Invisible
À partir du manuscrit de Le chemin vers la cabane, Sophie a fait cet "invisible" qui sera dans le livre et sur la couverture.
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À partir du manuscrit de Le chemin vers la cabane, Sophie a fait cet "invisible" qui sera dans le livre et sur la couverture.
Dominique Autié est mort à 59 ans le 27 mai dernier.
extrait de Young Appolo, à paraître
aux éditions La Cabane à Bordeaux, le 11 juin.
14,5x19 ; 16 p. ; ean : 9782916193120 ; 6 €
Commandes et renseignements : lacabane_edit@yahoo.fr
depuis des jours la pluie
ce matin du brouillard
j’habite la petite maison de pierre
cette petite maison qui m’émeut
car elle ressemble à la petite maison
de mon enfance
où je suis heureux pour toujours
depuis des jours la pluie
& ma petite voix qui chuchote
« tu es d’un autre siècle »
Ces quelques lignes constituent la page 19 de mon prochain livre,
le Chemin vers la cabane, à paraître en juin au bleu du ciel.

Ces quelques lignes constituent la page 57 de mon prochain livre à paraître en juin au bleu du ciel.
Cet homme fut un monstre de lâcheté et d’ignorance.
Voilà ce qu’il a fait graver sur sa pierre tombale. Pierre noire et froide, pierre convenue, pierre imbécile de cimetière ni tout à fait pareille, ni tout à fait une autre, nous sommes identiques devant la mort répètent, reniflent, les bien-pensants de droite, de gauche, du centre et du reste…
¿ Por qué no te callas ?, a-t-il crié à son reflet, à son double inversé, dans la glace, ce soir d’un automne aussi lugubre que le fonds de la casquette d’un dictateur modèle courant.
Et sur cette plaque de granit lustré, noire comme la pierre idiote que l’on a posé sur la tombe de Marcel Proust au Père Lachaise à des fins de réfections, sur cette page d’un livre noir moins drôle qu’une page de Tristam Shandy, moins profonde qu’une encre lithographique, moins dure que le cœur d’un sans cœur, il se recueille sur lui-même. Vaguement. Il se recueille vaguement. Que se recueillerait-on sur soi-même sans craindre ses propres remarques, les pires car si elles ne font jamais très mal sur l’instant, elles durent souvent plus que celles des autres, les intrus, les faux-amis, les jesaistout, les chefs, les sous-chefs, les moinsquerien et les plusquetout… pareil, tout pareil, tous pareils.
J’aurais du la faire fabriquer en calcaire de Bourgogne, ça a tout de même une autre gueule, pense-t-il. Cet artisan auxois m’aurait gravé un beau Didot, ah merde, ça aurait ressemblé à quelque chose, à une page, voilà à une page, mais ça…
Je veux juste avoir la paix, pense-t-il. Pas des cachets roses ou des cachets bleus, pas des simulacres ou des contournements, pas des remèdes, pas des béquilles, pas des bons sentiments, pas des effusions, juste la paix sous la dalle.

« Les âmes des vivants et les âmes des morts sont de douces marionnettes. La chose la plus extraordinaire est que tu as compris que les marionnettes se font bouger les unes les autres. Chaque marionnette fait fonctionner d’autres marionnettes et ainsi de suite. Il n’y a pas de marionnettes sans importance pour les autres marionnettes. Tu as compris que tu es aussi une marionnette et tu cherches non pas à t’affranchir de l’état de marionnette, chose impossible, mais à ne pas utiliser cet état de fait et à le laisser s’atrophier par manque d’exercice. Chaque fois que la marionnette qui est en toi veut s’exprimer, tu t’abstiens de prendre position, tu t’éclipses, tu te retires, tu n’interviens pas et la marionnette se meurt dans sa soif inassouvie. »
Voici un livre surprenant et qui annonce la naissance d’un écrivain.
PS : Malgré ce grand livre le blogueur est fatigué, plombé, il va donc se reposer, si possible, pour une durée indéterminée.
“ Sophie Chambard a une drôle de manie d’art : elle met des faux papillons en boîte. Papillons de papier, papillons de mots.
Il y a quelque temps, son mari lui a donné une image du manuscrit des Mains gamines téléchargée chez Armand Dupuy, et, comme elle avait aimé Les Adolescents troglodytes, elle en a fait des papillons… ”

« Quand j’avais une journée devant moi, je me croyais habile à embrasser l’étendue, à écrire sous la menace, à vivre dans la peur… J’aimais une enfance pour écrire mon amour… J’ai dû écrire le mot deux ou trois fois, sans peur… Un peu de mort, sans peur, renforçait mes phrases… J’aurais voulu écrire jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne sous un nom… »
« Fort je reste, ayant souffert