuil, il se tient bien droit.

En face de la chambre de Jeanne et Ferdinand, il y a une porte. Elle mène dans le grenier sous les combles. Je n’y suis jamais allée. Ferdinand est devant la porte. Je suis derrière Ferdinand. Il me dit viens. Il y a deux pièces. L’une est tapissée d’étagères remplies de bocaux, de provisions, de boîtes en cartons, de vêtements rangés dans des plastiques transparents. L’autre pièce est fermée par une porte. Ferdinand l’ouvre. Les murs sont recouverts de bâches noires opaques et luisantes comme des sacs poubelle. La lumière est rouge. Il y a des cordes tendues entre les parois, des gros bidons remplis de liquide, des bacs, un appareil que je n’ai jamais vu. Ferdinand me montre. J’imite ses gestes. Des images apparaissent sous nos doigts.[…]

Lucie Braud

Ferdinand

Coll. Alter & Ego

Éditions de l’atelier In8

32 p. 4 €

isbn : 978.2.36224.017.1

http://editions.atelier-in8.com/catalogue/collection-alte...

photographie : Claude Chambard