UA-62381023-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 03 février 2018

Jean-Luc Sarré, « Au crayon »

3977377627.jpg

DR

 

« Je suis bien, je suis seul, je n’attends rien ou plutôt, je n’attends que moi, mais sans impatience, sans illusion car je me connais, je suis rarement au rendez-vous et s’il arrive que cela soit, je me croise, un salut rapide puis je passe mon chemin. Me fuir, me chercher, c’est tout un pour moi. Je suis bien, je regarde, je vois ce jour tramé de poussière, un jour vert et gris que peigne un léger vent d’est, à peine un jour, comme moi qui suis “à peine”.

 

Rien ne me fait battre le cœur comme une certaine qualité de lumière ou plus encore le souvenir que je peux en avoir.

 

La façon la plus hypocrite de parler de soi est celle qui évite le pronom personnel.

 

Non est sans doute le seul mot sur lequel je n’ai jamais trébuché.

 

J’espère que je n’aurai pas peur, que je ne serai pas entouré de visages en larmes, que ma souffrance sera, sinon inexistante du moins supportable, que la scène aura lieu chez moi de préférence, bref, j’espère que tout se passera bien ce jour-là.

 

La douleur cessa et mon corps ne fut plus qu’un souvenir. »

 

Jean-Luc Sarré

Au crayon

Farrago, 1999

 

Jean-Luc Sarré, né le 22 avril 1944 à Oran, est mort ce samedi 3 février 2018 à Marseille, où il vivait depuis 1968.

16:49 Publié dans Écrivains | Lien permanent

jeudi, 01 février 2018

Wang Heqing, « Ode à un papillon géant »

P1020115.jpg

© Sophie Chambard

 

 

« Air : “Jour d’ivresse”.

Brassant l’air, il vous réveille en sursaut du rêve de Zhuang Zhou

De ses deux ailes reposant bien calé sur la brise de printemps.

Dans trois cents jardins fameux

Il a sucé tout ce qui pouvait l’être,

Terrorisant l’abeille en quête de fragrances.

D’un petit volettement délicat, tout léger,

Vous l’envoie valdinguer à l’autre bout du pont, la marchande de fleurettes. »

 

Wang Heqing

« La dynastie des Yuan (Mongols, 1279-1368) »

Traduit, présenté et annoté par Rainier Lanselle

In Anthologie de la poésie chinoise

La Pléiade, Gallimard, 2015

mardi, 30 janvier 2018

Gérard Haller, « Le grand unique sentiment »

luttedejacobaveclange.jpg

Rembrandt, La Lutte de Jacob avec l'ange, 1659

Staatliche Museen, Gemäldegalerie, Berlin

 

« mains bras ailes

oh ailes

 

visage nu de l’un face au nu

de l’autre comme ça qui se présentent

ensemble le vide d’avant et l’intime

infini.

Le lointain : qui le font désirable

 

komm tu dis

 

c’est chaque nuit.

Nous nous prenons dans les yeux les larmes

plus loin nous nous implorons komm

prends-moi etc. et c’est chaque fois

comme si c'était la première nuit

sur la terre de nouveau comme

si c’était nous là-bas les deux

tombés nus du ciel et tu es là

je suis là tu dis regarde et tout

recommence

visage de l’un face à l’autre

dedans plus loin qui appellent

encore et encore

qui demandent la lumière

et tu me fais avancer dans toi

au bord et tu prends ma tête

comme ça dans ta main

et tu la poses sur ton sein

et tu dis mon nom

komm tu dis

et je suis toi de nouveau

dans le nu de ta voix

là-bas sans moi

et je ferme les yeux

 

[TEMPS]

 

tout le temps de l’étreinte

 

comme si c’était pour entendre

seulement ça qui appelle dedans

nous sans nom sans voix.

Nu seulement plus nu encore

et soudain c’est toi »

 

Gérard Haller

Le grand unique sentiment

Coll. « Lignes fictives », Galilée, 2018

http://www.editions-galilee.fr/f/index.php?sp=liv&liv...

jeudi, 25 janvier 2018

Niki Giannari, « Des spectres hantent l’Europe », Georges Didi-Huberman, « Passer, quoi qu’il en coûte »

Capture d’écran 2018-01-25 à 17.26.55.png

photogramme du film de Maria Kourkouta & Niki Giannari

Des spectres hantent l'Europe

https://www.youtube.com/watch?v=VReuK17ouDM

 

« Tu avais raison.

Les hommes vont oublier ces trains-ci

comme ces trains-là.

Mais la cendre

Se souvient. »

 

& & &

 

« On ne témoigne jamais pour soi. On témoigne pour autrui. Le témoignage vient d’une expérience bouleversante, souvent ressentie comme indicible et dont le témoin, depuis la position qu’il occupait (position d’actant, de souffrant ou de regardant) doit faire foi aux yeux d’autrui, aux yeux du monde entier. Il donne alors forme à ce qu’il doit — d’une dette éthique — comme à ce qu’il voit. Le témoin fait foi, doit, voit et donne : depuis une expérience qu’il a vécue, quel que soit le mode de cette implication, vers toutes les directions de l’autrui. Il donne sa voix et son regard pour autrui. L’autrui du témoin ? C’est, d’abord, celui qui n’a pas eu le temps ou la possibilité de signifier son geste ou sa douleur : c’est le réfugié d’Idomeni quand il demeure muet, occupé aux tâches de l’immédiate subsistance. C’est ensuite, celui qui n’a pas le temps ou le courage d’écouter cet acte ou cette souffrance : c’est le nanti de la grande ville quand il demeure indifférent, occupé aux tâches de sa vie confortable. Le témoignage se tient donc “entre deux autruis”, il est en tous cas un geste de messager, de passeur, un geste pour autrui et pour que passe quelque chose. »

 

Niki Giannari

Des spectres hantent l’Europe

traduit du grec par Maria Kourkouta

suivi de Georges Didi-Huberman

Passer, quoi qu’il en coûte

Minuit, 2017

vendredi, 19 janvier 2018

Jean-Christophe Bailly, « Un arbre en mai »

738_bailly..jpeg

© : J.-C. Hermann

 

« Nous avions fait de la remarque de Rosa Luxemburg selon laquelle une journée de grève générale en apprend davantage que des années de formation un de nos leitmotivs, mais ce n’est pas seulement sur ce plan purement politique que les journées de Mai forment dans la vie de ceux qui les ont vécues une strate qui est aussi une césure. Ce mélange d’invincibilité chanceuse et de pure défaite qui les caractérise dans le temps comme un pli, étonnant suspens où nous touchions à l’Histoire sans être menacés et nous assumions la violence sans qu’elle tourne au drame, c’est comme si le mouvement avait surfé au-dessus d’un abîme sans même l’apercevoir et par conséquent sans vertige.

Le désir du vertige, et celui d’une conséquence et d’une responsabilité plus grandes, conduisirent certains d’entre nous, par la suite, vers une orientation militaire et clandestine, vers un spectre d’actions qui eût pu effacer la légèreté de Mai. Mais, comme l’on sait, en France en tous cas, ils renoncèrent pour la plupart à franchir un point de non-retour et, à mon avis, entre autres causes, l’expérience de Mai joue ici son rôle : elle fut telle en effet qu’elle ne préparait pas à des postures de juges manichéens ou à des actes plus ou moins assimilables au terrorisme révolutionnaire. Lorsque tout retomba, ce fut pour chacun toute une histoire que d’apprendre à revenir. Où que les évènements et l’engagement qui leur fit suite nous aient portés, la question n’était pas de rentrer dans le rang mais de s’inventer une vie dans un monde transformé, une vie dans laquelle le pli historial de Mai 68 puisse fonctionner comme un souvenir. Accepter que l’arbre était mort, c’était faire un travail de deuil et, comme on le sait, rien n’est plus difficile ni, surtout, plus solitaire. »

 

Jean-Christophe Bailly

Un arbre en mai

Coll. »Fictions & Cie », Seuil, 2018

 

 

 

vendredi, 29 décembre 2017

Rose Ausländer, « Je joue encore »

Rose_Auslnder.jpeg

DR

 

« Moi une petite eur

 

Pourtant les roses

hautes comme l’été

les papillons

les ailes de mouettes

au-dessus de la rivière

 

Non

je n’oublie pas

les années marquées au fer

je n’oublie pas

que des bottes

ont piétiné l’arc-en-ciel

qu’elles s’apprêtaient

à nous transformer en

roses de feu papillons de feu ailes de feu

 

pourtant hauts comme l’été

le parfum

les ailes doubles au-dessus de la rivière

l’or sur ma peau

 

et les roses mortes après la nuit

 

***

 

Entends-tu

de sa voix claire

l’alouette chante des chansons

jusque dans mon sommeil

 

J’attends

le parfum

du souvenir

 

L’air

joue mon

soufe

 

Je suis

enfant à nouveau

et mélange des couleurs

pour

un ballon »

 

Rose Ausländer

Je joue encore (1985-1986)

Bilingue

Préface de Lambert Barthélémy

Traduit de l’allemand par Alba Chouillou

Le Bousquet-La Barthe éditions, 2017

http://lebousquetlabarthe.wixsite.com/editions

17:30 Publié dans Écrivains, Édition | Lien permanent

vendredi, 22 décembre 2017

Li Yi-chan, « Notes »

li-shangyin.jpeg

 

« Signes de richesse

 

Le hennissement d’un coursier.

Des larmes laissées par des chandelles de cire qui ont coulé.

Des épluchures d’écorce de châtaignes.

Des coques de litchi secs.

Des fleurs qui tombent en volant.

Le chant du loriot et de l’hirondelle.

Des voix qui lisent.

Tombée et abandonnée, une épingle de tête ornée de fleurs.

Des sons d’une flûte dont on joue dans le pavillon à étages.

Le bruit des médicaments que l’on pile et du thé que l’on broie. »

 

Li Yi-chan

Notes

Traduit du chinois par Georges Bonmarchand

Préface de Pascal Quignard

Le Promeneur, 1992

lundi, 18 décembre 2017

Christophe Manon, «Vie & opinions de Gottfried Gröll»

kfes-2012_-c-manon2.jpeg

DR

 

« Les gens prennent souvent les idiots pour des idiots

ou points d’interrogation. C’est une façon de voir

les choses qui est imperméable et technique.

L’idiot en fait est un placenta qui pense.

Juste il ralentit le rythme pour être plus près.

Gröll n’est pas idiot. Ses pensées

il les range bien soigneusement dans une boîte

puis compose le numéro téléphonique du temps.

Gröll pense qu’il pourrait animer un jeu télé.

Ou bien danser avec Madonna une partie

de ping-pong en forme de Picon bière.

 

Gröll écrit des poèmes qui n’ont pas de succès

dans le Poitou ni ailleurs d’ailleurs. Pourtant

j’ai des supporters très cravates. En matière

de poésie Gröll se manifeste torturé rabâcheur

ou carabin corniaud à déblatérer des fumisteries

même s’il a d’autres chats à fouetter. Poésie

c’est pas casser du sucre à base de ragots de fiel.

Certains disent c’est comme un baril de poudre

d’escampette à éternuer. Quel salamalec.

Gröll pense qu’il y a du réel qui s’échappe

mais on n’est jamais sûr de la retrouver.

 

D’abord fut le début puis vint la suite et patatras.

Il y eut un grand chambardement au niveau

de l’organisation qui se mit à tourner sur elle-même.

J’ai dit vas-y mais personne n’a suivi et Gröll

s’est retrouvé tout seul au milieu d’un endroit.

J’ai fini sur les rotules cul par-dessus tête la queue

entre les jambes. Ce qui est une position assez

gymnastique. Puis j’ai oublié depuis le cerveau jusqu’aux

orteils. Après tout c’est comme ça et en outre je veux

dire voilà. C’est ainsi que tout a commencé pour

se terminer en queue de poisson à la mords-moi le nez.

 

 

Christophe Manon

Vie & opinions de Gottfried Gröll

Dernier Télégramme, 2017

http://derniertelegramme.fr/Vie-opinions-de-Gottfried-Groll

samedi, 16 décembre 2017

Lambert Schlechter, « Monsieur Pinget saisit le râteau et traverse le potager »

P1010236.jpg

© :CChambard

 

 

« Passent les images que je fixe & fige au fil des pages de ma chronique des jours ininterrompue, image extraite du recueil chinois “Jardin du grain de moutarde” (1679), collines et montagnes au bord d’un lac, et au premier plan quelques arbres, des pins, à l’ombre desquels se niche une cabane sur pilotis au-dessus de l’eau, assis à une grande fenêtre, un personnage qui semble regarder au loin, assis comme pensant à quelque chose mais en fait ne pensant à rien, j’absorbe librement la bonté de la nature, écrit Su Tung Po (1037-1101), parfois moi aussi je note des pensées, la nuit dernière dans ma cabane au milieu du jardin, à Cuernavaca, j’avais noté sur un coin de feuillet : pourquoi ajouter encore du faire à l’être ?, pendant des jours & des jours je n’écris rien, puis vient une pensée, la nuit, et je la note sur un coin de feuillet posé à côté de mon oreiller,

 

et le matin, au tout premier rayon de soleil, dehors sur la table de travail, je transvase ma pensée de la nuit dans ma chronique des jours, le minuscule personnage dans la cabane sur pilotis avait peut-être des pensées comparables, et il m’a plu d’imaginer que c’était Su Tung Po, amaryllis mexicaine rouge vif devant un pan de mur blanc, dans des cahiers et des fichiers, de façon éparse, je retrouve des épisodes de nos embrassements, écrits dans un style non proustien, elle me dit : il serait temps que tu passes à autre chose, elle est passée à autre chose, mais je ne sais à quelle autre chose elle est passée, le personnage dans la cabane sur pilotis est sans doute un vieillard, Su Tung Po est mort à soixante-quatre ans, au tout début du XIIe siècle, est-on vieillard à soixante-quatre ans, comment savoir, je ne pense pas qu’on soit vieillard à soixante-quatre ans, je ne sais pas à quel âge on devient vieillard, quand j’avais cet âge là, je ne disais pas de moi que j’étais vieillard, et aujourd’hui, dix ans plus tard, je ne dis toujours pas que je suis vieillard, il faudrait qu’un jour je me résigne à dire que je suis vieillard,

 

en attendant je réfléchis sur la vieillesse, je demande aussi l’avis d’autrui, je suis très attentif aux mots vieillard et vieillesse dans les textes que je lis, je suis attentif à l’âge des auteurs que j’aime & que je lis, je note que Jim Harrisson a soixante-quatorze ans quand paraît en 2011 son recueil “Songs of Unreason”, et il continue à écrire…

Extraits du chapitre 25, parties 1 & 2, début de la partie 3

 

Lambert Schlechter

Monsieur Pinget saisit le râteau et traverse le potager

« Le murmure du monde, 6 »

Phi, 2017

http://www.editionsphi.lu/home/416-lambert-schlechter-mon...

mardi, 05 décembre 2017

Philippe Rahmy, « Monarques »

topelement.jpeg

DR

 

« Tel-Aviv. Nulle envie de quitter ma chambre. Il fait beau. Les oiseaux chantent et je pleure comme, trente ans plus tôt, je pleurais la mort de mon père. Il y aussi ces lettres rouges sur fond blanc, cette histoire dans l’histoire. Herschel Grynszpan, mort, mon père, mort, et moi qui fait semblant de vivre, incapable de trouver des mots pour dire combien j’aimais ce père, pour raconter l’histoire de Grynszpan, parce que je porte un secret, un petit tas malpropre qui m’empoisonne depuis trop longtemps. Il faudrait reprendre au début. Ouvrir la matriochka de ces récits emboîtés pour les poser à plat. Répliques l’une de l’autre, grande Histoire et petites histoires, elles affichent toutes le même sourire figé. Le même masque mortuaire. »

 

Philippe Rahmy

Monarques

La Table ronde, 2017

jeudi, 30 novembre 2017

Miklós Szentkuthy, « Vers l’unique métaphore »

220px-Szentkuthy_1939.png

DR

 

« Combien atroces, étourdissants que ces trois mondes : quelqu’un a proximité travaille son piano à un rythme forcené ; je lis un roman ; je médite sur mon sort, sur mes infirmités. La musique, techniquement, est presque parfaite : les touches s’envolent du corps du piano comme les perles d’eau d’une fontaine — c’est la statue de la santé, du non-étourdissement, de la limpidité sans scrupules des éléments, de l’étincelante fitness, du travail objectif, du progrès inconscient de la mort, de la beauté matérielle barbare et de l’accord positif enfantin. En contraste si absolu avec l’état présent de mon corps et de mon âme, qu’on ne saurait les imaginer si proches, se côtoyant sur terre. Le livre est plein de mysticisme de terreurs au goût freudien, de superstitions, d’insectes, de mythes sanglants et de poésie anglaise d’amours printanières “ambigües”* — en un mot, plein d’une douleur et d’une incertitude abyssales ; mais cette imprécision chaotiquement mouvante n’en est pas moins déjà formulée, élevée au rang d’œuvre ; heureux désespoir et préparation à la mort, capables de se donner une forme aussi classique. Et pour finir, moi : tout simplement constitué des formes plastiques et des rédemptions du strabisme, de l’étourdissement, du bégaiement, de l’obscurité et de la nausée, d’une hypochondrie sourde et bourdonnante, d’un Dieu lointain, d’amour, de l’œuvre — informité de la souffrance, imbécile guenille sans poésie, sans désirs, sans révoltes. »

 

* en français dans le texte

 

Miklós Szentkuthy

Vers l’unique métaphore

Traduit du hongrois par Eva Toulouse

Coll. « En lisant en écrivant », José Corti, 1991

http://www.jose-corti.fr/

vendredi, 24 novembre 2017

Pascal Quignard, « Poème sur les chats »

P1010340.jpg

cette page est dédiée à Lucky qui est mort cette nuit

 

 

« Ô bêtes qui avez si peu de museau,

deux narines fraîches et le corps le plus doux qui puisse se trouver dans cette contrée de la vie où je suis en train lentement de mourir,

nocturne, rêveur, pudique, vous dissimulez

jusqu’à l’urine sous le sable,

fraternels et pourtant indomesticables,

vous ne souffrez aucune définition.

 

Sans aucune définition

il faut appeler

un chat

un chat

sans aller plus avant dans le langage, que le chat ne méconnaît pas,

mais qu’il récuse.

Tellement plus singulier que les hommes, qui vivent en familles, puis en groupes, puis en nations, peuvent l’être,

vous restez seul dans votre coin,

vous restez seul sur le bord de votre toit,

sur la tuile chaude,

sur l’ardoise brûlante,

vous restez seul,

sur la marche de la cuisine,

dans le rayon que le soleil lance par hasard. »

 

Pascal Quignard

La suite des chats et des ânes

Coll. Archives, Presses Sorbonne nouvelle, 2013